25 mai 2014 - declaration Marine Le Pen - Europeennes 2014

Marine Le Pen : « Le Front national sera désormais la première force d’opposition dans la plupart des conseils régionaux de France »

Discours de Marine Le Pen, présidente du Front national, chef de file des listes FN-RBM en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, au soir du second tour des élections régionales. Avec quelque 6,6 millions de voix, le mouvement national dépasse le meilleur score de son histoire, quand il avait recueilli 6,4 millions de suffrages au Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen 12-13 Dimanche - NationsPresse

islamo-terrorisme / Marine Le Pen : « Les moyens qui sont mis en œuvre ne sont pas à la hauteur »

Marine Le Pen, la présidente du Front national, était l’invitée de Radio Classique et de LCI. Elle était interrogée par Gilles Leclerc sur les questions liées aux attentats du 13 novembre et leurs conséquences : insécurité, immigration, manque de moyens, nocivité de l’espace Schengen, etc. Partager la publication "islamo-terrorisme / Lire l'intégralité de l'article

Le seul vote utile c'est Marine Le Pen

Marine Le Pen réclame l’arrêt total de l’accueil des immigrés clandestins en France

Attentats, surveillance d’Internet, immigration : Marine Le Pen répond aux auditeurs du 7/9 sur France Inter. Après les attentats de Paris, la présidente du Front national réclame l’arrêt total de l’accueil des « migrants » en France. Elle était l’invitée de Patrick Cohen. Partager la publication "Marine Le Pen réclame l’arrêt total Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen - 13h TF1 - Europeennes Mai 2014

Marine Le Pen sur France 2 : « Si ce gouvernement avait le sens de l’honneur, ils auraient remis leurs démissions »

Marine Le Pen, la présidente du Front national était l’invitée hier soir sur France 2 du JT de 20 heures de David Pujadas. Elle s’est exprimée sur la situation en France après les attentats islamistes meurtriers de la soirée du 13 novembre, sur le manque de volonté du gouvernement en Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen BFM politique 241113

Marine Le Pen : « Nicolas Sarkozy n’est pas sincère et n’a pas de convictions »

Marine Le Pen, la présidente du Front national, tête de liste pour les régionales en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, députée française au Parlement européen, était l’invitée d’Yves Thréard lors du Talk Orange-Le Figaro. Il a été question du clash entre la représentante du peuple français et le vice-chancelier Hollande au Parlement de Lire l'intégralité de l'article

Le seul vote utile c'est Marine Le Pen

Marine Le Pen : « Je pense toujours à l’intérêt de mon pays, d’abord »

Marine Le Pen, présidente du Front national, était l’invitée du « Grand Jury RTL – LCI – Le Figaro ». Elle était interrogée par Elisabeth Martichoux, Christophe Jakubyszyn, Alexis Brezet sur les questions d’actualité du moment. Ont été entre autres évoquées : les « frappes » aériennes de la France en Syrie, la Lire l'intégralité de l'article

Archives catégories : Analyse

Passer d’un euro à un ‘obélix’, à un ‘franc Marine’ ou à un ‘gaulois’, vous n’y pensez pas ?

Bruno Lemaire

Billet d’humeur de Bruno Lemaire, Club Idées Nation

Passer d’un euro à un franc, quel que soit son nom, non seulement il faut y penser, mais il faut le faire.

Entre une baguette acheté un euro, ou une baguette achetée un ‘gaulois’, où est la difficulté, où est le problème ? C’est sûrement moins compliqué que de passer de 6,55 francs Pinay à un euro, non ?

Pour l’homme de la rue, et donc 95% du ‘français moyen’, pour tous ceux qui achètent en France, cela ne représentera évidemment aucune difficulté. Pour les frontaliers, on a fait cela pendant des siècles, et le moindre smartphone fera de nos jours la conversion automatique entre un ‘gaulois’, un ‘romain’ (éventuel nouveau nom d’une lire retrouvée) ou un ‘hispano’.

On nous dit que la transition prendra du temps. Si elle est préparée, que nenni mon bon monsieur, ou ma bonne dame. Quelques heures pour les comptes électroniques (97% du montant des achats est informatisé), deux jours pour tamponner tous les anciens billets en euros, pour mettre une surcharge ‘gaulois’ sur chacun d’eux, cinq semaines pour fabriquer de nouveaux billets ‘gaulois’ tout neufs.

Quitter l’euro pour aller vers une monnaie nationale n’est donc pas une question technique, mais réclame une volonté politique. Et qui peut douter de la volonté politique d’une Marine Le Pen qui veut mettre fin à 30 années de gabegie sociale et économique, dont 13 ans sous la férule du carcan de l’euro pilotée par la Banque centrale européenne et par Francfort.

N’oublions pas non plus que ceux qui clament haut et fort que la renaissance d’une monnaie nationale sont ceux qui ont conduit la France dans l’impasse actuelle. S’ils avaient un peu d’honneur et de morale, ils se tairaient, pour ne pas empêcher la renaissance de la France, qui passe par la renaissance d’une souveraineté pleine et entière, y compris dans le domaine monétaire. Que revive donc cette souveraineté monétaire, d’une monnaie tout entière au service du seul souverain, le peuple.

Quelques interrogations et propositions sur le rôle de la monnaie-argent

Bruno Lemaire

Tribune libre de Bruno Lemaire, économiste

Au moment où en Islande, en Suisse, voire au Royaume-Uni, on parle de réforme monétaire d’envergure, il est étonnant de constater l’incohérence de la plupart des économistes sur le sujet.

Pour les économistes ‘orthodoxes’ qui conseillent ou souhaitent conseiller nos dirigeants, la création de monnaie est exogène, c’est-à-dire entreprise à l’extérieur de la sphère économique, et a d’ailleurs peu d’impact, d’après leur propre théorie, sur l’économie réelle : c’est la thèse des ‘monétaristes’, en particulier celle du prix Nobel Friedman. Ce qui est étrange, c’est que d’un point de vue libéral, la monnaie devrait être endogène (elle l’est d’ailleurs pratiquement, même si c’est nié par ces mêmes économistes dits « néo-classiques », qui se cramponnent à la fausse théorie du multiplicateur monétaire). ‘Endogène’ au sens où la demande de monnaie est faite par les agents économiques, et que l’offre de monnaie est produite par les banques « de second rang », et non par la banque centrale.

Pour cette vision du monde, ultralibérale, la seule façon de réconcilier théorie et pratique, et d’avoir donc un peu de cohérence dans leurs recommandations, serait de permettre aux banques privées d’accorder autant de crédits – l’argent-dette – qu’elles le jugent profitable, et de n’avoir recours à la banque centrale que pour les échanges internationaux, en tant que super agent de change. Et si une banque privée a trop prêté, elle ferait faillite, comme toute entreprise insolvable, au lieu de compter sur la générosité de la banque centrale ou du contribuable pour la sauver. Ce n’est manifestement pas le cas, puisque la banque centrale est considérée comme le prêteur de dernier recours, ou secours, même si la nouvelle loi européenne, entrée en vigueur au 1er janvier 2016, va permettre aux banques privées de se refaire une santé sur les comptes d’épargnant dépassant un certain montant.

Une autre thèse, beaucoup moins libérale et qui n’est soutenue que par un petit nombre d’économistes hétérodoxes – au nombre desquels il faut citer le regretté Maurice Allais consiste à partir des faits. 80% de la monnaie-argent, au moins, est créée par les banques de second rang, et la banque centrale ne fait que suivre. Cette émission d’argent est trop abondante en période de boom, trop restreinte en cas de crise, et l’injection de monnaie de la banque centrale, telle que les QE (Quantitative Easing) actuels n’ont pas beaucoup d’effet bénéfique sur l’économie réelle. D’où leur rejet complet du pseudo multiplicateur monétaire, pourtant enseigné à tous les apprentis économistes et autres prétendus experts.

La seule façon pour une banque centrale d’être efficace serait d’interdire aux banques de second rang de créer de la monnaie, ce qui, dit autrement, consisterait à avoir un multiplicateur monétaire égal à 1 (au lieu qu’il varie entre 3 et 8, au gré des banques commerciales et de leurs intérêts particuliers). Le seul argent prêté à l’économie réelle, en dehors de l’épargne, proviendrait donc de la banque centrale, qui travaillerait donc uniquement pour le bien commun, et non pour des intérêts privés.

Ce serait à la représentation de la nation de décider chaque année du montant nouveau de monnaie qui pourrait être injecté dans l’économie réelle, par exemple de 2% de la monnaie actuellement disponible si l’on veut obtenir une croissance nominale de 2%.

Une telle proposition figure en filigrane dans le programme économique du Front national, même si la « monnaie pleine » suggérée par nos amis suisses n’est pas encore totalement revendiquée. Elle a en tout cas le mérite d’une grande cohérence, et elle permettrait de résoudre le problème crucial qui se présente à nous. Comment mettre fin à cette course en avant, dans laquelle il faut toujours plus de dettes pour rester sur place, voire pour reculer.

L’Europe souhaitée par le FN est une Europe de coopération entre les nations

Bruno Lemaire

Tribune libre de Bruno Lemaire, Club Idées Nation

La France est en Europe, la France a fait l’Europe, mais pas l’Europe actuelle, celle d’une Europe atlantiste, et attentiste, aux ordres des Etats-Unis et à la remorque de la puissance économique dominante, à savoir l’Allemagne.

L’Europe qu’il faudrait construire, ou reconstruire, est une Europe des nations – et des libertés – ancrée sur des nations indépendantes, souveraines, et coopérant entre elles.

Prenons maintenant l’exemple de la France, en tant que nation souveraine, indépendante, et ouverte aux coopérations avec d’autres nations.

Pour être souveraine, il faut que la France retrouve son indépendance dans les domaines monétaires, législatifs, sociaux et fiscaux. Nous en sommes bien loin.
Pour la souveraineté monétaire, le diagnostic est simple, le remède à peine moins : il faut faire renaître une monnaie nationale, un franc souverain, qui s’articulerait avec d’autres monnaies nationales grâce à un système monétaire international, proche de l’écu ancien – sans ses imperfections – ou sur un euro redevenu monnaie commune, et non monnaie unique, simple instrument de compte en fait. La France exportait avant l’euro, monnaie unique, elle exportera encore après. La « petite » différence : depuis la naissance de l’euro, nous avons accumulé, si l’on peut dire, 550 milliards de déficit commercial, qui était pourtant nul avant 2002.

Il ne s’agit donc nullement, comme nos adversaires, voire certain de nos presque électeurs, de fermer les frontières, ou de restreindre les échanges. Bien au contraire, nous sommes pour des échanges équilibrés, que ce soit pour les flux de capitaux, de biens, de services, ou de personnes. C’était l’esprit des débuts de l’ONU, c’était l’esprit de la charte de La Havane.

Bien loin de bâtir des barrages, nous sommes pour construire des écluses de régulation de ces divers flux, écluses qui, dans le secteur des échanges commerciaux, transformeront en quelque sorte notre maison France en une immense maison d’import-export.

Messieurs les entrepreneurs, messieurs les commerçants, messieurs les importateurs, vous voulez importer : parfait. Alors rapprochez-vous des exportateurs pour équilibrer toutes ces demandes, ô combien légitimes. Pour cela, en dehors de votre savoir-faire entrepreneurial, vous serez accompagnés, voire aidés, par un État stratège, qui établira un ou plusieurs marchés, de gré à gré ou plus ouverts encore, de « droits à importer ». Ces droits à importer pourront tenir compte des déficits commerciaux entre secteurs, entre pays, entre zones géographiques, mais aussi de l’empreinte environnementale et sociale des biens ou des services que l’on cherche à échanger, avec un objectif prioritaire, celui d’équilibrer les échanges.

C’est par la recherche de cet équilibre que nous pourrons réellement coopérer entre nations, que ce soit à l’intérieur d’une nouvelle Europe, l’Europe des Nations et des Libertés, ou plus largement encore, dans un monde redevenu multi-polaire pour lequel la coopération aura commencé à remplacer la compétition sauvage si chère à la mentalité anglo-saxonne.

Pourquoi le Front national inquiète -t-il tant l’oligarchie au pouvoir ?

mlp-vote Marine régionales 2015

Par Jean Goychmann

Il n’aura fallu que quelques minutes pour mettre en place une ligne de défense face à une montée sans précédent du vote des électeurs, désignant sans ambiguïté le Front national comme le premier mouvement politique de notre pays. Ce plan destiné uniquement à empêcher le FN d’accéder à une ou plusieurs régions où il se trouvait en tête a, nous dit-on, été directement orchestré depuis l’Élysée. Même si on peut comprendre l’amertume des perdants et l’ennui de voir une région gagnée par l’adversaire, cela ne justifie en rien l’importance des décisions prises. N’en doutons pas, leurs conséquences seront lourdes.

L’enjeu paraît dérisoire face au traumatisme créé auprès des militants socialistes qui ont été délibérément sacrifiés. Mais en plus, cette retraite décidée en rase-campagne fait également voler en éclat un clivage, certes maintenu artificiellement, mais fortement mobilisant, qui séparait notre pays entre la gauche et la droite. C’est plus de deux siècles de l’Histoire de France qui vont rejoindre les vieilleries de notre grenier intellectuel.

La nouvelle ligne de séparation passe désormais entre ce nouveau parti en train de se composer sous nos yeux et le Front national. L’origine historique de ce mouvement auquel personne ne consent à donner un nom, histoire de ne pas reconnaître officiellement son existence pourtant évidente, remonte dans les faits en 2005. Le 29 mai très exactement, lorsque nos compatriotes ont répondu majoritairement « non » au référendum portant sur le projet d’une constitution européenne. Ce projet, véritable acte de naissance d’une fédération européenne, ayant subi un arrêt brutal, en raison du véto opposé par le peuple français, nous a quand même été imposé par ce qu’il conviendrait d’appeler une forfaiture, sous forme d’un traité européen.

Ce traité signé à Lisbonne, n’a pu être ratifié par le Parlement français que parce qu’on avait préalablement « trituré » notre constitution afin que le Congrès réuni à Versailles puisse se prononcer, court-circuitant ainsi l’opinion publique restée majoritairement opposée.
Il fallait une majorité des deux tiers, que le clivage droite/gauche n’aurait pas permis a priori d’obtenir. A l’époque, les médias sont restés très discrets sur ce regroupement entre les députés et sénateurs des différents partis, de gouvernement comme d’opposition, qui avaient voté cette ratification.

Pourquoi choisit-on maintenant de tomber ce masque pourtant devenu translucide depuis longtemps ?
Une seule réponse : l’élection présidentielle de 2017.

Personne ne sait encore qui va la gagner, mais on peut sans trop de risques penser que Marine Le Pen sera candidate. On peut également penser qu’elle sera présente au second tour de cette élection. Continuons nos investigations : il y aura d’une façon quasi certaine un candidat de ce qu’on appelle (à tort à mon avis) la droite républicaine et un autre adoubé par les rangs socialistes. On peut penser, sans trop s’engager, que le premier sera Nicolas Sarkozy et le second François Hollande. Prenons cette hypothèse de travail. Si Marine Le Pen est présente au deuxième tour, seul un des deux lui sera opposé. Vous avez compris où je veux en venir. Pour remporter la timbale, il faut que le survivant puisse compter sur le report des voix de celui qui a disparu de la joute.

En réalité, ils ne disposent que de peu de temps pour faire passer cette pilule qui semblera amère à plus d’un. D’où l’intervention de François Hollande, secondé par son irréprochable lieutenant Manuel Valls, afin de préparer ce futur rapprochement, beaucoup plus important à leurs yeux que la désignation de telle ou telle personne à la tête d’une province quelconque dont ils n’ont pas grand’chose à faire. Car, n’en doutons pas, la seule chose qui les inquiètent réellement est le résultat de l’élection présidentielle. Et cela justifie à leurs yeux le sacrifice de quelques soldats restés fidèles et qui n’ont pourtant pas démérité. Le concept du « FN seul contre tous » révèle alors toute son étendue, dépassant très largement le cadre de l’exercice des pouvoirs locaux, par ailleurs très limités.

Alors, il reste cependant la question principale. Que feront-ils de cette nouvelle formation politique après l’élection présidentielle ? La réponse est « rien » car ils n’auront plus besoin d’elle. Et on arrive à cette nouvelle conception de la démocratie qui veut que celle-ci ne s’exprime que durant les élections, et qu’une fois le mandat reçu, il n’y a plus à consulter le peuple pour engager le pays dans telle ou telle voie. Il est probable qu’ils enterreront tout projet visant à établir un scrutin proportionnel, car les élections législatives qui suivront l’élection présidentielle seront du même tonneau et que les investitures seront distribuées en fonction de la « souplesse d’échine » et du degré d’allégeance, garantissant ainsi une grande quiétude pour le futur gouvernement.

Un tel attelage ne sera que peu manœuvrant, aussi, tous les sujets qui pourraient encore diviser seront soigneusement évités. Faute de pouvoir déterminer une politique, il n’y aura plus de politique du tout, ce qui sera plus facile. Ainsi, la voie du fédéralisme européen sera grande ouverte et notre pays se diluera progressivement dans ce vaste espace sans frontières et sans projets qu’on appelle encore l’Union européenne, faute de mieux. Ne croyez pas que je dramatise à dessein car tout semble d’ores et déjà écrit. Mais les choses ne s’arrêteront pas en si bon chemin. L’étape suivante, ou même peut-être simultanée, sera la signature du traité euro-atlantique, qui deviendra une simple formalité, faute d’opposition réelle. Nous arriverons ensuite au bout du chemin avec la mise en place d’une mondialisation probablement heureuse pour les banquiers et les financiers internationaux, mais en tous points néfaste pour les peuples. Les pays pauvres continueront ainsi à fabriquer pour le compte des pays riches des objets que leurs peuples ne pourront jamais acheter jusqu’à ce les pays riches deviennent pauvres à leur tour, en raison de la disparition de leur classe moyenne.

Voici quels sont, résumés en quelques lignes, les véritables enjeux de la période que nous traversons. Les choix que nous serons amenés à faire dans les mois qui suivent sont probablement cruciaux. Ne nous laissons pas guider dans ceux-ci par des gens dont les intérêts sont différents des nôtres et qui prétendent orienter l’avenir en extirpant des poubelles de l’histoire des épouvantails éculés afin de tenter de nous détourner de celles et ceux qui croient encore en l’avenir de notre Nation.

Toujours plus de dettes, mais pour quoi faire?

Bruno Lemaire

Billet d’humeur de Bruno Lemaire, Club Idées Nation

La mantra du gouvernement, et même de la quasi-unanimité des économistes, voire des experts de tout poil, est de dire : « vive la croissance », en l’assimilant d’ailleurs à la croissance du PIB, ce qui est plus que discutable.

Mais acceptons cela, et reparlons donc de cette croissance du PIB, jugée tellement souhaitable.

La croissance du PIB, c’est bon pour le fisc, par le biais de la TVA, puisque 1% de PIB en plus, cela fait 4 milliards de TVA. De quoi financer une demi-centrale nucléaire, ou 80.000 bombes larguées en Syrie ou en Irak.

C’est bon aussi pour les entreprises, qui se sont endettées pour augmenter, qualitativement ou quantitativement, leurs capacités de production, pour produire toujours davantage.

Faut-il encore, bien sûr, que la consommation, et donc le pouvoir d’achat des plus modestes, suive.

Avec le chômage actuel, le travail des actifs ne suffit plus, manifestement à pouvoir acheter toute la production que voudraient pouvoir écouler les entreprises, et que voudrait pouvoir taxer le fisc.

Face à cette incohérence, la seule solution, que le bon sens condamne mais que la finance encourage, est de s’endetter, de s’endetter toujours plus, avec un taux d’intérêt certes faible, mais qui n’est pas négligeable. Quant à la masse de dettes, on atteint pour la dette publique le niveau du PIB, et la dette privée est proche du double.

Cette potion magique du sur-endettement donne de moins en moins d’effet, et il faut la sur-doser de plus en plus, c’est-à-dire s’endetter toujours davantage.

Il faudra bien payer, un jour. Mais qui va le faire ? Les futures générations, les sur-endettés, les créanciers, une inflation galopante réduisant d’autant le poids des dettes ? Peut-être un peu tous.

Il sera alors grand temps de comprendre que seul le travail peut financer … le travail. Mais il sera bien tard.

Syrie – Xavier Moreau : « L’intervention russe n’est pas une guerre de religion »

Poutine terroristes

Xavier Moreau analyse l’intervention russe en Syrie, près de deux mois après le commencement des frappes de l’aviation russe contre les bandes armées jihadistes. Analyste installé en Russie depuis 14 ans, il est l’auteur de La nouvelle Grande Russie et l’un des intervenants principaux du site d’analyses politico-stratégiques stratpol.com.

Croissance du PIB : divine surprise ou résultat en trompe l’œil

Bruno Lemaire

Tribune libre de Bruno Lemaire, économiste, secrétaire général d’Idées & Nation

Croissance, vous avez dit croissance ? Qui donc peut être contre la croissance ? On ne peut que se réjouir, non ? 1,1% de croissance annoncé pour 2015, formidable !

Hé bien, au risque de passer pour un éternel critique, plus ou moins lobotomisé par une idéologie anti-socialiste, je ne peux que m’interroger sur cette croissance, ou plutôt sur trois caractéristiques de celle-ci, même si je ne mets nullement en doute les statistiques annoncées : l’INSEE ne manipule jamais les statistiques, c’est bien connu, même si sa façon de les présenter est parfois légèrement orientée.

La première caractéristique de cette croissance annoncée concerne les secteurs concernés, biens ou services, secteur primaire, secondaire, tertiaire, même si l’on pourrait analyser cette croissance autrement, en s’intéressant au PIB ‘marchand’ et au PIB ‘administré’, celui des administrations.

La deuxième interrogation porte sur la ‘destination’ de cette croissance : consommation intérieure, investissements, ou encore exportations.

La troisième question, et non des moindres, concerne le financement de cette hausse du PIB. Y a-t-il eu création ‘normale’ de pouvoir d’achat, auto-entretenue par de meilleures ventes, ou bien cette hausse du PIB s’est-elle traduite par une hausse des dettes, c’est-à-dire par un apport ‘exogène’, extérieur, endettement supplémentaire qu’il faudra bien payer un jour, non ?

Dans ce dernier cas, si la hausse du pouvoir d’achat, qu’elle s’exerce dans le secteur marchand ou dans le secteur public, est due essentiellement à des dettes supplémentaires, publiques ou privées, il y a plus de motifs de s’inquiéter que de se réjouir. C’est ce type de questions que l’on doit se poser, non ? Le PIB par « actif » est voisin de 80.000 euros. S’il faut s’endetter de plus de cette somme (certains ont parlé de 250.000 euros pour cela) pour créer un emploi non pérenne, il y a de quoi s’inquiéter.

D’où ma dernière recommandation : avant de se réjouir ou de s’inquiéter, tâchons de relier la hausse du PIB à la hausse, ou non, de la dette privée et publique, sans même parler des variations de notre solde commercial qui concernent directement notre position ‘compétitive’ dans le ‘concert des nations’.

Mineurs et crime : la juste voie

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Par Xavier Raufer, criminologue

La justice doit concentrer efforts et moyens sur les « criminels juvéniles hyperactifs »

Infortuné ministère de la Justice. De fashionista-Pompadour en pétroleuse-précieuse, il n’en finit pas de dégringoler : scandales d’incompétence, lubies idéologiques, décisions ineptes.

Pas un domaine cependant dans lequel le drame n’est aussi grave, et ses conséquences aussi sinistres, que celui de la justice des mineurs. Sur ce point, parlons ici des fondamentaux : le socle sur lequel poser tout nouvel édifice judiciaire juvénile d’une part, la perspective d’une refondation de ladite “justice des mineurs”, à l’horizon auquel toute réforme judiciaire doit se concevoir : le long terme, l’horizon 2030, d’autre part.

Le saupoudrage, voilà l’ennemi. En réinsérer (sérieusement) un, en sanctionner (vraiment) un second : deux malfaiteurs et deux seulement – mais des dizaines d’infractions épargnées à la société ; des dizaines de victimes en moins. Or on sait que ces victimes sont souvent d’autres mineurs (agressions, viols, homicides). Telle est la voie à suivre pour une nouvelle justice des mineurs. Tout l’inverse de ce que fait l’actuelle garde des Sceaux. Mais cela, inutile de le préciser.

Lire l’article en entier sur lenouveleconomiste.fr

Soit l’État laisse mourir Air France, soit il continue à subventionner la compagnie

air france avion

Analyse de la situation d’Air France par Jean Goychman

Le transport aérien est une activité qui ne permet pas de stocker la production (analogue au théâtre). Les sièges vides sont perdus pour l’éternité. Il doit fournir le même produit vendu à des prix très différents à l’intérieur du même avion. On distingue deux types de clients : ceux qui voyagent pour leurs affaires (peu sensibles au tarif) et les « motivations personnelles ». Ces derniers sont devenus les plus nombreux et ne cherchent que le tarif le plus bas.

Longtemps en situation de monopole, Air France a régné sur l’aérien français, protégée par des accords bilatéraux d’État à État, avec partage de l’offre en sièges et tarifs identiques. L’Acte unique européen de 1989 a mis un terme à ce monopole. La prééminence d’Air Inter sur le réseau domestique l’a mise à l’abri de la concurrence « low cost » étrangère, mais Air France n’a jamais cru au transport domestique ou intra européen. A l’exception de Spinetta, avec qui j’ai discuté durant des heures sur ce sujet, où il a pu vérifier par lui-même que sur les 17 millions de passagers d’Air Inter de 1990, seulement 800.000 étaient en pré ou post acheminement Air France,(dont 400.000 pour les seules Antilles), tous les autres P-DG jusqu’à ce jour n’ont cru qu’à la vertu du long courrier, le moyen-courrier n’étant considéré que comme un moyen.

Pour empêcher la naissance d’un groupe privé formé par la fusion Air Inter UTA, Air France a racheté UTA en 1990, et est donc devenue actionnaire d’Air Inter à 90% *. Ne voulant pas demander d’argent à l’État, Bernard Attali a eu recours à une « combine » qui a ruiné Air France en faisant du « lease back » sur ses propres avions. Il a reçu du cash (8 milliards) qu’il a reversé à Seydoux (proche de Mitterrand). Il a créé une banque domiciliée aux Iles Caïman qui a fait faillite en 1992 car Air France, ayant choisi des valeurs de rachats très élevée, n’a pas pu payer. J’ai rencontré Jacques Friedman en avril 93 à sa demande et il m’a dit que l’Etat ne pouvait rien faire. A cette date, Air France était en faillite virtuelle. En octobre 93, grève qualifiée d’insurrectionnelle par Pasqua, Sarkozy convainc Balladur de virer Attali et de mettre Christian Blanc à sa place. (propos rapportés par Friedman, présent dans le bureau de Balladur) Blanc accepte et réclame 20 milliards qui lui sont donnés, après une courte bataille avec la Commission européenne.

Euro et 35 heures, deux énormes erreurs, qui demandent un traitement différent

Bruno Lemaire

Par Bruno Lemaire, club Idées Nation

On parle parfois, dans le langage de l’entreprise, de « sunk costs », pour qualifier des erreurs de gestion qui ont conduit à des coûts inutiles, mais sur lesquels on ne peut revenir.

Certains, comme Henry Guaino, ont d’ailleurs qualifié ainsi l’euro. Il n’aurait pas fallu instaurer l’euro, monnaie unique, mais maintenant que le mal est fait, il ne faudrait pas revenir dessus, et donc essayer de vivre avec le moins mal possible.
Ce n’est pas notre avis, nous l’avons déjà dit, et le coût de transformer l’euro, monnaie unique, en monnaie commune, tout en ressuscitant des monnaies nationales, serait nettement moins important que de continuer à tenter de véhiculer cette chape de plomb, qui conduit à cette eurostérité dénoncée fort justement par Marine Le Pen et le Front national.

Il en va cependant tout autrement pour les 35 heures. Ce fut une erreur de l’instaurer, surtout de façon uniforme, comme si les entreprises de service devaient être traitées comme des entreprises industrielles, ou comme si on pouvait ‘quantifier’ de la même façon chaque métier, chaque travail.

Cela étant, la mise en place, cahin-caha, de cette législation a tellement bouleversé la vie et l’organisation des entreprises et des administrations, en raccourcissant de près de 20% la durée annuelle du travail qu’il nous apparait impossible de revenir en arrière, surtout de façon uniforme. L’erreur a été faite, mais tenter de la corriger par une loi ramenant la durée hebdomadaire ‘normale’ du travail à 39 h conduirait sans doute à plus de dégâts encore.

La seule solution raisonnable, si l’on peut parler ainsi, serait de déverrouiller les heures supplémentaires, en les payant un juste prix, et peut être aussi en permettant à certains secteurs économiques de pouvoir disposer d’un volant, mensuel ou annuel, d’heures supplémentaires (payées comme telles). Ce n’est qu’un pis-aller, certes, mais dans certains cas il est impossible de revenir réellement en arrière. C’est possible et nécessaire pour l’euro, ce n’est pas possible pour les 35 heures.

Embuscade au couteau au centre-ville de Toulouse : quatre militaires blessés

Police 2

Les faits se sont déroulés dans la nuit de lundi à mardi, rue Pargaminières…

Ils étaient en permission, et leur soirée s’est très mal terminée. Deux soldats ont reçu des coups de couteau lundi soir à 23 heures rue Pargaminières, en plein centre-ville de Toulouse. De source policière, les militaires souffrent de blessures légères.

Deux hommes interpellés

Deux jeunes hommes, âgés de 23 ans, ont été interpellés. Leur garde à vue a été prolongée mardi soir. L’enquête devra déterminer les circonstances de cette rixe, qui aurait démarré par une altercation dans un kebab.

Toulouse : nouvelle agression au couteau en plein centre-ville

Les agressions au couteau ne sont pas rares dans le centre de la Ville rose. Voici un mois, le 21 août, un trentenaire avait été pris à partie par quatre autres personnes et poignardé dans cette même rue Pargaminières, à deux pas de la place Saint-Pierre, célèbre pour ses soirées étudiantes arrosées. Il avait été hospitalisé dans un état préoccupant, mais sans que ses jours ne soient en danger.

[voir correctif, ci-dessous – note NationsPresse]

Source
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Analyse, rectifications et propositions suite à l’attaque de militaires à Toulouse lundi 21 septembre 2015

Les faits du côté de la presse, tiré du 20 Minutes Toulouse qui a fait part de l’information. D’après la recherche Google, La Dépêche et France 3 locale en ont parlés avec le journal ActuToulouse.
Rubrique faits divers, 2 paragraphes 6 phrases, puis 1 paragraphe et 3 phrases qui évoquent un autre fait divers vieux de trois mois avec des étudiants.
En résumé l’article mentionne deux soldats en permission qui ont reçus des coups de couteau. Les blessures seraient légères. Deux jeunes hommes de 23 ans interpellés. Puis la phrase qui laisse supposer que les causes sont douteuses (sous-entendu peut-être de la provocation des militaires) : « L’enquête devra déterminer les circonstances de cette rixe qui… »

Immigration : passées les bornes, il n’y a plus de limites…

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Libres propos de Jean Goychman

La France a toujours été une terre d’immigration. Beaucoup de raisons sont à l’origine de ce phénomène. La position géographique de notre pays, sorte de carrefour du Sud-Ouest de l’Europe en est une, mais elle n’est pas la seule. Sa situation à l’ouest du continent européen, dernier rivage avant le nouveau monde, y a également contribué. Enfin, une tradition, relativement récente à l’échelle de l’histoire humaine, mais souvent prise en référence, permet de justifier le nom de « terre d’asile » employé par ceux qui veulent accréditer l’idée que nous avons vocation à accueillir tous ceux qui veulent venir.

Il est vrai que, basée sur un héritage judéo-chrétien qui engage l’individu à la charité vers son prochain, l’attitude de la France vis-à-vis d’une immigration pacifique de personnes persécutées ou déshéritées a toujours été plutôt bienveillante. Cependant, ce n’est que vers 1850 que la France fait appel à l’immigration pour des besoins démographiques. Alors que la population en Europe a quasiment triplé, celle de la France n’augmente plus. Certains historiens y voient la conséquence des guerres napoléoniennes. Peut-être. En tous cas, notre pays manque de bras pour son agriculture comme pour son industrie en plein développement.
Les pays voisins et proches seront naturellement les principaux fournisseurs de main d’œuvre, et ces mouvements de population continueront jusqu’au début du XXe siècle.

Quand j’entends le mot référendum, je sors mon révolver !

grece-europe

Libres propos de Jean Goychman

Les dirigeants de la troïka1 viennent de faire une découverte. Il existe des peuples européens. Et même qu’un de leurs élus va pousser l’outrecuidance jusqu’à leur demander leur avis. Mais où allons-nous ? Pensez-donc, demander son avis au peuple, ramassis de petites gens, de braillards avinés d’une inculture notoire. Que peuvent-ils bien comprendre aux choses de notre monde ?

On pensait qu’au fil du temps, ils avaient fini par comprendre qu’ils ne comptaient plus, si ce n’est que pour payer les impôts. Certes, de temps à autre, il y avait bien des élections, vestiges d’un passé révolu destiné uniquement à entretenir l’illusion d’une démocratie. Mais comme les futurs élus avaient déjà été adoubés par le système, on ne risquait pas grand’chose. Et la fête pouvait continuer.

Certains s’étaient même aventurés dans la théorisation du processus, pour démontrer que cela n’avait rien de fortuit car il fallait rentrer maintenant dans ce que certains appelaient déjà l’ère « post-démocratique » Dès 1974, Zbigniew Brzezinski, un des piliers de la jeune organisation nommée « Commission Trilatérale » lance un rapport sur la démocratie, dont les conclusions créeront une véritable « onde de choc » planétaire. Samuel Huntington écrit que « trop de démocratie tue la démocratie » et, s’appuyant sur les propos de John Adams, conclut par : « la démocratie ne dure jamais longtemps, elle dépérit, fuit et se tue elle-même »

Plus récemment, en 2008, lors de la réunion du 32ème sommet régional de la même Commission Trilatérale, (régional voulant dire « dédié à l’Europe »), Elizabeth Guigou, ancienne ministre des Affaires européennes, préside une session au titre très évocateur : « Sauvons l’Europe de la tyrannie des référendums2 » Le référendum est donc tyrannique. Voilà une interprétation pour le moins curieuse de la parole du peuple. Comment la souveraineté populaire peut-elle alors s’exercer ? Ou alors, n’est-elle plus qu’un vain mot destiné à prolonger auprès des « gogos » l’illusion de la démocratie ?

Europe contre Europe, ou la trahison de l’Europe par elle-même, et surtout par ses élites !

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par Bruno et Jean-Philippe Lemaire, Club Idées Nation

La construction européenne était une belle idée. Elle reste aussi une idée d’actualité, mais pas sous la forme que nous connaissons aujourd’hui : l’Union européenne n’est plus, du fait de l’action des puissances financières, que la base avancée d’un libéralisme débridé.

Oui, le marché commun initial, qui rapprochait deux entités, Allemagne et Bénélux (Belgique, Hollande, Luxembourg) d’un côté, Italie et France de l’autre, avec des traditions différentes, l’une « nordique » l’autre « latine » était une bonne idée. Une libéralisation interne des échanges entre pays comparables, et une protection extérieure avait du sens, avait un sens. La création d’une monnaie commune concourrait au projet.

Mais cette Europe là, en s’ouvrant inconsidérément, n’a pas respecté son cahier des charges, et son projet initial : permettre à ses populations de mieux vivre ensemble, tout en permettant à ses diverses régions d’entamer une véritable convergence sociale, fiscale, économique.

Face à cette Europe homogénéisable, sinon homogène, le grand large de la finance a voulu surimposer un élargissement suicidaire, au moins pour les nations qui composaient ce noyau.

L’équilibre recherché, tant au niveau des échanges de capitaux, de biens, de services et… de personnes s’est trouvé rompu, et a fait régresser de plusieurs décennies l’idée même d’une Europe stable et forte. La mondialisation financière, hors sol, veut nous imposer une Europe fédérale qui ne profitera, en externe, qu’aux USA, et en interne, aux puissants et à un ou deux pays à la population vieillissante renouvelant ses forces vives grâce à une immigration mi-subie, mi-choisie. La France, dont l’outil industriel tombe progressivement en ruines, ne serait plus qu’une destination touristique.

Face à ce mondialisme ultra-libéral qu’on veut nous imposer, notre seule chance de survie dans la dignité et la concorde est de repenser entièrement cette Europe, et d’en faire une Europe des Nations. Dans cette confédération d’Etats souverains, coopération éclairée et équilibrée remplacera heureusement domination des marchés financiers et austérité pour les plus faibles et fragiles d’entre nous.

La première étape, indispensable, est donc de briser les carcans dans lesquels nous enferme l’Union européenne, en l’absence d’ailleurs de toute légitimité démocratique. Retrouvant notre souveraineté, dont bien entendu la composante monétaire, nous pourrons jeter, par des accords multilatéraux, les bases d’une Europe prospère et enracinée et redonner au peuple de France des raisons d’espérer.

Êtes-vous plutôt offre ou plutôt demande, plutôt fourmi ou plutôt cigale, ou les mirages du PIB

Bruno Lemaire

Par Bruno Lemaire, secrétaire général du Club Idées Nation

Comme nul ne l’ignore, la comptabilité nationale a inventé une curieuse expression pour tenter de traduire ce qui devrait intéresser tout un chacun, à savoir les richesses dont on dispose pour les utiliser, que ces richesses prennent la forme de biens ou de services. Cette expression curieuse, c’est le PIB, ou encore le produit intérieur brut.

Du point de vue concret, ou tangible, ce PIB se veut représenter ce que l’on peut consommer, ce qui serait donc à la disposition de tout un chacun – si, bien sûr les ressources monétaires correspondantes sont disponibles. On parlera volontiers de PIB en volume, pour dire que nous avons à notre disposition des carottes, des voitures, des heures de consultation médicale, ou encore des forfaits téléphoniques. Si nous étions en économie fermée, nous dirions que ces produits et services correspondent à l’offre locale, aux fourmis qui sont censées avoir « apporté sur le marché » tous ces produits et services.

Si nous regardons maintenant le côté cigale, c’est-à-dire le côté « dépenses », il faut évidemment que, en face des fourmis, il y ait des cigales « consommatrices », le côté « demande ». Même si la loi de Say semble dire que, sur le plan théorique, les dépenses des cigales sont nécessairement égales aux productions des fourmis, il n’en va pas de même dans la vie réelle, ce qui se traduit notamment par des stocks d’invendus ou par des soldes plus ou moins importantes, lorsque les cigales, que nous sommes tous plus ou moins, trouvent que ce qu’on leur propose dépasse leurs moyens financiers, leur pouvoir d’achat. Il reste toujours aussi la ressource, pour les fourmis besogneuses, de tenter d’écouler leurs produits en « offrant » aux cigales des crédits tentateurs, qu’il faudra bien, hélas, rembourser un jour, ce qui ne fait que repousser le problème. Mais, comme l’a rappelé Keynes, « à long terme nous serons tous morts ».

En économie ouverte, nous disposons, pour satisfaire nos besoins de cigales, de tous les produits et services importés. Dans ce cas, hélas, en plus des revenus censés engendrés au cours de la phase « production » il va bien nous falloir d’autres ressources, pour payer des produits que nous n’avons pas fabriqués. Ici, même la loi de Say ne peut rien pour nous. Il faut trouver d’autres ressources financières.

Ces ressources financières ne peuvent venir que de deux sources : la vente à l’étranger de produits et de services fabriqués ou produits localement, ce seront les exportations, ou un financement qui nous serait aimablement accordé par un système financier, que ce système soit ou non directement lié aux importateurs.
Depuis 2003, le PIB de la France est tel que soit notre soif de consommation (notre demande) soit notre puissance de fabrication locale (notre offre) se sont révélées incapables d’être en équilibre, d’où des déficits de notre balance commerciale (la différence entre importations et exportations) récurrents, oscillant entre 40 et 70 milliards d’euros, c’est-à-dire entre 2 et 3,5% de notre « PIB », quelle que soit la validité de ce dernier indicateur.

Ce déficit commercial permanent, financé par des dettes qui s’accumulent auprès de créanciers, intérieurs ou extérieurs, il faudra bien finir par le rembourser, non ? Et, avant même de ce faire, il faudra aussi le résorber, ce qui ne peut se faire qu’avec une politique énergique de ré-industrialisation de la France et de rééquilibrage des échanges, ce qu’au Front national nous appelons protectionnisme intelligent ou raisonné. Que la France soit plutôt cigale ou plutôt fourmi, il faudra de toutes façons reprendre notre avenir en main, retrouver notre souveraineté bien effilochée depuis des décennies.