Les dessous de l’incendie des environs de Marseille

Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille

Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille

Voici la version des médias :

1re étape : Un sous officier de Légion dirigeant une séance de tir à munitions réelles traçantes provoque l’embrasement de la garrigue.

2e étape : Une association de défense des bidasses victimes de brimades (relayée par les mêmes médias), déclare que les agissements de ce sous-officier vis à vis de ses subordonnés leur avaient déjà été signalés, faits qui auraient du rendre l’intéressé inapte à diriger une séance de tir ? Où est le rapport ?

Le sous-officier en question :

L’adjudant-chef ayant commandé la section de tir a été pour sa part présenté samedi au parquet militaire de Marseille à l’issue de 48 heures de garde à vue.
Bardé de décorations, ce sous-officier avait reçu la médaille civile des actes de courage et de dévouement pour avoir récemment sauvé une personne sur une autoroute du Sud. Il devait prochainement recevoir la croix de la valeur militaire. (cf Infos Orange et notre précédent article)

Quelques infos recueillies sur un site internet spécialisé sur les sujets concernant la défense :

Reconnaître les faits (l’utilisation de traçantes) n’est pas reconnaître une responsabilité judiciaire. A l’heure actuelle, on ne sait pas si c’est une traçante qui est à l’origine du feu de broussailles qui s’est déclaré derrière la butte de tir (derrière !) à la fin de la pause déjeuner (et non pendant le tir, semble-t-il).

Ce qui est sûr, en revanche, c’est la responsabilité totale des autorités civiles concernant l’extension du feu à l’extérieur du camp.

Parce que j’ai été, dans une deuxième carrière en Préfecture, directeur départemental de protection civile, il me semble essentiel de rappeler les textes qui s’appliquent dans ce domaine. C’est trop facile de trouver un militaire pour lui faire porter le chapeau de négligences des autorités civiles. Voici ce que prescrit la loi, qui est de simple bon sens : Autour des établissements dont l’activité comporte des risques, les Maires des communes où est situé l’établissement (ici, les Maires d’Aubagne et de Carnoux-en-Provence) sont légalement tenus de faire prendre par leurs services les précautions normales (ici, des coupe-feu efficaces) pour qu’un incident de fonctionnement à l’intérieur de l’établissement n’ait pas de conséquences à l’entour. Lorsque les Maires négligent de le faire ou n’ont pas les moyens de le faire, alors c’est le Préfet (ici, Monsieur Michel Sappin) qui doit y suppléer avec l’aide du Conseil Général et, le cas échéant, avec l’appui des poids lourds politiques concernés dans le secteur. Ici, au moins la Ville de Marseille dont on a fort entendu le Maire.

L’on n’aurait pas eu cet incendie à Marseille mais seulement un feu de broussaille limité au terrain d’exercice si cette simple précaution, imposée par la loi et par le bon sens, avait été prise par les autorités civiles. L’on est ici dans un fief de l’UMP, ce qui pourrait expliquer pourquoi le personnel politique UMP s’est aussitôt ligué pour faire porter le chapeau au militaire avant même de savoir comment le feu s’est déclenché. La mise en liberté de notre camarade de la Légion semble indiquer, et c’est réconfortant, que le monde judiciaire n’a pas l’intention de suivre le mouvement de lynchage que des politiciens ont tenté de lancer.

Pendant ce temps un VAB-santé est attaqué par les talibans en Afghanistan ; un capitaine médecin et deux caporaux-chefs sont grièvement blessés : peu d’info dans les gazettes…

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur cette affaire, visitez le site « Secret Défense »
http://secretdefense.blogs.liberation.fr
Il ne vous en coûtera rien de faire circuler cette mise au point.

Pierre Noël DURONSOY

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