Autriche : 2e force politique du Vorarlberg, le FPÖ obtient 25,12 % et 9 sièges lors du scrutin provincial !

Chef de file du FPÖ dans le Vorarlberg, Dieter Egger (40 ans) triompha lors des élections provinciales du 20 septembre 2009
Des élections provinciales se sont déroulées dimanche 20 septembre 2009 dans le Land de Vorarlberg. Parmi les quatre forces politiques présentes au sein de l’assemblée locale, seul le FPÖ tire son épingle du jeu en doublant son score en pourcentage, en voix et en sièges par rapport au précédent scrutin du 19 septembre 2004 (25,12 %, 44.562 voix et 9 sièges contre 12,94 %, 18.881 voix et 5 sièges). Associés à Vienne au sein d’un gouvernement de grande coalition, les Conservateurs de l’ÖVP et les Sociaux-Démocrates du SPÖ sont désavoués à l’échelon local. En revanche, les Verts progressent légèrement en cinq ans. Fondé le 4 avril 2005 à l’issue d’une scission au sein du FPÖ, le BZÖ ne parvient pas à réaliser une implantation électorale en dehors de la Carinthie et de sa capitale Klagenfurt.
Vorarlberg : brève présentation géographique et économique
Province la plus occidentale de l’Autriche, le Vorarlberg s’étend sur 2.601 km2 et est délimité par la Suisse (canton de Saint-Gall) au sud et à l’ouest, par la principauté de Liechtenstein à l’ouest, par l’Allemagne (Bavière) au nord et par le Tyrol à l’est. Situé à l’extrémité orientale du Lac de Constance (Bodensee), Bregenz est la capitale politique du Vorarlberg. Marquant la frontière entre la Suisse orientale et l’Autriche occidentale, le Rhin s’engouffre dans le Lac de Constance.
La vallée fluviale du Rhin est largement industrialisée et urbanisée. Composé de quatre villes (Bregenz, Lustenau, Dornbin, Feldkirch) un axe urbain quasi continu s’étend du Lac de Constance au nord-ouest vers le sud-ouest. Le Land du Vorarlberg fut progressivement industrialisé depuis le Moyen-Âge. Principalement d’origine hydraulique, la production d’électricité représente le secteur-clé et le moteur de la croissance économique du Vorarlberg. L’élevage et l’agriculture dominent l’économie alpine tandis que ce Land construit également sa prospérité sur le tourisme montagnard et culturel. Enfin, de nombreux habitants du Vorarlberg exercent une activité transfrontalière en Suisse et au Liechtenstein.

Panorama d'un idyllique paysage de montagne du Vorarlberg

Quatrième gouverneur du Vorarlberg depuis 1945, le Conservateur Herbert Sausgruber est en poste depuis le 2 avril 1997
Vorarlberg : analyse politique (1999 et 2004)
Depuis 1945, le Vorarlberg est dirigé sans discontinuité par des gouverneurs Conservateurs. Lors des élections provinciales du 25 novembre 1945, l’ÖVP avait triomphé avec 70,22 % (48.876 voix et 19 sièges) contre 27,32 % pour le SPÖ (19.016 voix et 7 sièges) tandis que les communistes (KPÖ) étaient laminés avec 2,46 % (1.710 voix et aucun siège). Actuellement, le Parlement du Vorarlberg compte 36 représentants.
Quatrième gouverneur du Vorarlberg depuis 1945, Herbert Sausgruber occupe ce poste prestigieux depuis le 2 avril 1997. Lors des élections provinciales du 19 septembre 1999, l’ÖVP avait réalisé une contreperformance (45,76 %, 87.542 voix, 18 sièges) tandis que le FPÖ réalisait le meilleur score de son histoire (27,41 %, 52.444 voix et 11 sièges).
Ce scrutin provincial est à replacer dans son contexte historique puisque lors des élections législatives du 3 octobre 1999, le FPÖ alors dirigé par Jörg Haider était arrivé en seconde position avec 26,91 % (1.244.087 voix, 52 sièges) devant les Conservateurs (26,91 %, 1.243.672 voix et 52 sièges). À l’issue d’interminables négociations entre Conservateurs et Nationaux, le premier gouvernement de Wolfgang Schüssel fut formé le 4 février 2000. Composé de 16 ministres (8 ÖVP, 8 FPÖ), le Cabinet Schüssel I dura jusqu’au 28 février 2003.
Lors des élections provinciales du 19 septembre 2004, l’ÖVP progressa nettement en recueillant 54,92 % (80.112 voix et 21 sièges) tandis que le FPÖ était relégué en troisième position (12,94 %, 18.881 voix et 5 sièges). Siégeant dans l’opposition depuis le scrutin législatif de l’automne 1999, le SPÖ arrivait en deuxième position avec 16,87 % (24.609 voix) et obtenait 6 sièges.
Là encore, le contexte politique de l’époque est essentiel pour saisir les enjeux de ce scrutin provincial. Avec 42,30 % (2.076.833 voix et 79 sièges), les Conservateurs furent paradoxalement les grands vainqueurs des élections législatives du 24 novembre 2002. En revanche, avec 10,01 % (491.328 voix et 18 sièges), le FPÖ payait au prix fort l’impopularité gouvernementale croissante. En l’espace de trois, le FPÖ perdait 34 députés et était talonné par les Verts (9,47 %, 464.980 voix et 17 sièges).
ÖVP et SPÖ : essoufflement progressif des partis du Système
Le 20 septembre 2009, l’ÖVP recueille de justesse la majorité absolue (50,79 %, 90.108 voix et 20 sièges) tandis que le FPÖ obtient le deuxième meilleur score de son histoire (25,12 %, 44.562 voix et 9 sièges). Avec 10,02 % (17.779 voix), le SPÖ est le grand perdant de ce scrutin provincial puisqu’il perd la moitié de ses élus (3 au lieu de 6 en 2004).
Afin de mieux appréhender ce scrutin local dans le Vorarlberg, il faut remonter aux dernières élections législatives anticipées du 28 septembre 2008 et européennes du 7 juin 2009. Les deux partis du Système gagnèrent par défaut tandis que la droite nationale composée du FPÖ du dynamique député de Vienne Heinz-Christian Strache1 et du BZÖ de l’ancien gouverneur de Carinthie Jörg Haider (1950-2008) fut le véritable vainqueur de ces élections nationales.
Rappelons que le SPÖ avait recueilli 29,26 % (1.430.206 voix et 57 sièges) et l’ÖVP était arrivé en deuxième position avec 25,98 % (1.269.656 voix et 51 sièges). Après d’interminables négociations entre ces deux partis du Système, un gouvernement de grande coalition composé de 18 ministres (9 SPÖ et 9 ÖVP) fut constitué le 2 décembre 2008. Le Chancelier est Werner Weymann (SPÖ) et le Vice-Chancelier Josef Pröll (ÖVP) est également titulaire du portefeuille des Finances.
Lors des élections européennes du 7 juin 2009, le SPÖ subit un très fort recul puisqu’il obtint seulement 23,74 % (680.041 voix et 4 sièges) contre 33,33 % (833.517 voix et 7 sièges) le 13 juin 2004. Conservant ses 6 sièges, l’ÖVP recueillit 29,98 % (858.921 voix) le 7 juin 2009 contre 32,70 % (817.716 voix) le 13 juin 2004.

Le dynamique député FPÖ de Vienne, Heinz-Christian Strache
FPÖ et BZÖ : situation contrastée au sein de la droite nationale
Avec 17,54 % (857.029 voix), le FPÖ arrivait en troisième position et obtenait 34 des 183 sièges du Parlement national lors des élections législatives anticipées du 28 septembre 2008. Grâce au dynamisme de son président Heinz-Christian Strache, le FPÖ devint la deuxième force politique à Vienne (20,43 %, 171.658 voix et 6 sièges). Avec 10,70 % (522.933 voix), le BZÖ arrivait en quatrième position et obtenait 21 sièges. Sans surprise, il obtint son meilleur score électoral dans son bastion de Carinthie (38,52 %, 132.711 voix, 5 sièges sur les 9 du Land).
Lors des élections européennes du 7 juin 2009, le FPÖ enregistra une progression notable par rapport au précédent scrutin de 2004. Avec 12,71 % (364.207 voix), la liste du FPÖ emmenée par l’eurodéputé sortant Andreas Mölzer obtint 2 sièges en juin 2009. Affaibli conjointement par une impopularité gouvernementale croissante et de profondes dissensions internes, le FPÖ emmené par Andreas Mölzer n’avait obtenu que 6,31 % (157.722 voix et 1 siège) le 13 juin 2004. Propriétaire de l’hebdomadaire autrichien Zur Zeit et collaborateur régulier de l’hebdomadaire allemand Junge Freiheit (national-conservateur), Andreas Mölzer fut membre en 2007 de l’éphémère eurogroupe patriotique Identité, Tradition, Souveraineté (ITS) dirigé par Bruno Gollnisch.

Après le tragique décès de Jörg Haider le 11 octobre 2008, Gerhard Dörfler lui succéda comme Gouverneur de Carinthie
Fondé le 4 avril 2005 à l’issue d’une scission au sein du FPÖ, le BZÖ d’abord dirigé par Jörg Haider (jusqu’à son décès tragique lors d’un accident de voiture dans la matinée du samedi 11 octobre 2008 dans la périphérie de Klagenfurt) n’obtint aucun eurodéputé lors des élections européennes du 7 juin 2009. Avec 4,58 % (131.261 voix), le BZÖ resta au niveau national en dessous du seuil fatidique de 5 %. Néanmoins, il recueillit 20,98 % (33.448 voix) dans son fief de Carinthie.
Le 20 septembre 2009, le BZÖ fut complètement laminé dans le Vorarlberg (1.20 % et 2.134 voix). Le vote utile fonctionna parfaitement en faveur du FPÖ emmené par le dynamique Dieter Egger. Comme on le constate concrètement, l’influence politique du BZÖ semble limitée uniquement au Land de Carinthie et à sa capitale Klagenfurt. Lors des élections provinciales du 1er mars 2009, le BZÖ emmené par le gouverneur sortant Gerhard Dörfler (successeur de Jörg Haider) avait recueilli 44,89 % (159.926 voix) et 17 sièges sur les 36 du Parlement régional. Faute d’une majorité absolue, Gerhard Dörfler gouverne le Land avec l’appui des Conservateurs de l’ÖVP.

Élu le 15 mars 2009 avec 63,99 %, Christian Scheider (g) devint officiellement le 8 avril 2009 maire (BZÖ) de Klagenfurt.
Lors du premier tour des élections municipales de Klagenfurt le 1er mars 2009, Christian Scheider (BZÖ) arriva largement en tête avec 40,66 % (20.928 voix) en devançant nettement son adversaire du SPÖ Maria-Louise Mathiaschitz (24,01 %, 13.358 voix) et en éliminant le maire sortant ÖVP Harald Scheucher (22,12 %, 11.385 voix). Lors du second tour organisé le 15 mars 2009, Christian Scheider s’imposa haut la main dans la capitale de la Carinthie avec le score magistral de 63,99 % (26.654 voix) contre 36,01 % (15.000 voix) à sa concurrente du SPÖ. Christian Scheider devint officiellement maire de Klagenfurt le 8 avril 2009.
Les Verts : influence politique très relative
Les Verts (Die Grünen) n’ont jamais participé à un gouvernement national. Lors du scrutin législatif anticipé du 28 septembre 2008, les Verts arrivèrent en cinquième position avec 10,43 % (509.936 voix et 20 sièges). Même si les Verts ont conservé leurs deux eurodéputés, ils réalisèrent un moindre score le 7 juin 2009 (9,93 % et 284.505 voix) par rapport au précédent scrutin européen du 13 juin 2004 (12,89 % et 322.429 voix). Dans le Land de Vorarlberg, leurs performances électorales apparaissent relativement régulières et peu transcendantes (1999 : 6,03 %, 11.541 voix et 2 sièges ; 2004 : 10,17 %, 14.829 voix et quatre sièges : 2009 : 10,58 %, 18.763 voix et quatre sièges).
Haute-Autriche : élections provinciales le 27 septembre 2009
Signalons que des élections provinciales se dérouleront dimanche 27 septembre dans le Land industrialisé de Haute-Autriche (Oberösterreich, capitale Linz). Lors du précédent scrutin de 2003, le FPÖ très affaibli n’avait recueillit que 8,40 % (65.643 voix et 4 sièges sur 56) et avait même été devancé par les Verts (9,06 %, 70.742 voix et 5 sièges). Le FPÖ espère améliorer son score de 2003 en Haute-Autriche tandis que le BZÖ emmené par la sœur de Jörg Haider Ursula Haubner essaiera de s’implanter localement.
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1. Dès le funeste printemps 2005, Heinz-Christian Strache et l’eurodéputé Andreas Mölzer réformèrent en profondeur le FPÖ sur les plans doctrinal et philosophique. En raison de sa nouvelle cohérence et de son intransigeance absolue face au Système, le FPÖ redevint une force politique incontournable sur la scène nationale. Le FPÖ obtient de nombreux suffrages parmi les jeunes électeurs et primo-votants (majorité électorale fixée à 16 ans en Autriche).
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Commentaires
enfin,il n’y a pas que !!! de mauvaise nouvelle en europe !!!
il faut suivre l’exemple donné,et esperont que le front va suivre…
quand je vois le cinema que fait besson et sa clique pour calais,je dit ..viiiiiiiiiiiiite le FN.
Très bon article concernant la situation en Autriche.
Cet article répond à de nombreuses questions que je me posais hier soir, après la lecture des résultats de l’élection en Autriche.
Difficile de retrouver ses petits entre le FPÖ et le BZÖ…
En revanche, quelle est la position du Front National vis à vis de ces 2 partis ? Plus proche du FPÖ que du BZÖ ? Merci
En tout cas félicitations aux Nationaux Autrichiens, eux au moins ils en ont ! Français, suivons leur exemple !
Oui il y a là une mine d’informations. A surveiller donc le scrutin en Haute-Autriche dimanche prochain…
Que la droite nationale française parvienne rapidement, désormais, à un tel score !
Cela devrait être accessible avec Marine à sa tête.


































Excellent article !
Les Nationaux Autrichiens montrent l’exemple à suivre !
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