Mondialisme : le gaz représente un enjeu mondial convoité par les multinationales apatrides
Le contentieux russo-ukrainien à propos du gaz a de nouveau révélé l’impuissance diplomatique de l’Union Européenne (UE) actuellement présidée par le premier ministre tchèque Mirek Topolanek. Comme la Russie a retrouvé une stature politico-économique internationale grâce au volontarisme conjoint de Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, cette grande nation européenne incontournable peut brandir à sa guise l’arme énergétique. Si le consortium étatique russe Gazprom a été mis en vedette durant ce conflit avec l’Ukraine, il ne faut pas oublier le rôle grandissant de multinationales apatrides comme Exxon Mobil Corporation et PetroChina.
La Russie est le premier réservoir mondial de gaz naturel
La Russie premier exportateur mondial de gaz, détient le tiers des réserves mondiales de gaz naturel. Ses principaux clients sont l’Union Européenne (UE) et notamment les anciens pays satellites comme la Bulgarie ou la Roumanie. Un quart du gaz consommé dans les 27 pays de l’UE est importé de Russie. 80 % de ce gaz naturel transite dans des gazoducs situés sur le territoire ukrainien.
Créé en 1954, le consortium Gazprom est la plus grande entreprise russe et surtout le premier employeur (300.000 personnes) de cette vaste nation en plein développement économique. Troisième capitalisation boursière mondiale (derrière Exxon Mobil et PetroChina), Gazprom représente 8 % du Produit Intérieur Brut (PIB) et contribue à une hauteur de 20 % pour les recettes budgétaires de l’État russe. Cette immense société qui a joué un rôle déterminant dans le spectaculaire développement de l’économie russe, contrôle 93 % du gaz naturel russe, soit 16 % des ressources mondiales.
Pour diriger un tel consortium également incontournable pour le marché mondial du pétrole, il fallait impérativement un homme de confiance. Né à Saint-Petersbourg et proche d’un autre saint-petersbourgeois Vladimir Poutine, Alexeï Miller dirige Gazprom depuis 2001. Son mandat actuel court jusqu’en 2011. Durant ces derniers jours ce puissant patron public joua un rôle crucial au plus fort du contentieux russo-ukrainien alors que l’ex maoïste et président de la Commission Européenne José-Manuel Barroso et le premier ministre européiste tchèque Mirek Topolanek se sont contentés du rôle insignifiant de potiche diplomatique.
Signalons également le rôle crucial du politicien allemand Gerhard Schröder. L’ancien premier ministre social-démocrate (1998-2005) s’était porté garant au nom de son gouvernement pour un prêt de 1 milliard d’euro consenti par Deutsche Bank et KFW. Il s’agissait d’un projet de construction germano-russe « Nord Stream » pour un immense gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne. Ce projet pharaonique qui comprend des parties terrestres et sous-marines, a officiellement commencé le 9 décembre 2005 et devrait s’achever au cours de l’année 2010. Après l’arrivée au pouvoir le 22 novembre 2005 du gouvernement de grande coalition dirigé par la conservatrice Angela Merkel, Schröder se métamorphose en affairiste puisque Gazprom l’engage pour diriger le conseil de surveillance du consortium germano-russe chargé de construire le fameux gazoduc. Bien évidemment Gazprom contrôle à 51 % ce consortium. Au passage on remarque qu’à l’instar de Tony Blair, le social-démocrate Schröder coule une semi-retraite dorée grâce à un poste stratégique mais purement honorifique.
L’Iran : une puissance gazière incontournable
L’Iran possède la seconde réserve mondiale de gaz (soit 15 % ) exploitée par l’entreprise publique « National Iranian Oil Company » (NIOC). Fondée en 1948, cette dynamique compagnie possède également 50 % du gisement gazier offshore de Rhum (le plus important gisement britannique inexploité dans la Mer du Nord). Les réserves en gaz de la NIOC sont estimées à 41,14 billion de m3 tandis que la production quotidienne est d’environ 300 millions de m3. Classée au 4e rang des compagnies pétrolières mondiales, la NIOC possède des infrastructures hypermodernes sur les îles de Kharg, Lavan et Siri situées dans le golfe Persique. Ses 17 jetés facilitent l’accès aux tankers internationaux qui ensuite exportent ces précieuses richesses naturelles pour d’autres continents.
Et là on comprend mieux l’obsession pathologique des néo-conservateurs et autres faucons sionistes qui jettent l’anathème sur Mahmoud Ahmadinejad et présentent l’Iran comme une puissance maléfique et menaçante pour l’équilibre du Monde. Derrière ces fantasmes délirants d’armes atomiques et de destructions massives se cachent des convoitises matérielles et mercantiles. Des multinationales apatrides cherchent à faire main basse sur ces immenses réserves pétrolières et gazières. Cependant comme pour le Venezuela d’Hugo Chavez et la Bolivie d’Evo Morales, l’Iran constitue un obstacle sérieux pour les objectifs inavouables des mondialistes apatrides et ultralibéraux (confer Flash n°2 et les analyses de Nicolas Gauthier et de Christian Bouchet).
Le Qatar : une future puissance gazière
Cernée au sud par le géant saoudien et au nord par le stratégique Golfe Persique, cette étroite péninsule de 11.427 km2 possède la troisième réserve mondiale (15 %) et espère à terme devenir le premier exportateur mondial de gaz !
Le Qatar possède le plus grand gisement mondial de gaz naturel. Situé à la frontière irano-qatariote et découvert en 1975, le gisement offshore « North Dome » fait l’objet d’une exploitation modérée afin qu’il joue un rôle majeur pour l’approvisionnement énergétique de la planète. Au rythme de sa production actuelle, il durerait 500 ans. Cependant sa production journalière augmente rapidement pour s’établir à 26 millions de tonnes pour 2006 tandis que sa production annuelle est déjà estimée à 50 million de tonnes pour 2015. De même le gigantesque gisement de Northfield renferme 900 millions de m3 et pourrait être exploité durant un siècle.
Dès 2010 le Qatar deviendra le premier producteur de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) tandis que ses principaux fournisseurs actuels sont les États-Unis, l’Europe occidentale et l’Asie (Japon, Corée, Inde). On pense qu’en 2015 le Qatar deviendra le premier producteur de GTL, présent dans le diesel, le naphte et les lubrifiants.
Le Forum des Pays Exportateurs de Gaz (FPEG)
Comprenant 15 membres dont les 5 principaux producteurs mondiaux de gaz, le Forum des Pays Exportateurs de Gaz (FPEG) contrôle 73 % des réserves mondiales et 42 % de la production mondiale. Les 15 membres du FPEG qui se sont réunis le 23 décembre 2008 à Moscou, ont solennellement décidé la création d’un secrétariat permanent et l’adoption d’une charte formalisant officiellement son existence juridique. Le siège de cette organisation intergouvernementale sera basé au Qatar (capitale Doha). Cependant le FPEG tient à se démarquer de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) et se défend de vouloir constituer un cartel gazier en se montrant résolument hostile à l’établissement de quotas de production.
Autres puissances gazières
L’Algérie constitue une importante puissance gazière dont les principaux clients sont l’Union Européenne en général et la France en particulier. La Sonatrach, entreprise publique algérienne créée en 1963, exploite les gisements pétroliers (Hassi Messaoud) et gaziers (Hassi R’mel) découverts par les français. On se souvient que ces territoires sahariens désertiques furent l’objet d’âpres contestations lors d’interminables négociations en 1962. Le gouvernement algérien, animé par un injuste ressentiment haineux à l’égard de la France, vend son gaz extrêmement cher.
Outre la Bolivie et le Venezuela, détenteurs d’immenses réserves naturelles de gaz, la Chine est également un acteur mondial incontournable. Quatrième puissance économique et troisième puissance commerciale mondiales, la Chine doublera sa production annuelle de gaz d’ici à 2015. La région autonome ouïgoure du Xinjiang (nord-ouest) regorge de gaz naturel dont les réserves sont estimées à 10.800 milliards de m3. Créé le 5 novembre 1999, le groupe PetroChina constitue le premier consortium pétrolier et gazier chinois, côté dans les bourses de New-York, Hong-Kong et Shanghaï.
Multinationales en embuscade dans les pays émergents : Exxon Mobil en Indonésie
Issue d’une fusion réalisée le 30 novembre 1999, la multinationale apatride Exxon Mobil Corporation possède officiellement son siège social à Irving dans la banlieue de Dallas (Texas). Plus officieusement ce groupe mondialiste et ultralibéral possède une palanquée de filiales dans les pays émergents dans lesquels il profite en toute impunité de l’absence de structures étatiques solides ainsi que de technologies nationales sophistiquées. Actuellement ce redoutable prédateur exerce un chantage odieux au sujet de l’exploitation de l’immense champ gazier sous-marin « Natuna D-Alpha » situé dans la Mer de Chine du Sud (Archipel de Natuna, province des îles Riau, entre la Malaisie continentale et Bornéo/Malaisie orientale) en territoire indonésien. Ses réserves totales sont estimées à 2062,4 milliards de m3 dont 418,5 milliards sont exploitables et destinés au commerce mondial, selon le vice-président d’Exxon Mobil Indonésie Maman Budiman.
Exxon Mobil qui s’est arrangé à exercer son monopole sur l’exploitation gazière depuis les années 1990, a subitement interrompu les travaux en raison d’un litige sur le partage de la production et les termes du contrat. Le gouvernement indonésien prétend que le contrat d’exploitation de cet immense gisement était déjà expiré alors qu’Exxon Mobil évoquait le 9 janvier comme date d’échéance. Dans un sursaut nationaliste, le gouvernement indonésien a désigné la compagnie nationale « Pertamina » comme unique exploitant de ce site et a annulé les « droits » d’exploitation d’Exxon Mobil Corporation.
Même si l’Indonésie est le troisième exportateur mondial de Gaz Naturel Liquéfié (GNL), cette nation émergente de l’Asie du sud-est ne possède pas les infrastructures et équipements nécessaires pour l’exploitation de champs gaziers situés dans les zones maritimes abyssales. La seule exploitation de « Natuna D-Alpha » requiert 40 milliards de $ d’investissements.
Depuis Jakarta, Maman Budiman technocrate mondialiste vendu aux plus offrants, a beau jeu d’affirmer qu’Exxon Mobil Indonésie « dispose de la capacité et de la technologie ». Contrairement à la Russie, à l’Iran, au Qatar ainsi qu’aux autres pays évoqués plus haut qui exploitent par eux-mêmes leurs propres ressources naturelles, l’Indonésie s’est mis la corde au coup en confiant une mission d’ordre nationale à des groupes mondialistes apatrides et rapaces.
Plus que jamais et à travers tous les continents, on mesure que le clivage politique ne passe pas entre « gauche »/ »droite » ou »progressistes »/ »conservateurs » mais bien par MONDIALISTES/NATIONALISTES. Seul le Front National qui a des dizaines d’année d’avance sur ces questions économiques cruciales, a perçu ce clivage. C’est pour cette raison que cette formation patriotique française, dont les salutaires mesures économiques permettraient un rapide redressement de la France, est l’objet des ostracismes les plus venimeux et virulents de la part des politiciens et économistes vendus à l’euromondialisme.
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Trés intéressant exposé. Merci !
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