Messes du 26 mars

Massacre de la rue d'Isly

Massacre de la rue d'Isly

Des messes en souvenir du 26 mars 1962 seront célébrées à :

Aix-en -Provence : Eglise de Notre Dame de L’Arc
16h30 Ave J.P Coste

Marseille : Basilique du Sacré Coeur
15h30 ave du Prado

Marignane : Chapelle Saint-Joseph
10h Célébrée par le Père Esposito. Elle sera suivie d’un dépôt de gerbe au cimetière Saint Nicolas

A Perpignan : à 11 heures, cérémonie à la mémoire des victimes de la Rue d’Isly au cimetière du Haut-Vernet – Stèle des Rapatriés

A Paris : messe à 18h30 à St-Nicolas du Chardonnet en mémoire de nos
morts.

Nous vous souhaitons nombreux à ces offices et manifestations. Merci de faire suivre cette info.

Si d’autres célébrations nous sont annoncées, un nouveau message vous sera adressé.

Pendant douze minutes, l’armée française arrosa de ses balles des civils français sans armes, sans défense.

Ce lundi 26 mars aurait pu être un lundi comme les autres. Ce matin-là, dans la boîte à lettres, on trouva un tract. Il demandait à tous les Pieds-Noirs de venir, sans armes, drapeaux en tête, porter soutien aux habitants de Bab-el-Oued qui, privés d’eau et de vivres, étaient prisonniers d’une armée française plus que menaçante; un blocus dont Bab-el-Oued était victime depuis plusieurs jours.

isly_02Nos parents hésitaient. Quand l’un disait oui, l’autre disait non. Ils étaient submergés, tantôt par le doute, tantôt par le devoir d’apporter un soutien aux compatriotes en danger. Et puis. Papa prit la décision. Il irait à la manifestation. Maman décida d’en faire autant. C’était ensemble ou rien ! J’observais maman se préparer. Déjà habillée, coiffée, elle attrapa son sac noir, papa mit sa veste et ils sortirent. Je ne sais plus s’ils nous ont dit au revoir. Au bout d’une demi-heure, le bruit d’hélicoptères survolant Alger nous angoissa; nous sortîmes sur le balcon pour suivre des yeux le vol de ces oiseaux de guerre. Dans le lointain, on entendait le bruit des fusils mitrailleurs. Il y avait du monde accoudé aux balcons. Soudain, je vis papa entouré d’une foule et soutenu par deux hommes. Ils allaient franchir l’entrée. Je criai : « Papa est blessé ! Papa est blessé ! »

Mes sœurs arrivèrent aussitôt. Dans l’escalier, on entendait les pleurs douloureux de papa et les voix des gens qui tentaient de le consoler. Et puis on le vit, complètement effondré, sanglotant comme un enfant avec cette foule tout autour de lui. Tout le monde entra dans la cuisine. On assit papa sur une chaise. Les gens pleuraient et nous aussi maintenant. « Papa, tu es blessé ? ». Papa ne répondait pas. Ses sanglots, ses hurlements de douleur, lui bloquaient la parole. « Et maman ? Où est maman ? », demanda-t-on soudain. Personne ne répondit et papa redoubla de sanglots. « Ils vous l’ont tuée », a dit papa. « Ils ont tué votre mère. »

isly_03Je me suis bouchée les oreilles, trop tard. Le pire venait d’entrer en coup de poignard. Nous avons hurlé, hurlé d’effroi et de douleur. Comme des bêtes… Papa nous a prises toutes les quatre dans ses bras. Nous nous serrions les uns aux autres, unis par le malheur, suffoquant la même douleur. Tous les cinq. Sans elle. Amputés d’elle à jamais. Pendant douze minutes, l’armée française arrosa de ses balles des civils français sans armes, sans défense.

Mon pauvre oncle secoué de sanglots nous raconta : lui aussi s’était joint au cortège en route pour Bab-el-Oued. Il marchait à côté de papa et maman au moment où la fusillade avait éclaté dans leur dos. Comme certains, ils s’étaient instinctivement jetés à terre. Ceux qui tentèrent de s’échapper, tombèrent sous les rafales des mitraillettes. Pendant douze minutes, l’armée française arrosa de ses balles des civils français sans armes, sans défense.

Maman reçut, en pleine poitrine, une balle qui lui traversa le cœur et les entrailles, avant de sortir par la cuisse. Morte sur le coup, paraît-il. Je l’espère.

Allongé tout contre maman sur la chaussée, il avait senti, son dernier sursaut de vie. « Janine ! Vous êtes touchée ? », lui avait-il demandé à mi-voix et sans bouger pour ne pas attirer l’attention des mitrailleurs qui tiraient sur tous ceux qui bougeaient. Papa nous dit qu’il avait vu les militaires s’acharner sur des blessés ; des militaires musulmans portant l’uniforme français.

Pour nous, c’était fini. Nous n’avions plus qu’un désir : fuir ce pays où, douze ans plus tôt, tu m’avais donné la vie aux portes de Bab -el-Oued, maman, juste là où tu perdis la tienne ce lundi 26 mars 1962. Toi, maman, qui était née en Charente-Maritime, et qui était venue en Algérie pour suivre celui qui allait devenir ton mari, notre papa. Ce père qui avait participé à la libération de la Mère Patrie, qui était resté, suite à ses blessures, grand mutilé de guerre. Il avait été décoré Chevalier de la Légion d’Honneur, médaillé militaire, cité à l’ordre de l’année le 19 avril 1945 par celui qui nous obligeait aujourd’hui à fuir : le général De Gaulle.

Toi, l’épouse de cet officier français, toi la métropolitaine, tu venais de perdre la vie par des balles françaises, pour l’amour de cette terre.

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Commentaires

Ouvrez les yeux et faites les ouvrir aux autres .Ils ont connu notre futur.

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Très, très très triste souvenir.
Douleureux souvenir.
Nous aussi nous avons droit à notre mémoire.
Décidément, ils n’ont pas le monopole de la Mémoire (commme avait dit l’autre un crtain VGE)
Merci aussi de le rappeler à certains amnésiques.

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à quand un film impartial sur ces evenements !

marre de ce matraquage sur la seconde guerre mondiale 2à3 fois par semaine sur les chaines généralistes ! !
nous avons aussi nos martyrs NOUS !!!!!

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et oui France souvient toi se jour la tu as tirée sur t’es
freres de sang portant drapeau français en tête .
pour seulement défendre un département français.
oui cette terre brader [...] qui demain vous le ferons savoir a tous français [...] car eux connaisse pas
les droits de l’homme .OUI il y auras une autre rue d’isly
en France.
car cela a faillit arriver a nanterre en 68 que notre
général avait donner l’ordre de faire pareille.

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Vérité sur le FN,ce que l’on vous cache :
Recherche=Réponse,tjrs la même :Page Web introuvable !

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