Nouvelles économiques : Asie centrale et Amérique latine

Installation de forage pétrolier dans le sud de la Mer Caspienne
La médiatisation outrancière du « malaise » de Sarkozy ne doit pas occulter la riche actualité économique. Puissance énergétique incontournable au Moyen-Orient, l’Iran débute un forage prometteur de pétrole et de gaz dans le sud de la Mer Caspienne. Malgré la récession économique mondiale et les récentes violences urbaines de Ürümqi, le Xinjiang espère accroître de 25 % le volume de son commerce extérieur en 2009. Destiné à devenir dans 10 ans la cinquième puissance économique mondiale, le Brésil commencera en septembre 2009 la construction de sa troisième centrale nucléaire (Angra 3) ce qui lui permettra de consolider son indépendance énergétique. La récente découverte à l’est de la Colombie d’un gigantesque champ pétrolier estimé à 500 millions de barils est la plus importante depuis une décennie.
Iran : forage pétrolier et gazier dans la Mer Caspienne
L’Iran fut le premier pays du Moyen-Orient à exploiter la ressource pétrolière dès 1913. Alors dirigé par le Shah Mohammed Reza Pahlavi (1919-1980), l’Iran ainsi que le Venezuela furent les fers de lance de la création de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole). Fondé le 14 septembre 1960 lors de la Conférence de Bagdad, l’OPEP ne comptait alors que cinq pays membres : l’Iran, le Venezuela, l’Irak, le Koweït et l’Arabie Saoudite. Actuellement, l’Iran est le second producteur et exportateur de l’OPEP (quatrième exportateur au niveau mondial).

Carte physique de l'Iran, nation essentiellement montagneuse bordée au Sud par le Golfe persique et au Nord par la Mer Caspienne
L’Iran détient les secondes réserves mondiales de pétrole (10 %, derrière l’Arabie Saoudite et devant l’Irak) et de gaz naturel (15 %, derrière la Russie et devant le Qatar). Les gisements pétroliers se situent au nord du pays autour et au fond de la Mer Caspienne et en « offshore » dans le Golfe persique. Découvert en 1975 dans le Golfe persique à la frontière irano-qatariote, North Dome est le plus important gisement mondial de gaz naturel (24,3 Tm3) . Dénommée « South Pars », la partie iranienne de ce gigantesque gisement renfermerait une réserve de 8 Tm3. Estimée à environ 200 giga barils équivalents pétrole, la totalité de ses réserves de gaz naturel est deux fois supérieures à celles du plus important gisement mondial de pétrole (Ghawar en Arabie Saoudite). Représentant plus de 30 % des exportations mondiales de gaz naturel, la Russie, l’Iran et le Qatar ont progressivement formé un conglomérat informel « troïka du gaz » à l’intérieur du Forum des Pays Exportateurs de Gaz (FPEG, 15 pays, 42 % de la production mondiale, 73 % des réserves mondiales).
En 2005, le rendement moyen de l’industrie pétrolière fut de 4 millions de barils par jour. Sous le règne du Shah en 1974, la production quotidienne avait atteint un pic maximal de 6 millions de barils par jour. Après le succès de la Révolution en 1979, les différents gouvernements ont volontairement réduit la production journalière afin de conserver d’importantes réserves pétrolières. Lors de la guerre Iran-Irak (septembre 1980-août 1988), de violents bombardements endommagèrent et détruisirent les installations pétrolières ce qui provoqua logiquement d’importantes baisses dans la production quotidienne d’or noir. Au début des années 2000, l’accumulation des retards technologiques avait rendu les infrastructures industrielles obsolètes et inefficaces. L’Iran ne fut plus en mesure de raffiner des quantités suffisantes de pétrole et dut se résoudre à importer cette précieuse ressource, malgré l’immensité de ses actuelles réserves. Parallèlement, la consommation nationale de pétrole augmentait régulièrement si bien qu’en 2005 l’Iran importa 4 milliards de tonne de carburants. Notons également une contrebande non négligeable de carburant iranien bon marché à destination des pays limitrophes (Azerbaïdjan, Turkménistan).
Actuellement, l’Iran désire une réduction de sa dépendance à l’égard du pétrole et du gaz et une diversification de ses sources énergétiques (éoliennes, géothermie, solaire). Par conséquent, l’Iran s’intéresse de près à la technologie nucléaire afin d’accroître sa production annuelle d’électricité actuellement très insuffisante au regard de la demande énergétique croissante.
Selon un reportage télévisé diffusé jeudi 23 juillet 2009 sur la chaîne satellite « Press TV », l’Iran s’apprête à installer au sud de la Mer Caspienne la plus grande tour de forage semi-submersible du Moyen-Orient. Baptisée « Iran-Alborz », cette tour semi-flottante pèsera 14.000 tonnes et facilitera l’exploration pétrolière dans la partie méridionale de la Mer Caspienne. Bordée à l’ouest par l’Azerbaïdjan, au nord-ouest par la Russie, au nord et au nord-est par le Kazakhstan, à l’est par le Turkménistan et au sud par l’Iran, la Mer Caspienne (371.000 km2 de surface et 78.200 km3 de volume) occupe une position géopolitique et géostratégique incontournables en Asie centrale.
Selon les déclarations du ministre iranien du pétrole Gholam Hossein Nozari, le président Mahmoud Ahmadinejad assistera à la cérémonie inaugurale d’installation de la tour de forage. En raison d’incessantes turbulences politiques et des séquelles du conflit Iran-Irak, l’Iran avait effectué très peu de forages d’exploration pétrolière et gazière avant 2005.
Loin des caricatures simplistes et mensongères des néo-conservateurs américains et de leurs alliés faucons sionistes, l’Iran est progressivement devenu un pays émergent qui désire moderniser ses infrastructures industrielles et se doter d’une technologie scientifique de pointe.

Dynamique capitale de la région autonome du Xinjiang, Ürümqi accueillera en septembre 2009 la foire commerciale annuelle
Xinjiang : dynamisme du commerce extérieur avec la Russie et l’Asie centrale
Situé aux marches de l’Eurasie continentale au nord-ouest de la Chine, le Xinjiang forme une région autonome qui possède un immense potentiel industriel (pétrole, gaz) et humain. Afin de mieux appréhender ce vaste territoire aux confins de l’Asie centrale, on se reportera à cet article qui avait privilégié une approche géographique, historique, économique, démographique, ethnique et religieuse.
En raison de sa localisation géopolitique et géostratégique exceptionnelles, le Xinjiang fut naguère traversé par la célèbre et prestigieuse « Route de la soie ». Actuellement, il constitue une zone de transit commercial entre la Chine, la Russie et ses voisins d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan). Avec le développement d’économies régionales en Asie centrale, les pays limitrophes du Xinjiang ont des besoins commerciaux croissants pour les biens de consommation courante : vêtements, textiles et produits agricoles. Cette augmentation régulière des échanges commerciaux de proximité a dynamisé le commerce extérieur du Xinjiang, qui avait atteint 22,2 milliards $ en 2008.
Malgré les inévitables répercutions de la récession économique mondiale et les violentes émeutes urbaines et ethniques à Ürümqi le 5 juillet 2009, le Xinjiang espère toujours être en mesure d’accroître de 25 % le volume de son commerce extérieur pour 2009. En effet, la région autonome s’est fixé un objectif très ambitieux avec un volume commercial annuel de 27,8 milliards $ (24 milliards $ pour les exportations, 3,8 milliards $ pour les importations).
À la lumière de ces informations, on mesure d’autant mieux le caractère criminel et prémédité de l’embrasement ethnique (Han et Ouïghours) d’Ürümqi qui visait à profondément déstabiliser l’économie émergente et florissante du Xinjiang. Les troubles politiques et ethniques furent orchestrés et encouragés à la fois à l’intérieur du Xinjiang mais aussi depuis certains pays étrangers, abritant une nombreuse communauté immigrée ouïghoure. L’instigatrice de ces récentes violences urbaines était une affairiste séparatiste et extrémiste Rebiya Kadeer qui depuis son luxueux exil aux USA a tenté de semer et d’exacerber la haine inter-ethnique afin de saboter le développement économique encore fragile du Xinjiang.
Avec l’intervention mesurée des forces de l’ordre locales, le calme est progressivement revenu et la vie économique a repris un cours normal. Principaux partenaires commerciaux du Xinjiang, la Russie, le Kazakhstan et le Kirghizistan désirent renforcer leur coopération économique et commerciale avec cette région autonome. Par conséquent, ces trois pays ont décidé d’envoyer de nombreuses délégations lors de la foire commerciale annuelle qui se déroulera à Ürümqi en septembre 2009. Fin juin, ces 3 nations avaient déjà effectué des demandes écrites pour obtenir 103 stands à cette importante manifestation commerciale d’Asie centrale. Parmi les participants à la foire d’Ürümqi, on relève la présence de la Banque asiatique de Développement ainsi que les 6 membres permanents de l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS).
Précisons que le gouvernement central de Pékin est très impliqué financièrement dans le développement économique et commercial du Xinjiang. Malgré les effets néfastes de la crise économique globale, les autorités chinoises ont récemment débloqué la colossale somme de 100 milliards de Yuans supplémentaires, destinée à la construction de nouvelles infrastructures (« autoroutes rurales » à 8 voies, aéroports, extension de certaines liaisons ferroviaires) et à la modernisation de celles déjà existantes (routes régionales, voies ferrées et réseaux hydrauliques obsolètes). En raison de leur coûts très onéreux, ces audacieux projets de modernisation économique bénéficient d’un co-financement régional (Xinjiang) et national.
À travers cet exemple concret du développement du commerce régional entre le Xinjiang, la Russie et certaines nations d’Asie Centrale, on mesure le fossé abyssal entre l’eurocratie apatride, technocratique de Bruxelles et une coopération de proximité à la fois souple et bénéfique pour les différentes nations souveraines.

Les deux centrales nucléaires brésiliennes Angra 1 et 2 opèrent dans la ville côtière de Angra Dos Reis (État de Rio de Janeiro)
Brésil : construction d’une troisième centrale nucléaire
Membre du BRIC avec la Russie, l’Inde et la Chine, le Brésil est un pays latino-américain émergent qui a enregistré une spectaculaire croissance économique depuis deux décennies. Rappelons que le Brésil est le premier partenaire commercial de la Chine en Amérique latine. Malgré les effets nocifs de la crise systémique globale sur son économie intérieure, le Brésil semble mieux la surmonter que l’UE des 27 ou d’autres pays industrialisés (USA, Canada, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande).
Actuellement, le Brésil désire diminuer sa forte dépendance à l’égard de l’hydroélectricité qui lui fournit 90 % de son énergie totale. Comme l’Iran, le Brésil se montre très intéressé par la technologie nucléaire pour sa production nationale d’électricité.
Construites dans la ville côtière d’Angra Dos Reis (État de Rio de Janeiro), les deux centrales Angra 1 et 2 possèdent une capacité de production de 1.000 Mégawatts (MGW). Rappelons qu’avec la capitale économique Sao Paulo et la ville industrielle de Belo Horizonte, l’État de Rio de Janeiro possède un énorme potentiel économique et commercial, à l’origine de sa spectaculaire croissance générale.
Initiée en 1984, la construction d’une troisième centrale nucléaire (Angra 3) fut interrompue dès 1986 en raison de puissantes pressions médiatiques et environnementales. Néanmoins, le Brésil est fermement décidé à renouer avec la production d’énergie nucléaire et la construction d’Angra 3 reprendra dès septembre 2009. Doté d’une future capacité de production de 1.350 MGW, Angra 3 doit entrer en service en décembre 2014.
Parallèlement, le gouvernement brésilien a déjà projeté la construction de deux complexes nucléaires situés au nord et au sud de cette immense nation émergente. Chaque complexe sera doté de six centrales, capables de générer chacune 1.000 MGW.
Président de la compagnie nationale d’énergie nucléaire Electronuclear, Othon Luiz Pinheiro a effectué une comparaison entre le développement nucléaire de son pays et celui de ses deux partenaires du BRIC : « Notre programme nucléaire ne sera pas aussi spectaculaire que ceux de la Chine et de l’Inde, mais Angra 3 nous permettra de mener une croissance modérée et constante ».
Même si le Brésil est actuellement dirigé par un gouvernement de gauche et présidé par l’ancien syndicaliste Luiz Iniacio Lula Da Silva, il ne semble pas céder aux injonctions parfois menaçantes de divers groupes de pression se proclamant « écologistes » et défenseurs de l’environnement.

Carte énergétique des différents champs pétrolifères de la Colombie
Colombie : découverte d’un immense champ pétrolifère
Située à la fois sur l’Océan Pacifique et la Mer des Caraïbes, la Colombie est une modeste puissance énergétique dotée de 110 puits de pétrole (production quotidienne de 600.000 barils en juin 2009). Initialement découverte en 1982, l’immense réserve pétrolifère de Pacific Rubiales resta longtemps inexploitée. Étendu dans les plaines herbeuses et marécageuses des Llanos à l’est de la Colombie, ce gigantesque champ pétrolifère se situe approximativement à 465 km au sud-est de Bogota et s’étend sur 59.600 hectares.
En septembre 2008, la Colombie a découvert un immense gisement dans cette zone pétrolifère des Llanos. Au moment de sa découverte, ses réserves étaient estimées à 100 millions de barils. Jeudi 23 juillet, le gouvernement colombien a officiellement confirmé l’existence de ce gigantesque champ pétrolier dont l’estimation des réserves fut ultérieurement révisée à 500 millions de barils, soit le quintuple par rapport aux calculs initiaux.
Ministre colombien de l’exploitation minière et de l’énergie, Hernan Martinez a solennellement déclaré qu’il s’agissait de la plus importante découverte d’une réserve pétrolière en Colombie depuis une décennie. Grâce à cet événement exceptionnel dans les Llanos, la production journalière de ce nouveau champ atteindra 120.000 barils dès 2009 et augmentera à 170.000 au cours de l’année 2010.
Les investisseurs, dont la Compagnie nationale de pétrole, se sont engagés sur trois points, à savoir la modernisation des équipements de production pétrolière, la facilitation du transport du pétrole et l’amélioration des méthodes d’extraction de cet or noir si convoité.
Les découvertes périodiques et l’exploitation croissante du pétrole favorisent un progressif développement économique encore précaire pour la Colombie, longtemps affaiblie par de récurrentes turbulences politiques, une corruption endémique, des trafics juteux de stupéfiant et surtout par la sanglante guérilla terroriste des FARC.
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