Traité de Lisbonne : la visite diplomatique en Irlande de Hans-Gert Pöttering, président du Parlement Européen
Mardi 25 novembre, le président du Parlement Européen Hans-Gert Pöttering effectue une visite diplomatique en Irlande où il rencontrera des personnalités politiques et ecclésiastiques en vue de parvenir à un consensus à propos du Traité de Lisbonne. La position officielle de l’Irlande à propos de cette épineuse question est très attendue par les européistes lors du prochain Conseil Européen à Bruxelles les 11 et 12 décembre 2008.
Le démocrate-chrétien Hans-Gert Pöttering est un européiste convaincu depuis sa prime jeunesse. Membre influent de la CDU (formation politique d’Angela Merkel), il siège au Parlement Européen sans discontinuité depuis 1979 !
Président depuis 1999 de l’eurogroupe PPE (Parti Populaire Européen), il devient le 16 janvier 2007 président du Parlement Européen succédant au socialiste catalan Josep Borrell. A l’issue des élections européennes de juin 2004, les socialistes « européens » et les libéraux-conservateurs du PPE avaient conclu un accord de partage pour la présidence du Parlement Européen.
Le 12 juin 2004, les Irlandais étaient consultés par référendum à propos du funeste Traité de Lisbonne. Le verdict populaire fut sans ambiguïté puisque 53,4 % des électeurs irlandais (toutes opinions politiques ou origines sociales confondues) ont clairement rejeté le Traité de Lisbonne. Cet événement fut une véritable douche froide pour tous les euro-mondialistes de Bruxelles et une immense joie pour l’ensemble des patriotes français et européens.
Membre de l’Union Européenne (UE) depuis 1973, l’Irlande fut considérée par les européistes comme une « fille ingrate » en raison des multiples subventions européennes qu’elle avait perçues. Les média français et européens s’étaient littéralement déchaînés et étaient tombés à bras raccourci sur cette courageuse nation celte, qui entend préserver par dessus tout son identité catholique et ses divers particularismes. D’ailleurs avec ce flot de subventions européennes qui avait certes contribué à son essor économique, l’Irlande avait grandement perdu une partie notable de son identité, notamment dans les grandes agglomérations urbaines (Dublin, Cork). Depuis la fin des années 1990 et le début des années 2000, ce pays jusqu’alors préservé par l’immigration massive avait commencé à subir des vagues d’immigration de l’Europe centrale et orientale, d’Asie et d’Afrique noire (Nigeria).
Lors de l’adhésion de 10 pays d’Europe centrale, baltes et méditerranéen au cours de l’année 2004, la manne empoisonnée de l’Europe avait subitement et massivement diminué en faveur des nouveaux venus. Progressivement de nombreux Irlandais de toutes origines professionnelles et/ou politiques prirent conscience des dangers de l’euro-mondialisme. Ce fut le début d’un processus libérateur qui provoqua une salutaire prise de conscience générale et amena une nette majorité d’électeurs irlandais à rejeter sans ambages le Traité de Lisbonne.
Pöttering en habile politicien sait se montrer tour à tour patelin et comminatoire. Le but de sa visite irlandaise est d’obtenir coute que coute des autorités politiques et religieuses une position commune et favorable au Traité de Lisbonne en vue du prochain Conseil Européen de Bruxelles les 11 et 12 décembre prochain. Il ne cherche même pas à dissimuler son empressement à propos d’une rapide ratification de ce funeste traité européiste par les 27 États membres de l’UE. Ses déclarations irlandaises en offrent une magistrale démonstration : « Nous avons besoin du Traité de Lisbonne pour permettre à l’Union européenne de mieux fonctionner » avant de continuer sur un ton plus menaçant et condescendant : « l’Irlande a toujours été au cœur du projet européen, lequel lui a été bénéfique. Il est dans l’intérêt bien compris de l’Irlande de poursuivre dans cette voie. » A l’issue de telles déclarations, il est difficile de se montrer plus clair et persuasif !
Dans cet esprit, l’européiste forcené Pöttering sera amené à rencontrer Michael Martin, ministre irlandais des Affaires Étrangères ainsi que des parlementaires de la sous-commission chargée d’examiner l’avenir de l’Irlande au sein de l’UE. Cette sous-commission parlementaire constitue un de ces nombreux gadgets inutile et coûteux puisqu’elle fut créée dans la foulée du NON du 12 juin afin « d’analyser les raisons du rejet du Traité de Lisbonne par les électeurs irlandais » et « d’élaborer pour le gouvernement des solutions viables de sortie à cette impasse ». Par ailleurs, Pöttering rencontrera également les dignitaires ecclésiastiques de la Conférence épiscopale qui regroupe l’ensemble de la hiérarchie de l’Église irlandaise. Ce démocrate-chrétien européiste cherche à mesurer le rôle que peut jouer l’Église dans le processus d’intégration européenne.
En attendant on ne peut que se féliciter du grain de sable irlandais dans la puissante machine européiste qui s’était déjà passablement enrayée avec les « NON » français et néerlandais des 29 mai et 1er juin 2005.
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CDU = UMP, Pöttering est ancien spartakiste. Il y a un point positif avec ce genre d’individus, ils alimentent la droite nationale.
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