Nouvelles économiques

Siège général de la Banque Royale d'Écosse (RBS) à Edimburg
Même si les gouvernements de l’UE des 27 (et la France en particulier) essaient d’occulter les ravages de la crise économique mondiale, celle-ci est bien présente comme l’attestent le nombre croissant de fermeture d’entreprises et l’inexorable augmentation du chômage au sein de l’eurozone et de l’UE des 27. Mardi 7 avril 2009, la célèbre banque britannique RBS (Royal Bank of Scotland) a officiellement annoncé le licenciement programmé sur 2 ans de 9.000 employés à travers le monde. Malgré l’impact de la crise systémique mondiale sur son économie intérieure, la Chine offre une grande résistance en tant que nation souveraine, non asservie comme l’UE des 27. Contrairement à l’UE victime des eurocrates apatrides, la Chine développe son agriculture céréalière et mise sur une audacieuse politique énergétique.
Secteur bancaire : RBS largue 9.000 employés entre 2009 et 2011
Fondée en 1727 à Edimburg, la Banque Royale d’Écosse est l’une des plus anciennes banques du Royaume-Uni. En 2008, elle était la première banque en Écosse, la seconde au Royaume-Uni et en Europe et la cinquième au niveau mondial en terme de capitalisations boursières. Cotée sur l’indice Footsie 100 à la Bourse de Londres, elle fut particulièrement affectée par la crise financière mondiale dès 2008. En raison d’actifs toxiques, ses actions avaient chuté de 88,40 % en 2008 puis de 80,38 % entre les 1er et 20 janvier 2009 (soit une baisse totale de 97,58 % depuis le 1er janvier 2008).
Fin novembre 2008, le gouvernement britannique devient l’actionnaire majoritaire de RBS à hauteur de 57,9 % avec une acquisition de 15 milliards € en actions ordinaires et 5 milliards d’euros en actions préférentielles.
Après la suppression d’actifs détenus par la banque néerlandaise ABN Amro qu’elle avait acquise en octobre 2007, RBS annonce en janvier 2009 une perte financière avoisinant 31 milliards € pour les 12 mois de 2008, Cependant en février 2009, RBS révise ses pertes financières à 27 milliards €. En octobre 2008, son PDG Sir Fred Goodwin se démet de ses fonctions en recevant une prime de départ de 700.000 livres par an. La France ne détient donc pas le monopole en matière de parachute dorée.
Mardi 7 avril, RBS officialise le licenciement programmé sur 2 ans de 9.000 employés dans l’ensemble de ses filiales mondiales. La moitié des emplois supprimés concerne évidemment le Royaume-Uni. Selon son directeur général Stephen Hester, cette mesure drastique se justifie pleinement dans le contexte actuel de crise économique mondiale. La RBS espère réduire ses coûts comme n’importe quelle entreprise et réaliser une économie de 2,8 milliard £ sur les trois prochaines années. Les négociations entre la prestigieuse banque et les syndicats sont très tendues car début 2009 RBS avait déjà supprimé 2.700 emplois après l’annonce officielle de ses catastrophiques pertes financières.

Des agricultures labourent leurs champs dans la province agricole de Hubei (centre-est)
Chine : développement de l’agriculture céréalière
En raison de ses immenses territoires montagneux et désertiques, la Chine possède seulement 14 % de terres arables. Malgré l’augmentation de 90 % de la production agricole entre 1990 et 2003, 2.500 km2 de terres cultivables disparaissent annuellement avec l’urbanisation galopante, la pollution atmosphérique et la désertification croissante.
Après l’ouverture économique et commerciale sur le Monde décrétée le 18 décembre 1978 par le visionnaire et réformiste Deng Xiaoping, le sort des agriculteurs chinois a considérablement changé. Comme leur revenu annuel a plus que triplé entre 1980 et 2000, 400 millions d’agriculteurs ont pu s’extirper de la pauvreté entre 1979 et 2003. Cependant, les inégalités se sont fortement creusées entre citadins et ruraux si bien que la Chine est confrontée à un impressionnant exode rural vers les mégalopoles urbaines de la façade maritime orientale (Pékin, Shanghaï et surtout le Guangdong avec la ville champignon de Shenzhen). 8 millions d’agriculteurs quittent annuellement les zones rurales et montagneuses afin de chercher un meilleur emploi en ville. Depuis 1979, on estime le nombre total de migrants entre 80 et 200 millions.
Principales victimes de la crise économique mondiale, nombre d’entre eux ont perdu leurs modestes emplois urbains en raison d’une qualification insuffisante et d’une instruction rudimentaire. Actuellement, certains d’entre eux contribuent à renforcer un prolétariat urbain croissant et en voie de radicalisation politique. En revanche 20 millions d’ex migrants soit (15,3 % du total) regagnent leurs anciennes provinces rurales et montagnardes de la Chine centrale. Cet impressionnant retour de migrants pose un véritable défi pour le gouvernement chinois qui a décidé d’implanter des activités économiques et industrielles dans ces zones encore faiblement développées. L’ambitieux projet des « autoroutes rurales » dans les Régions autonomes du Xinjiang et du Tibet représente un axe majeur de cette politique économique volontariste.
Si les aides publiques et gouvernementales ne représentent que 6 % environ du revenu des agriculteurs, la Chine est néanmoins très attentive à ce secteur économique car elle doit nourrir 1,3 milliard d’habitants. En revanche dans l’UE, le montant des aides publiques (PAC) octroyées par les technocrates apatrides de Bruxelles, représentent actuellement 34 % du revenu moyen des agriculteurs. Sous des apparences généreuses, la politique agricole des eurocrates apatrides et ultralibéraux, est véritablement diabolique puisque son but inavoué est la disparition progressive de l’agriculture européenne en général et française en particulier. Depuis 1960, on assiste à une chute vertigineuse du nombre d’agriculteurs français, à la disparition alarmante des exploitations agricoles et à la baisse inéluctable et scandaleuse du revenu des agriculteurs. Privée de notre indispensable souveraineté agricole et alimentaire, l’UE des 27 tombe inexorablement sous la coupe des innombrables multinationales apatrides, plus ou moins contrôlées par les USA.
En raison du caractère crucial de son auto-suffisance alimentaire et de sa sécurité céréalière, le gouvernement chinois a officiellement décidé que sa production céréalière dépasserait les 550 millions de tonnes en 2020. 1,8 milliard de mu (120 millions d’hectares) de terre cultivable et 1,56 milliard de mu de terre agricole seront progressivement réservés à la culture des céréales. Selon le ministère de l’Agriculture, la Chine a produit environ 528,5 millions de tonnes de céréales en 2008, soit une augmentation de 5,4 % ou de 26,9 millions de tonnes par rapport à 2007.

Vue partielle de Ürümqi, capitale de la région autonome de Xinjiang (nord-ouest)
Chine : politique énergétique et barrage des Trois-Gorges
Après la récente découverte d’un immense gisement de charbon dans le district de Caoxian (sud-ouest de la prospère province orientale de Shandong), le bureau de géologie minière du Xinjiang vient de recenser un immense gisement de charbon dans le Lac Aiding ( »rayon de lune » en Ouïgour). Situé à 30 kilomètres au sud-est de la ville de Turpan, ce lac s’étend sur une modeste superficie de 7 km2 à une altitude de 154,31 mètres au-dessous du niveau de la mer. Même si le Lac Aiding représente le point continental le plus bas de la Chine, son altitude est néanmoins supérieure à celle de la Mer Morte en Israël/Jordanie. Ce gisement carbonifère de 16 km de long et de 10 km de large enferme 3 milliards de tonne de charbon. L’épaisseur de sa veine oscille entre 10 et 22 mètres.
Le bureau de géologie minière du Xinjiang, qui a entamé en février 2009 son exploration lacustre, continue sa prospection autour du lac et estime les réserves potentielles de charbon à 27 milliards de tonne !
En raison du fulgurant développement économique et industriel de la Chine, le charbon représente 70 % de sa consommation énergétique totale, soit 40 % de plus que la moyenne mondiale. Confrontée au développement exponentiel de la pollution atmosphérique et à une désertification croissante imputée au « réchauffement global », la Chine désire ardemment réduire sa dépendance à l’égard des énergies fossiles et à combler son retard pour les énergies nouvelles (éoliennes, solaire, nucléaire).

Vue des écluses du barrage des Trois-Gorges
Situé sur le majestueux fleuve de Yangtse au cœur de la Chine, le barrage des Trois-Gorges est de type hydro-électrique. Le président nationaliste Sun Yat-Sen avait effectué dès 1919 un projet similaire sur ce fleuve gigantesque. Cependant, il fallut attendre 1994 avec l’inauguration des travaux par le président Jiang Zemin et son premier ministre Li Peng. Plus long barrage hydroélectrique au niveau mondial, sa largeur est de 2.335 mètres et sa hauteur de 185 mètres. Munie d’une écluse à 5 sas et de 26 groupes turbo-alternateurs fournissant 18.200 Mégawatts prévus en 2009 contre 14.000 MGW pour le barrage d’Itaipu à la frontière du Brésil et du Paraguay, la capacité de sa retenue d’eau sera de 39,3 milliards de m3. Ce projet pharaonique prouve indubitablement la solidité du développement économique et industriel de la Chine depuis fin 1978.
Depuis la mise en marche de sa première turbine hydraulique en juillet 2003, le barrage des Trois-Gorges a déjà produit 300 milliards de Kilowatts à la date du 7 avril 2009. Cette quantité d’électricité représente 8,8 % de la consommation totale de la Chine pour 2008, soit 3.400 milliards de Kilowatts. D’ailleurs en 2008, ce barrage a produit 80,8 milliards de KWh d’électricité,
Initié dès 1993, ce remarquable projet devrait s’achever en novembre 2009 même s’il se prolongera jusqu’en 2012 afin d’inclure 6 turbines souterraines supplémentaires. L’électricité produite par le barrage des Trois-Gorges est destinée à alimenter dans un proche avenir les 15 provinces industrielles du centre, de l’est et du sud de la Chine et à soulager la sévère pénurie énergétique de ces régions vitales pour la poursuite du développement économique du géant asiatique.
Pourvu d’un budget équivalent à 22,5 milliards de dollars, le barrage des Trois-Gorges sera en mesure d’assurer le contrôle de l’eau pour les cours supérieur et moyen du fleuve Yangtsé. Son utilité est donc triple au niveau énergétique et pour l’aménagement du territoire : production intensive d’électricité pour les provinces chinoises les plus dynamiques économiquement, contrôle plus efficace des redoutables inondations de ce fleuve impétueux et amélioration de sa navigation fluviale.
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