Mondialisme apatride : le dieu Argent investit impunément Bucarest

Édifié à 10 mètres de la cathédrale, l'immeuble de 19 étages et haut de 75 mètres symbolise le triomphe du mondialisme apatride à Bucarest
Par JRM, professeur agrégé d’Université
À peine sortis de la mégalomanie de Nicolae Ceaucescu, dictateur communiste roumain, avide d’immortalité, tel un pharaon communiste, avec son Palais démesuré en plein centre de Bucarest, voici maintenant les habitants de la capitale roumaine, surnommée autrefois « le petit Paris d’Orient », en guerre contre les ravages de l’argent-roi.
Un immeuble en construction de bureaux, de 19 étages, haut de 75 mètres, n’a trouvé d’autre emplacement que d’être situé à 10 mètres de la cathédrale catholique de Bucarest, la cathédrale saint-Joseph. Avec plus de 23.000 mètres carrés de surface de bureaux, loués à 20 euros le mètre carré, dans un pays où le salaire moyen est inférieur à 150 euros, le projet fait grincer sérieusement des dents à Bucarest.
Commencé en 1998, le projet initial n’avait que 17 mètres de hauteur, lesquels se sont empilés, au cours des ans, pour atteindre la hauteur de 75 mètres.
« La Roumanie est un pays très riche, surtout très riche en pauvres. Il faut avoir le génie du mal pour administrer le pays d’une telle manière. Depuis des années nous assistons à des querelles politiques qui montrent que nos dirigeants ne pensent pas au bien public, mais à leurs intérêts personnels et à ceux de leur parti, » s’est exprimé récemment le chef de l’église catholique roumaine.
Le nonce apostolique, représentant spécial du pape, est venu apporter son soutien lors d’une manifestation qui a réuni plusieurs milliers de personnes à Bucarest en signe de solidarité.
Malgré l’opposition de l’église catholique, qui redoutait la destruction pure et simple de la cathédrale, les travaux se sont accélérés depuis l’élection à la mairie de Bucarest du dauphin potentiel du président roumain. L’investisseur de l’édifice est la compagnie américaine Millénium Building Development, financée par le fonds d’investissement Miller Global, créé en 1996 aux États-Unis. Des soupçons sérieux de blanchiment d’argent sale ont même été rapportés par une question écrite à la Commission européenne en date du 3 juillet dernier.
Les populistes dénoncent des pratiques ayant cours en Roumanie qui évoquent, encore une fois, le fait du prince, les oukases de la dictature communiste, effondrée il y a tout juste 20 ans, sans que le Peuple ait la parole en vérité.
Populisme et Perspectives Françaises souligne auprès des Français combien l’adhésion à l’Union Européenne de la Roumanie, en 2007, s’est faite sans qu’on soit trop regardant sur le degré de corruption qui peut éventuellement régner dans un pays candidat.
Le 22 juillet, la Commission européenne a d’ailleurs rendu un rapport sur la justice roumaine qui ne tourne pas à l’avantage de Bucarest.
Il faut dire qu’avec des salaires bien plus bas que ceux pratiqués en France, la Roumanie devenait un puissant Eldorado capable d’attirer des investisseurs comme Continental, à Timisoara, lesquels ne trouvaient mieux, quelque temps plus tard, que de délocaliser leur entreprise de Clairoix, dans l’Oise. Même les salariés de Renault-Dacia se sont fendus d’un mouvement de grève inédit pour protester contre leurs salaires, inférieurs à 300 euros, lorsque Renault a voulu délocaliser de la Roumanie vers d’autres pays à coût encore plus bas. Spirale sans fin du mondialisme qui n’a pas de Patrie mais un seul dieu, en revanche, le dieu Argent.
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