« Accident » du 3e RPIMa de Carcassonne : désinformation politico-médiatique et interrogations
Seize personnes (ou dix-sept, selon d’autres sources), dont quinze civils, ont été blessées, dimanche, « lors d’une démonstration d’assaut » dans une caserne du 3e RPIMa de Carcassonne (Aude) lorsqu’un sergent, commando parachutiste, a tiré à munitions réelles au lieu d’exercices, lors d’une journée portes ouvertes. « Le pronostic vital est engagé pour deux des blessés, dont un enfant (âgé de trois ans), et deux autres personnes sont blessées très graves », a précisé le préfet de l’Aude, Bernard Lemaire.
Le drame s’est déroulé à 17h50 lors d’une « démonstration dynamique » du 3e Régiment parachutiste d’infanterie de marine (RPIMa). Le Groupe de commandos parachutistes (GCP) – qui constitue l’élite du régiment – simulait une libération d’otages sur un terrain de sport. La démonstration avait déjà eu lieu cinq fois au cours de la journée, quand des rafales du fusil d’assaut FAMAS d’un sergent ont atteint la foule. Les causes exactes du drame n’étaient pas connues, dimanche soir, mais les munitions de calibre 5,56 mm utilisées n’étaient pas celles qui auraient dû l’être.
Un événement gravissime qui a tôt fait de mobiliser tout ce que l’Etat peut imaginer en matière de désinformation, déplacement du chef de l’Etat et du ministre de la Défense en plus. En effet, il est à craindre que nous soyons en présence d’un véritable détournement de l’enquête, destiné à mettre hors de cause les vrais responsables pour ne faire payer que les clampins.
Bouchons de tir à blanc ou pas ?
Selon nos informations, tous les FAMAS utilisés pour cette démonstration étaient équipés de bouchons de tirs à blanc (BTB). Les débris métalliques d’un BTB ont d’ailleurs été retrouvés hier soir sur les lieux du drame ; tout comme a été retrouvée une enveloppe plastique de conditionnement de munitions de guerre jetée près d’un parking, à l’extérieur de la caserne. Selon l’armée de Terre, il est possible de tirer des munitions réelles avec une arme équipée d’un BTB, mais le bouchon est alors détruit et l’arme peut être endommagée. La présence de BTP sur toutes les armes tendrait à indiquer qu’il s’agit bien d’un accident dû à l’usage malencontreux d’une mauvaise munition au cours de l’exercice. C’est du moins ce que le cellule communication de l’armée de Terre ne cesse de nous répéter depuis hier soir et ce que les médias aux ordres reprennent sans vérification aucune.
Le BTB est nécessaire pour qu’il fonctionne avec des cartouches à blanc et si on engage par mégarde un chargeur de cartouches réelles (guerre), les premières munitions ne peuvent pas (ou rarement) franchir ce BTB (Bouchon de tir à blanc) ; on imagine la suite des conséquences physiques pour le tireur.
Munitions israéliennes
Aussi, si le tireur se trompe la sanction est immédiate pour lui. Par ailleurs pour atteindre 18 personnes, il faut nécessairement tirer quelques rafales de trois cartouches et /ou tirer en rafales libres. Mais il est difficile de croire à une erreur possible, après cinq démonstrations (donc avec BTB et stock à blanc prévus pour la journée).
A noter que les munitions de type F3, qui ont manifestement causé le drame, sont achetées à Israël pour des raisons… budgétaires. Elles ont un gros défaut : une déviation de trajectoire au delà de 100 m qui serait due au pas de rayure du canon du FAMAS et qui ne permet pas d’obtenir une vitesse de rotation suffisante pour la stabiliser. L’ingénieur de la DGA qui a validé le choix de la munition israélienne semble avoir omis ce léger détail !
Dans la politique de défense d’aujourd’hui, politique illustrée par le triste sire qui fait office de ministre de la Défense, il fallait bien que ça arrive : la nouvelle politique de tir de l’armée de Terre laissant le tireur sans contrôle avec son arme et ses munitions (ISTC – comme dans l’US Army et dans Tsahal) devait aboutir à un accident un jour. De plus, il est connu que dans les unités dites opérationnelles, quelques munitions sont souvent mises de côté « au cas où », notamment à cause des interdictions récurrentes d’emploi des lots de munitions… En un mot, il n’est aujourd’hui pas rare de voir des « bastos » traîner partout dans les casernes et sans doute en dehors… !
Autre remarque dans cette triste et mystérieuse affaire : Pendant la deuxième partie de la séquence de tir, on avait pris soin d’aligner les tireurs, l’écran de fumée, la cible et… le public.
En somme, nous sommes à l’évidence en présence d’un amoncellement d’erreurs et de fautes, tant de la part des militaires, que des politiques : Les règles ISTC, manque certains de contrôle du personnel de sécurité (pour les sorties de munitions inadaptées), pointage de l’arme vers objectif inadapté (le public), appui sur la queue de détente vers l’objectif qu’on ne veut pas détruire. A croire que toutes les règles élémentaires ont été enfreintes par un personnel dit d’élite.
Rappels de quelques règles élémentaires de combat, manifestement enfreintes hier après-midi au 3e RPIMa :
1/ Une arme doit toujours être considérée comme chargée.
Il n’existe pas d’exception. Il convient donc d’agir en conséquence et d’adopter une attitude absolument responsable. Les accidents surviennent la plupart du temps avec des armes soi-disant vides.
2/ Ne jamais pointer ou laisser pointer le canon d’une arme sur quelque chose que l’on ne veuille pas détruire.
L’attitude inverse provoque à l’heure actuelle la majorité des accidents. Lorsque cette règle est enfreinte, la réponse habituelle à toutes remarques est de déclarer que son arme n’est pas chargée. Or toutes les armes sont toujours considérées comme chargées.
3/ Garder l’index hors de la détente, tant que les organes de visée ne sont pas sur l’objectif.
Un des réflexes innés de l’être humain est de crisper ses mains dans les situations de stress et un départ du coup involontaire peut en résulter. En outre, le temps nécessaire pour placer l’index sur la détente est plus court que celui qui consiste à obtenir le guidon net lors de la visée.
4/ Etre sûr de son objectif.
Toujours identifier l’objectif avant de tirer. Prendre garde aux conséquences en cas de ricochet, de « manqué » ou de perforation de celui-ci. Le tireur est responsable de chaque coup qu’il tire. La méthode est toujours la même : détecter, identifier, traiter.
R.M.
Merci à nos contacts dans l’armée pour les précisions techniques
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Commentaires
Dans tous les Corps de Troupe, il y a des sous-officiers accrédités pour percevoir, distribuer et reverser les munitions (rélles ou à blanc). Ces militaires ont obligatoirement fait un stage artificier pour accéder à ce poste.
Qui a distribué les cartouches (dont le n° de lot est noté sur un registre) avant l’exercice ? Les munitions réelles et celles à blanc ne sont pas rangées dans le même emballage, tout militaire percevant des cartouches le sait.
Et puis, chose très importante, les étuis ne sont pas les mêmes.
en ce qui concerne le FAMAS :
1 cartouche d’exercice couleur inox, pincée à la pointe
2 cartouche à balle en plastique, douille jaune en laiton, balle rouge-orangé
3 cartouche réelle, étui vert OTAN balle acier
La faute à l’« Humanitaire ».De mon temps, c’était la destruction de personnel ou matériel adverse.Maintenant c’est de sauver les vies.Alors pourquoi tout ce cinéma pour finalement apporter la rançon aux ravisseurs du « Ponant » quand un cas concret se présente ?Tel chef, telle troupe et, vu le Cdt en Chef, pas besoin de dessin.C’est bien triste pour l’honneur des « Tap ».
Il est surtout impossible de tirer des balles réelles avec une arme préparée pour du tir de balle à blanc. En effet, pour que la compression des gaz soit suffisante afin d’éjecter l’étui, il faut adapter un « bouchon » qui obstrue l’arme. Qu’une rafale de trois soit tirée sans que l’arme n’explose tient déjà du miracle. Alors 18 coups !!!! La culasse aurait explosé, blessant gravement le tireur.
Il est IMPOSSIBLE que l’arme fut en condition de tir à balle à blanc.
Il s’est passé autre chose.
Camarade miroir, c’est bien triste que le titre du magnifique livre de photos du Sgt Chef Flament, « Aucune bête au monde »,qui dépeignait si bien notre vie,et pas seulement au 3,puisse, maintenant,donner lieu à une autre interprétation.
je suis armurier diplomer de l’armée en petit calibre je certifi que la personne qui c’est servi de l’arme qui a causer des blessures et personnelement responsable, on ne peut pas tirer des munitions reelle avec une arme équipée d’un BTB, entierement d’accord avec franck Ledun, a moins que la personne soit idiote et qu’on l’utilise pour qu’ele commete un acte bien determiner ???.
Pourtant faisant partie du RPIMA je trouve bizarre qu’une personne ai pu se tromper entre vraie balles et balles à blanc…
@Thierry Franck Fautre
c’était la sixième démonstration de la journée…
et ça n’explique pas comment il aurait pu tirer à travers un BTB. Même si je ne connais pas celui du FAMAS, ça me parait difficile à croire, et Richard le gaulois et Franck ledun confirment.
Tout est possible de nos jours. Dans les régiments, il s’en passe des choses…C’est tellement facile de récupérer des cartouches réelles.Demandez à des mili qui rentrent d’opex (opération extérieure) et il vous diront comment on peut détourner des petites munitions. Donc ça ne m’étonnerait pas que le 2ème chargeur du tireur ait été approvisionné en « réelles ». De toutes les façons, si un BTB était présent sur la canon au moment des tirs, l’arme aurait explosée peu après les rafales.
On peut donc conclure que : soit le tireur était conscient de ce qu’il faisait, soit on lui a mis VOLONTAIREMENT un chargeur dans sont treilli en sachant qu’il allait s’en servir. Pourquoi pas ! Un de mes camarades, ancien sous-off de carrière du Train, m’a dit dernièrement qu’un MDL s’était fait piquer son PA alors qu’il dormait dans une chambre d’un Etablissement militaire où il était en gîte d’étape pour une nuit, et que l’arme avait été retrouvée 5 mois plus tard chez un EVAT (Engagé Volontaire Armée de Terre) lors d’une perquisition à son domicile suite à une affaire de droit commun. Je vous dis, tout est possible de nos jours !
Désolé, les commentaires sont clos pour le moment.

















Je ne me souvenais même pas de l’existence de ces règles et pourtant je les respecte toujours, plus de 30 après être passé par le 3ème RPIma, tant elles sont intégrées. J’ai donc du mal à croire que qu’un sergent de l’unité d’élite du régiment les ignore. D’autant plus que ces postes sont très demandés et que seuls les meilleurs ont une chance de les obtenir.
J’ai aussi du mal à croire que l’arme n’a pas explosé en tirant à travers un BTB.
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