Classique ou Moderne ?
Libre propos d’Eléonore B
Depuis vingt ans que je suis l’actualité politique, le clivage gauche/ droite m’ennuie profondément. L’artifice du 3e homme après Chevènement en 2002, Bayrou en 2007 et maintenant Strauss-Kahn pour 2012 (?) m’exaspère. D’abord par le vide répétitif de la manœuvre politique et de l’indigence des appareils politico- médiatique et surtout car il légitime a posteriori le clivage Gauche/ Droite et le bipartisme UMP et PS. Circulez y a rien à voir !
Contrairement à l’opinion de Lionel Jospin qui en 1998 affirmait qu’il ne fallait pas remettre en cause ce clivage afin que la politique ne donne pas mal à la tête et que… vive le Mondial !
12 ans plus tard et année de Mondial à nouveau et parce que j’ai envie d’avoir mal à la tête et aussi par esprit de désobéissance politique, je crois qu’il faut nuancer ce soi-disant clivage imperméable et incontournable et proposer pour l’échéance présidentielle à venir une autre grille de lecture.
De « Ni Droite Ni Gauche, Français passionnément » à « UMPS », les tentatives ne manquent pas et je n’aurais pas la prétention d’être plus imaginative ou plus convaincante.
Pour bien comprendre il nous faut remonter à la genèse historique.
Petits rappels des faits.
La dichotomie remonte à 1791 sur les bancs de la constituante au sujet du droit de véto du roi.
Qui se groupe autour du roi ? Les légitimistes qui entendent défendre le roi et la couronne et ceux que l’on appellera plus tard les orléanistes avant tout soucieux de défendre leurs privilèges et admirateurs de la monarchie parlementaire anglaise. Appellation déduite de l’attitude de Philippe- Egalité, prince d’Orléans qui vota la mort du roi. L’histoire nous apprend que ce n’était pas la première infidélité des princes à l’égard des rois : des palinodies de Gaston d’Orléans à la Conjuration des Importants à la mort de Louis XIII en passant par l’attitude de la Grande Demoiselle qui voulait en 1752 ouvrir les portes de Paris à « l’armée des princes » et plus tard Pompidou, Giscard, Chirac et… Sarkozy.
Deux droites, selon René Rémond fort opposées à l’occasion. On y reviendra.
Et sur les bancs de la gauche pourquoi s’oppose-t-on au véto ? Pour les uns parce que c’est le roi et l’idée d’une république germe dans les esprits ; les autres parce qu’il symbolise l’Etat centralisateur absolutiste arborant le style modéré, défenseurs de la décentralisation. Les premiers seront les Jacobins et les seconds les Girondins.
Le 20 Avril 1792, les Jacobins et les Légitimistes déclarent la guerre à la coalition prusso-autrichienne pour souder la Nation naissante. Chant des patriotes, le chant des marseillais de Rouget de Lisle allait connaître un grand succès. Las pour Louis XVI, Brunswick général prussien adresse un ultimatum aux parisiens le 28 juillet 1792 qui a pour effet de déchainer la foule contre le roi et conduit à son arrestation ainsi que celle de la famille royale aux Tuileries le 10 Août. Condamné à mort par une assemblée girondine et renforcée des appuis orléanistes, il sera guillotiné le 21 Janvier 1793.
Dès le départ le clivage est biaisé.
Pas convaincu ?
Mai 68 se lit comme la Révolution et la chute de la monarchie.
De Gaulle est lâché par les siens : « le vieux doit partir » dixit Albin Chalandon qui sera ministre de la Justice sous la cohabitation de Chirac (en remerciements ?) et mentor en politique de Rachida Dati. Giscard multiplie les références à la jeunesse et insiste sur un rajeunissement à la tête de l’Elysée, aimable allusion à l’âge du capitaine. Et Pompidou attend son heure avec son poulain Chirac….. En coulisses les orléanistes fourbissent leurs armes !
Les girondins, américanophiles de Cohn- Bendit en passant par l’ineffable Jean Jacques Servan- Schreiber, auteur du « Défi américain ». Tout un programme ! Livre de chevet de Giscard et d’une bonne partie de la droite progressiste- orléaniste et de la gauche moderne- girondine des années 70.
Ce sont les héritiers de La Fayette. Et à leur tour, suivront les Alain Minc, les Jacques Attali ou encore Bernard Henry Levy, auteur d’ « American Vertigo », livre à la gloire de l’Empire américain. Continuité dans la fascination du modèle anglo-saxon, américain, les « anglomanes » contemporains d’une certaine intelligentsia parisienne.
Les émeutes de Septembre 1792 se déroulèrent dans les mêmes rues que celles de Mai 68. La fuite à Varennes est un avant goût du départ à Baden-Baden !!
De Gaulle est sauvé par la CGT de Georges Séguy, la manifestation du 30 Juin des Comités de défense de la République de Pasqua et l’absurde candidature de Mitterrand. Pour un temps…
Le référendum sur la participation en Avril 1969 permettra au trio d’achever leur œuvre. Sans états d’âme en appelant à voter non. Depuis son départ de Matignon en juillet 68 et surtout l’affaire Markovic à l’automne 68, la rupture entre De Gaulle et Pompidou est consommée.
Et devient président en 69.En 74, Chirac assure l’élection de Giscard finissant d’achever les espoirs des gaullistes historiques en la personne de Chaban-Delmas, puis sera la courroie de transmission pour l’élection de Mitterrand en 81 qui reconnaissant devant tant de constance de la part des orléanistes l’aidera à son tour dans son duel avec Balladur à accéder à la magistrature suprême. Pourtant Balladur était aussi un poulain de Pompidou mais à la différence de Chirac il n’est pas à l’origine de la défaite de Giscard et surtout, faute mortelle, entre 86 et 88 alors Ministre du Budget il s’opposa au déménagement du ministère et au projet de rénovation du Louvre à savoir la Pyramide dans la cour interne pour la dame de cœur du président. Projet que valida sans réserve alors le maire de Paris, un certain Jacques Chirac !
Qui a dit que la fidélité n’est jamais récompensée en politique !
Les années 68 et 69 sont décisives pour comprendre comment la classe politique et le pseudo duel droite / gauche est en réalité un vaste enfumage du peuple qui court après le chiffon et le polichinelle du troisième homme !
La terminologie de l’échiquier politique est abusive comme s’il n’y avait d’autre choix que de rouler d’un bord à l’autre en étant les éternels dindons. Pour casser cette mécanique infernale, il faut proposer un autre référentiel qui serait d’un côté les républicains patriotes et les démocrates mondialistes.
Pour les démocrates mondialistes-Modernes : Isabeau de Bavière, Monseigneur Cauchon de Beauvais,Montesquieu, La Fayette, Le Comte de Mirabeau, Philippe Egalité, Guizot, La monarchie de Juillet, Mendes- France, Christiane Taubira, Cécile Duflot, Jacques Delors et sa fille Martine Aubry, Dominique Strauss- Kahn, Eric Besson, Jean Claude Trichet, Pascal Lamy à l’OMC, Olivier Besancenot, la Rive gauche, Saint Germain des Près, Les régions, les européistes, le communautarisme, les revendications confessionnelles, Mamz’elle Nathalie Dessay et consorts Carole Bouquet, Josiane Balasko toujours prêtes à défendre les « sans papiers » qui ne veulent plus de frontières mais qui veulent des papiers sans jamais les accueillir dans leurs coquettes maisons de campagne ou dans leur triplex parisien, les chanteurs sans voix et donneurs de leçons( Cali, Carla Bruni….), le Centre Pompidou, les colonnes de Buren, Henri Proglio et tous les « patrons- voyous » du CAC 40, Laurence Parisot, la HALDE, Sabine Hérold, Christine Angot la Marguerite Duras d’aujourd’hui, la gouvernance mondiale, le métissage- Melting-pot, la discrimination positive, l’American way of life, la fin des idéologies, le devoir de mémoire et de repentance….
Pour les républicains patriotes- Classiques : Philippe le Bel, Jeanne d’Arc, Louis XI, Jean Bodin, Richelieu, Mazarin, Jules Ferry, Jean Jaurès, Marianne, L’Europe de l’Atlantique à l’Oural, le Service Public, l’Etat fort, l’indépendance monétaire, la souveraineté de la Nation et aussi la souveraineté populaire, Bouvines, Francophonie, le 1er REP à Zeralda, La légion saute sur Kolwezy, Les Paras en 83 au Liban, Brigitte Bardot, Louis de Funès, Lino Ventura, Jean Gabin, Alain Delon, François Cluzet, les tontons flingueurs, la Horse, l’histoire qui n’est que drame et qui comme l’espérance est violente, la géostratégie et les relations internationales, Aymeric Chauprade, l’exemplarité dans l’exercice des fonctions publiques, la méritocratie, les classes moyennes, les automobilistes, les fumeurs de gauloises, les chercheurs de maladies au lieu des footballeurs Lilian Thuram et de tous ceux qui mâchent le chewing-gum ou sifflent la Marseillaise, Richard Millet, Frédéric Taddeï, Eric Zemmour, Eric Naulleau, la centralisation, la Cathédrale de Saint Quentin, le Pont du Gard, Michel Sardou dans les années 70, Le France, Le Concorde, Le Château de Versailles, Vaux le Vicomte, Hardouin- Mansart, les artistes qui ne sont jamais achetés par les FRAC….
Archaïques ! A ceux qui tenteraient de vous stigmatiser de la sorte, un rappel sur la racine du mot (archè) signifie « ce qui fonde et gouverne », point de départ indispensable à toute réflexion politique et pour l’avoir oublié le Moderne Rocard s’est vu éliminé par le Classique Mitterrand, collectionneur d’incunables sur… l’Histoire !
Eléonore B
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Commentaires
Le 3ème homme est une mise en scène organisée pour réduire le débat politique à l’UMPS. Le 3ème homme est diabolique car il exclut le FN. C’est un construction de nature à formater les esprits (l’image subliminale). Aujourd’hui ce sont les Verts, demain un autre, etc… Le débat sur LCI hier spir l’illustre
Intéressant, sauf que j’ai tiqué sur Philippe le Bel; en effet :
« A la demande de Philippe le Bel, tous les templiers de France sont arrêtés le 13 octobre 1307 à l’aube par les sénéchaux et les baillis du royaume sous des chefs d’inculpation douteux (profanation de la croix, idolâtrie d’une tête de chat, sodomie) : il s’agit d’une opération de police conduite dans le secret absolu par Guillaume de Nogaret, 1ère véritable rafle policière jamais organisée ! »
beaucoup plus simplement, le bipartisme est une ineptie ! car durant des decades, bien des gens ont votes a l encontre leurs veritables opinions ou de leurs interets, de crainte de trahir un courant de pensee, qui souvent pour ne pas dire toujours, relevait plus d a priori que d une realite objetive . ex voter a gauche parce que l on est ouvrier, ou a droite si l on est notaire.
Exellente analyse.Depuis longtemps la fracture n’est pas gauche droite mais mondialistes et antimondialistes. Le débat gauche droite n’est là que pour faire croire aux gens qu’il y a une opposition alors que ce n’est que les deux faces de la meme pièce
Désolé, les commentaires sont clos pour le moment.
















Très intéressant MERCI
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