Marine Le Pen 2012 : « Des parrainages oui, mais difficilement »

Lu pour vous sur Sud-Ouest édition Charente

La fédération charentaise du parti fait face aux réticences des maires.

La secrétaire départementale du FN, M.-C. Cardoso, entourée par les cadres France Jamet et Guillaume Vouzellaud. photo c. levain

Le Front national en quête des 500 parrainages à l’heure de la présidentielle, éternel sujet de controverse. Chargée de solliciter ainsi les maires charentais au nom de Marine Le Pen, Marie-Christine Cardoso, secrétaire départementale du FN, a redit toutes les difficultés de l’entreprise au détour de la conférence de presse donnée dans une auberge de La Rochefoucauld, samedi soir.

Les militants du parti étaient conviés dans la foulée à un dîner-débat, animé par France Jamet et Guillaume Vouzellaud, tous deux cadres du parti en Languedoc-Roussillon et membres du bureau politique, chargés de prêcher la bonne parole de « Marine », comme ils l’appellent.

« Des pressions »

À cinq mois de la présidentielle, des promesses de signatures, « on en a, fort heureusement, mais difficilement », convient Guillaume Vouzellaud. Marie-Christine Cardoso se serait notamment entendu répondre : « Voyez, j’ai besoin d’une subvention pour mon terrain de foot, je suis soumis à des pressions. » Tenté, le maire en question n’a pas donné suite.

« Système anti-démocratique », « mécanisme de la peur » : il n’en faut guère plus à Guillaume Vouzellaud pour dénoncer « le système UMPS ». « Les maires ruraux sont tenus par leur Communauté de communes, leur Conseil général, leur Conseil régional… Ils sont comme des pauvres borgnes, obligés d’aller quémander leur subvention pour la place de l’Église. L’élu qui bosse pour l’intérêt général se retrouve face à des machines clientélistes. »

Et Guillaume Vouzellaud de réduire le parrainage à « un acte administratif » à défaut d’obtenir son anonymat. « La présentation d’un candidat par un maire n’est pas un engagement de sa part », relativise la secrétaire départementale.

Les militants charentais, eux, emboîtent le pas : s’ils étaient une petite vingtaine à patienter dans le hall de l’auberge avant même 19 heures, leur nombre aurait été « multiplié par 2,5 depuis le début de l’année », indique Marie-Christine Cardoso, tout en se refusant à en dire plus. « C’est une bonne fédération, loue Guillaume Vouzellaud. On a un maillage du territoire jusqu’au plus petit niveau départemental. »

D. B.