La grande alternance de 2012 se construit en 2011

Marine Le Pen fond bleuDiscours de Marine Le Pen, vice-présidente du Front National, à Paris le 14 novembre 2010

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Permettez-moi de vous dire combien je suis heureuse d’être parmi vous cet après-midi et combien je remercie les organisateurs de cette journée, Marie-Christine Arnautu, Annie Philippon et toute leur équipe.
Permettez-moi également de vous exprimer ma gratitude pour votre présence nombreuse, très nombreuse même et amicale. Elle témoigne de l’importance que vous portez, à juste titre je crois, au devenir de notre famille politique et au fonctionnement de ses instances.

Le président du FN sera le présidentiable du FN
Chacun de vous est conscient que le choix du Congrès de janvier 2011 ne déterminera pas seulement la désignation du Président du mouvement mais que cette décision interne aura une résonance au cœur même du système politique tout entier : en désignant le Président du Front National, vous désignerez le présidentiable du Front National ! La logique des institutions comme l’expérience des présidentielles passées nous enseignent, en effet, qu’on ne peut pas, sans courir à l’échec, dissocier la présidence d’un mouvement et la candidature à la présidence de la République. Ségolène en a été une royale et douce illustration. Balladur en a fourni une pathétique et risible démonstration. Très clairement donc, j’ai entendu hier, Bruno Gollnisch, exprimer une opinion similaire (comment en serait-il autrement d’un professeur de droit qui connait parfaitement nos institutions) le vote du Congrès aura un double effet.

Pas d’autre choix que de gagner
Au moment où notre pays glisse sur la pente de l’abîme, où notre modèle de société est soumis au reformatage forcé mondialiste et communautariste, au moment où un méticuleux -et ne nous y trompons pas, un irréversible- travail de remplacement de la population est en cours, il n’est plus temps de témoigner. Pour nos enfants pour lesquels se prépare potentiellement un avenir inquiétant, dominé vraisemblablement par une violence terrifiante, pour notre cher pays en voie de submersion et de dilution, pour notre civilisation qui vacille, nous n’avons pas d’autre choix que de gagner.
Mes chers amis, nous, militants nationaux, qui sommes les gardiens éclairés de l’esprit national et de l’intérêt de notre peuple, nous devons déterminer nos choix guidés par l’impératif de la victoire.
Dans la vie des organisations politiques et donc dans le choix des militants, il est des moments où seul doit entrer en ligne de compte le principe de réalisme qui est inhérent à l’esprit de victoire.

Avec la modestie de la simple militante qui est au service d’une cause depuis 24 ans et qui ne nourrit d’ambitions que pour son pays, je le confesse, je crois être la mieux placée pour réaliser le meilleur score à la présidentielle avec peut-être une chance de l’emporter.
Dans l’histoire des pays et des peuples, il s’est trouvé des moments où une génération a porté la responsabilité de la survie du groupe, de sa continuité en tant qu’entité humaine consciente. Notre génération et plus particulièrement notre organisation militante portent à l’égard de la France et du peuple français cette responsabilité.
Sur l’île autrefois paradisiaque d’Hispaniola qu’on appelle aujourd’hui la République Dominicaine et Haïti, vivaient avant l’invasion européenne les « Taïnos ». Peuple doux, accueillant et riche dont Christophe Colomb parlait en des termes affectueusement rassurants :
 » Ce sont des gens d’amour et ils ne sont pas envieux et ils sont serviables pour toute chose, et je certifie à vos Altesses que dans le monde, je crois qu’il n’y a ni meilleure personne ni meilleure terre ; ils aiment leur prochain comme eux-mêmes; et ils ont un parler le plus doux et le plus calme du monde, et sont toujours souriants. Mais, vos Altesses peuvent le croire, entre eux ils ont de bonnes moeurs et il règne une si merveilleuse ambiance que c’est un plaisir de voir tout cela réuni… « .
Ils étaient plusieurs centaines de milliers en 1492. 10 ans plus tard, il n’en restait que dix mille. Submergés, vaincus, battus, violés, humiliés, les derniers Taïnos eurent recours à des suicides collectifs par pendaison ou en se jetant dans le vide pour échapper à l’esclavage. Avec un cynisme horrifiant, les commerçants européens, entamèrent sans scrupules leur remplacement par des esclaves venus d’Afrique dans un odieux commerce appelé pudiquement « trafic du bois d’ébène ». Cette histoire pourrait nous inspirer des réflexions assez actuelles.
Et si j’ai déjà entendu Jean-Marie Le Pen dire qu’il était Sitting Bull, le dernier chef indien, je ne me souviens pas avoir entendu M. Chirac, prétendument spécialiste des peuples premiers, évoquer ces horreurs génocidaires, l’effroyable calvaire de ces gens, leur sacrifice sur l’autel du mercantilisme qui préfiguraient l’idéologie mondialiste d’aujourd’hui. Je n’ai pas souvenir non plus que ce pauvre Chirac ait été capable de tirer de ces épouvantables tragédies un quelconque enseignement politique pour son pays. Je n’ai pas souvenir que les zélateurs de l’immigration-invasion et les promoteurs du libre échange débridé aient fait le parallèle entre les trafiquants de main-d’œuvre d’hier et d’aujourd’hui, entre l’esprit commercialiste du XVIe siècle et le mondialisme du XXIe.
Au fil de ces dernières années, le mondialisme, idéologie de destruction massive des peuples, a recouvert l’Europe du manteau sombre ou pour l’instant en peau de léopard, de cités sans âmes, de zones de non droit et de friches industrielles.

Le libre échange érigé en véritable dogme religieux doit s’imposer partout. A ce dogme, les prêcheurs de la mondialisation « heureuse » ont accepté de sacrifier nos emplois, notre niveau de vie, notre modèle social, notre souveraineté, nos libertés.
Il y a vingt ans, le Front National collait sur les murs de France une affiche qui tentait de décrire la mondialisation et alertait les Français de ce qui les attendait : Rappelez-vous, elle prévenait : « mondialisation : les immigrés entrent les emplois sortent ! ». Nous avions raison malgré les sarcasmes des idiots du village mondial.
La crise d’octobre 2008, qui fut pudiquement présentée comme celle des « subprimes » et des liquidités fut en réalité celle de l’avidité (des financiers), celle de l’irresponsabilité (de nos dirigeants). Les convulsions qu’elle entraîna au niveau mondial et les conséquences qui en résultèrent pour notre économie réelle constituèrent en même temps qu’un coûteux avertissement, une condamnation sans appel du paradigme mondialiste.
Cette crise a eu quelque chose de bon. Comme le 11 septembre pour l’islamisme, la chute de l’édifice Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, a été pour le mondialisme un révélateur brutal. Aujourd’hui, chacun est conscient que la mutation fondamentale que les mondialistes veulent nous imposer agit directement et concrètement sur nos vies.
Comme en son temps le communisme, le mondialisme est une utopie qui fonctionne comme un totalitarisme, un totalitarisme qui nie l’homme, méprise les peuples, et tourne le dos à la morale la plus élémentaire.
On s’en rend mieux compte aujourd’hui, le libre échange que nous dénonçons est une entreprise d’asservissement des masses qui progresse inexorablement derrière l’enfumage sémantique de la liberté.

Nous ne répèterons jamais assez :
- La libre circulation des personnes, c’est l’immigration – La libre circulation des cerveaux, c’est l’émigration – La libre circulation des capitaux, c’est la spéculation – La libre circulation des marchandises, c’est la désindustrialisation
En clair, le système libre échangiste induit notre liquidation. Et face à cette entreprise, il n’y a que les nationaux puisque ceux qui se dénomment eux-mêmes les « altermondialistes » ont accepté le postulat d’une société mondialisée.
Comme humain, nous devons dire et répéter que ce projet qui consiste à vouloir étendre la boulimie de consommation et de gaspillage à 7 milliards d’hommes, est une folie pour la planète.

Comme Européens, nous devons dire et répéter que ce projet qui consiste à mutualiser nos richesses est un jeu de dupes car alors même que nous jouons les bon élèves de la classe mondiale, les autres peuples ne perdent jamais de vue, et c’est légitime, leur intérêt national.
Ce n’est même plus nous qui en faisons le constat, mais certains piliers du Système, ceux-là même qui, il y a encore quelques mois tentaient de nous faire croire aux mirages du libre échange, aux bénéfices mirobolants de la mondialisation. De grands patrons commencent à oser exprimer ouvertement la certitude d’être eux-mêmes broyés par les mécanismes infernaux qu’ils ont présomptueusement appelés de leurs vœux.
Dans une interview accordée la semaine dernière au magazine très bourgeois « Challenges » et passée quasiment inaperçue, Martin Bouygues s’est inquiété du jeu de dupes de la mondialisation :
« Je fréquente la Chine depuis plus de trente ans et je peux vous dire que le marché chinois du BTP, hormis Hongkong, est inaccessible aux entreprises non chinoises. Les Chinois s’appuient sur un énorme marché intérieur, une devise sous-évaluée et de faibles coûts salariaux pour gagner des marchés.
De plus, ils ont un gouvernement et des fonctionnaires qui font bloc pour distribuer des subsides et aider leurs entreprises à conquérir des marchés, ce qui n’est pas vraiment le cas en Europe. Il y a distorsion de concurrence quand on les voit arriver sur des appels d’offres internationaux avec des prix inférieurs de 20 % aux nôtres. L’Europe, dans ce domaine, fait preuve de naïveté. Bruxelles doit donc modifier ses relations avec la Chine, sinon cette distorsion de concurrence va intensifier la machine à détruire massivement des emplois……. Il faut faire vite. Le phénomène atteint une vitesse et une ampleur considérables. La Chine développe à présent des produits à forte valeur ajoutée et l’Europe se fait distancer. Prenons l’exemple de la téléphonie mobile : il y a trente ans, l’Europe imposait au monde la norme GSM. Aujourd’hui, c’est un Chinois, Huawei, qui est devenu leader de l’équipement avec 60 000 ingénieurs en R&D » (Recherche et développement).
Cette prise de conscience est pour nous une évidence depuis 20 ans. Réjouissons-nous qu’elle ait fait son chemin et qu’elle annonce une réhabilitation de nos solutions. Bien sûr, le système ne nous fera pas le cadeau de nous en donner acte. On parlera de « régulations techniques » pour éviter, par ces astuces sémantiques, de prononcer le mot tabou que nous sommes les seuls à oser assumer dans l’incompréhension des esprits superficiels et le sarcasme des sots : le mot de « protectionnisme ».
Oui je crois que nous allons vers la réhabilitation du protectionnisme.

Entendons-nous bien. Ne laissez pas manipuler les mots que certains voudraient retourner contre nous comme on retourne une arme. Le protectionnisme n’est pas l’autarcie !
Si on imagine que l’économie est un fleuve impétueux, le libre échangisme est de laisser dévaler le torrent, l’autarcie est de dresser un barrage, le protectionnisme est d’installer une écluse. Notre position n’est pas extrême comme voudraient le faire croire nos adversaires, mais médiane.

Sur un autre terrain, le terrain monétaire, la Réserve fédérale américaine a décidé de déchainer la planche à billets et pour reprendre l’expression d’un dirigeant brésilien de « jeter des dollars par hélicoptères. » Cette stratégie monétaire des Etats-Unis qui vise à faire baisser le billet vert pour favoriser les exportations USA rejoint la stratégie monétaire chinoise de maintenir le yuan à un niveau artificiellement faible pour continuer à submerger le monde de ses produits. Dans cette « guerre des monnaies » qui sera dévastatrice, la France arrimée à l’euro fort ne peut plus être que spectatrice d’un désastre financier qui sera ensuite économique. Si nous ne faisons rien, ce qui reste de nos moyens de production sera laminé.
Quelles que soient les gesticulations médiatiques du G20, les premiers morts de cette guerre des monnaies seront les pays en voie de sous-développement de la zone euro, au premier rang desquels la France.
Parce que l’homme est un être de raison, aucun esprit sensé ne peut croire que des peuples renoncent non pas seulement à la puissance mais également à l’existence. C’est pourtant ce projet que nos dirigeants organisent, sûrs de pouvoir se sauver eux-mêmes et d’accéder avec leur famille à l’hyperclasse mondiale.
De moins en moins de gens sont dupes de la consanguinité et de la connivence des élites financières, politiques, médiatiques ou syndicales.
Sans en faire toujours l’analyse, nos compatriotes ressentent un malaise indéfinissable qui les fait osciller entre révolte et résignation. Ne nous trompons pas, les manifestations contre la réforme des retraites qui ont mobilisé physiquement trois millions de manifestants et reçu l’assentiment de 70 % des Français, n’a pas été seulement une contestation comme les autres. A l’évidence, ce mouvement profond, expression évidente d’un rejet de la présidence bling-bling, s’interprète fondamentalement comme une contestation de la mondialisation ; elle est l’expression d’une opposition à la régression sociale, que dis-je, à la régression, à l’effondrement de notre système social, qu’elle engendre.
Derrière les critiques d’une réforme de retraites injuste et inefficace proposée par un gouvernement discrédité par ses liens avec les milieux d’argent, ces manifestations ont regroupé les « laissés-pour-compte » de la mondialisation, ceux qui sans bien le savoir ne veulent pas laisser le milliardaire américain Warren Buffet, l’une des premières fortunes du monde avoir raison :

Celui-ci déclarait :
« Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. »
Bien sûr les gardes roses comme les gardes rouges du système, les dirigeants du parti socialiste comme les dirigeants des syndicats nationaux, les mêmes qui ont accompagné les réformes de l’euromondialisation, ont pris soin, contre leurs propres troupes, de canaliser puis d’éteindre la contestation. Pour autant ces manœuvres du Système n’ont rien réglé et la révolte populaire que j’espère électorale dans un futur proche, aura bien d’autres occasions pour se réveiller.
Vous l’avez compris, face à cette situation extraordinaire, mon projet n’est pas de rassembler notre famille politique, ou plutôt n’est pas de rassembler seulement notre famille politique. Il est de faire du Front National le pôle de rassemblement du Peuple français tout entier.
Je crois que si le Front National devait, à l’occasion de ce Congrès, ne se fixer pour ambition que d’être le regroupement de notre famille politique, il passerait à côté de l’histoire.
Alors que tout s’effondre, que les faits viennent nous donner raison, que nos adversaires commencent à se ranger à nos analyses, que le peuple se lève contre la dictature silencieuse du mondialisme, l’ambition d’être un club de rencontres de la tendance nationale est surprenante. Mes amis, si notre esprit de conquête ne devait se limiter qu’à rallier les 0,2 % de voix de Christine Boutin ou quelques bras cassés de nos milieux, cette ambition ne serait pas à l’échelle de la tâche que le destin nous assigne collectivement.
La vocation d’une entreprise politique n’est pas d’être touchante et sympathique mais réaliste et efficace.
De surcroît, nous ferions là un cadeau inespéré à nos adversaires qui nous verraient miraculeusement déserter leur terrain de jeu, un cadeau en forme d’échappatoire pour le système, un cadeau dont le prix final serait la stagnation puis la disparition politique de notre courant de pensée.
Ce n’est pas, vous l’avez compris, ce que je vous propose. D’abord parce que je n’ai pas l’habitude de faire des cadeaux à mes adversaires politiques (ce n’est pas le genre de la maison Le Pen), ensuite et surtout parce qu’au moment où l‘histoire offre la chance historique d’une victoire politique et électorale, notre devoir nous impose de conduire les militants nationaux sur une voie plus large, plus ambitieuse, plus difficile mais aussi plus courageuse. En clair, mes amis, je ne vous propose pas d’errer dans la plaine sans autre but que l’entre soi, de nous balader dans une ambiance sympathiquement paroissiale mais de viser le sommet et, forts d’une organisation et d’une camaraderie sans faille, de monter à l’assaut avec la détermination d’enlever la position.

La pensée politique tend à l’action, pas seulement à la conservation et, intuitivement, il faut l’avouer, je me reconnais davantage en Bonaparte qu’en Paul Deschanel.
Parce qu’il ne suffit pas au chef de désigner l’objectif mais qu’il lui faut également montrer la route, permettez-moi d’évoquer très directement la question des alliances qui agite les commentateurs ou les « ramasse-miettes » du système UMPS comme Vanneste.
Je sais que les exemples européens comme la berlusconisation du régime sarkozyste sont une irrémédiable source d’inspiration pour les politologues ou les auteurs de scénarios de politique fiction.
Que les choses soient claires, je n’entends pas faire alliance avec l’UMP.
Il ne s’agit pas là d’une posture qu’inspireraient un quelconque esprit de revanche, une volonté d’indépendance mal placée ou un manque de réalisme politique.
Comme l’avait affirmé non sans humour Philippe Séguin, « l’UMP et le PS sont les détaillants du même grossiste qui s’appelle l’Union Européenne ».
Très clairement, la lettre de mission que le gouverneur de la France Nicolas Sarkozy a reçu des instances européistes et mondiales est d’adapter la France à la mondialisation, de faire de notre pays le bon élève de cette utopie mortelle.
Depuis son élection, le « président de la rupture avec la France » a tout mis en œuvre pour respecter cette feuille de route : avec lui l’immigration et les naturalisations n’ont jamais atteint de tels records, à tel point que son ministre socialo-sarkozyste Eric Besson peut se vanter d’avoir fait de la France le pays le « plus accueillant » ; la France se plie à toutes les injonctions de Bruxelles, que ce soit sur l’accueil irresponsable de populations nomades d’Europe de l’Est, que sur l’abandon de notre souveraineté territoriale avec l’instauration de la détestable « Carte bleue » ; carte bleue qui permettra demain l’importation massive de travailleurs à haute qualification contre notre gré ; nos services publics comme nos systèmes sociaux sont soigneusement démontés pour être un à un privatisés (le très prochain débat sur la Sécurité sociale nous en fournira une illustration avec les tranferts de remboursement de dépenses maladie sur les mutuelles privées) ; progressivement et subrepticement, notre droit social est passé au pilon devant des salariés impuissants; nos institutions sont dévoyées et mises au service d’intérêts privés qui pillent le pays, s’accaparent les biens nationaux avec des ventes crapuleuses entre amis ; l’Etat qui est normalement le garant de l’unité nationale et de la paix civile se délite ; la sécurité des Français est de moins en moins assurée par un Etat impotent qui ne sait qu’acheter la paix civile ; face à la délinquance, le pouvoir n’est inébranlable que dans sa détermination à céder ; les principes fondateurs de notre République sont battus en brèche et le communautarisme n’est pas simplement toléré mais installé, encouragé et même financé ; en matière de politique « européenne » (entre guillemets), la Turquie continue imperturbablement son chemin vers l’intégration dans l’UE :

Sarkozy continue de lui verser en notre nom des centaines de millions sortis de nos poches pour l’y préparer; en matière de défense, on a vu cette semaine que, dans le prolongement de notre asservissement militaire à l’Otan, notre technique nucléaire, qui relève par essence de notre souveraineté exclusive, va être placée sous cogestion scientifique et demain sous tutelle anglo-saxonne.
On le voit, quel que soit le secteur ou le sujet, les orientations du Sarkozysme tournent invariablement le dos à ce qui nous semble essentiel voire vital pour le pays.

Pour être concrète, je prendrai un seul exemple tiré d’une séquence politique récente :
Les esprits superficiels qui croient voir en nous « l’extrême droite » pensent que nous ne serions qu’une version dure d’un Sarkozy qui se situerait « à droite ». Concrètement, lorsque Nicolas Sarkozy expulse des Roms, il faudrait donc penser que le Front National développerait une position encore plus abrupte.
La vérité n’est pas aussi mécanique. Nos positions ne sont pas plus ou moins. Elles sont autres et se situent sur un autre plan parce que les raisonnements qui les suscitent sont différents voire même opposés.
En ciblant les Roms, Nicolas Sarkozy raisonne en communautariste. Dans son esprit, il y aurait les bonnes communautés que l’on gratifie par les privilèges de la discrimination positive et puis les communautés que l’on cible pour satisfaire, pour des raisons politiques, ou même simplement pour remplir cyniquement un plan média.
Notre démarche intellectuelle et politique est foncièrement différente. Pour nous, il n’y a pas plus de discrimination positive qu’il ne doit y avoir de discrimination négative.
Nous refusons de voir les communautés et -tout en reconnaissant la préférence qui nous apparait légitime entre Français et étrangers- ne connaissons que des individus. Pour nous, dans cette affaire d’occupation de propriétés privées ou publiques, il n’y a pas les Roms et les autres, mais ceux qui violent la loi et les autres.
Pour ceux qui violent la loi, la République doit appliquer les sanctions légales et cette application n’intervient pas pour des convenances médiatiques mais parce que, par principe, la loi nationale s’applique à tous sur tout le territoire français.
Est-il besoin d’ajouter que dans ce dossier l’attitude de Nicolas Sarkozy est d’autant plus malvenue que ces entrées illégales de nomades est-européens n’ont été rendues possibles que par les traités qu’il a lui-même fait adopter y compris contre la volonté exprimée des Français ?

Avec nous, le problème des Roms serait traité comme toute immigration, à la source, dans des conditions humaines et selon des modalités juridiques irréprochables. En l’occurrence, cela passerait par une révision immédiate des traités de libre circulation intereuropéenne, puis du Code de la nationalité entre autres.
On le voit, notre vision globale et cohérente de l’action publique nous préserve des dérives et embardées dont le sarkozysme nous donne le triste spectacle. Entre l’UMP et nous, la différence n’est pas simplement une différence de méthodes mais également et surtout une différence d’analyse, de vision, de projet et de conviction.
Ces différences sont clairement apparues dans le débat sur l’identité où l’on a vu les approximations idéologiques, les incohérences politiques et les errements sémantiques des sarkozystes y compris des personnalités les plus haut placées du régime.
L’UMP n’est qu’une faction de l’UMPS, véritable caste politique qui se partage les honneurs et les prébendes en laissant le pouvoir s’échapper aux mains d’institutions anonymes, de mafias de cités, de féodalités ou d’oligarchies financières. L’UMP comme le PS, issus d’un même clonage idéologique mondialiste, ont fait allégeance aux dogmes ultralibéraux, à la religion du consumérisme et à l’idolâtrie du commercialisme.
Nous, nous refusons catégoriquement de sacrifier la France à quoi que ce soit et surtout pas à un dogme, de négocier avec ceux qui ont accepté d’offrir en échange de leur bien être personnel, en échange d’un pouvoir qu’ils n’exercent que pour en jouir, la liberté des Français, la dignité de nos travailleurs ou l’avenir de nos enfants.
Vous le savez parce que vous le ressentez. Le Front National n’est pas un simple parti politique, c’est un mouvement de Résistance.

Une foi profonde nous anime ; c’est elle qui nous fait dédaigner les titres et les honneurs et nous commande d’emprunter la voie droite et périlleuse qui monte vers le sommet y compris en affrontant la falaise plutôt que le sentier sinueux et fleuri qui ne mène nulle part.
Le rachat par le Système serait la voie de la facilité ; mais il constituerait fondamentalement pour moi la négation même de notre combat pour le redressement moral, économique, politique de la France. Rien n’est plus dangereux pour un parti qu’un chef auquel on accède par le court chemin de la vanité, des honneurs ou de la flatterie.
Nos divergences de valeurs sont si profondes avec l’UMPS et donc avec l’UMP, qu’effectivement, nous croyons qu’il n’y aura d’alternance, de grande alternance, de vraie alternance dans notre pays qu’avec un Front national organisé comme un pôle de rassemblement. En clair, si nous ne faisons pas nous-mêmes le boulot, personne ne le fera pour nous !

Ce n’est pas nous qui iront à l’UMP, ce sont des militants, des cadres, des élus de l’UMP qui viendront vers nous lorsqu’ils auront compris que le parti majoritaire a fait d’eux, les fantassins d’un état-major qui a décidé la mort de notre Nation. Déjà ce mouvement s’amorce et l’on voit de nombreux jeunes ou moins jeunes de l’UMP prendre contact. Nous les accueillerons à bras ouverts, fraternellement comme nous accueillerons à nos côtés tous les Français sincères, d’où qu’ils viennent, quels que soient les cheminements qui les auront conduits ou reconduits à nous.
Fondamentalement, le grand débat de la présidentielle de 2012 opposera deux conceptions de l’avenir du pays, deux choix de société, deux conceptions de l’homme et du monde.
- d’un côté, il y aura les candidats du Système représentant les nuances vert/rose/rouge/orange ou bleu ciel du mondialisme;
- de l’autre, le candidat du Front National, c’est-à-dire le porte-drapeau des partisans de la Nation.
L’équation de la présidentielle ainsi posée nous montre que très logiquement le deuxième tour se fera vraisemblablement entre eux et nous : un candidat du Front National, pour peu qu’il soit en résonance avec l’électorat, a toute les chances de parvenir à la qualification. Le second tour qui s’ouvrira ne se passera pas comme en 2002 car c’est au soir du premier tour que s’enclenchera une nouvelle dynamique.
Vous l’avez compris le projet que nous portons est celui d’une grande alternative, d’une vraie alternative. Ce que je vous propose pour notre pays c’est une véritable révolution, une révolution pacifique et démocratique, une révolution qui remettra l’humain et le citoyen au cœur de notre projet collectif, une révolution qui passe inévitablement par la réaffirmation de nos principes fondateurs, par la restauration de l’Etat et de la Nation.
Le principal moyen de cette révolution sera l’arme fiscale. D’abord parce qu’il n’y a pas de puissance d’Etat sans redonner à notre Etat les moyens de son action et à notre Nation les moyens de sa puissance. Mais surtout, parce que la fiscalité n’est pas seulement le moyen de remplir les caisses, mais le levier souverain pour imprimer des choix politiques.
Pour un état l’arme fiscale est l’arme absolue. Si demain vous supprimez les taxes sur les voitures bleues, tout le monde se mettra à acheter des voitures bleues. On le voit, l’impôt conditionne fortement les évolutions sociales et même les comportements individuels.
Vous l’avez compris. Une bonne part de la grande révolution dont je parle sera fiscale. Cela est d’autant plus nécessaire que notre pays étouffe sous le poids de deux cents ans de strates d’impôts. Notre système est non seulement injuste mais cette usine à mégots met en œuvre des mécanismes propres à brider l’initiative et l’esprit de conquête économique.

Cette révolution fiscale pourtant indispensable, Nicolas Sarkozy n’a pas osé l’engager plus préoccupé qu’il était d’user son état de grâce à augmenter ses propres revenus, ceux de ses amis du CAC 40 et à se balader sur les yachts de ses amis. La gauche archaïque qui fonctionne avec ses schémas obsolètes n’a pas compris l’antinomie qu’il y a entre l’ouverture des frontières et le matraquage fiscal. Faut-il pourtant être grand clerc pour comprendre que dans un cadre d’ouverture des frontières, la concurrence fiscale des pays nous a d’ores et déjà retiré une bonne partie de notre souveraineté et liberté fiscale.
Cette révolution fiscale et morale (la politique est au service de la morale), c’est donc à nous qu’il reviendra de la faire.
Je travaille en ce moment à un projet fiscal que je soumettrai à nos instances, qui sera, en parfaite cohérence avec notre projet. Ce dispositif constituera la traduction fiscale de nos objectifs politiques et économiques. Et parce que tout est lié, cette réflexion intègrera évidemment la question clef du coût du travail et du financement de notre protection sociale.
Vous le voyez, chers amis, la route est longue mais chaque jour nous progressons. Nous savons où nous voulons aller et comment nous voulons y aller.
Plus que quiconque je sais qu’aucune entreprise politique ne se construit seul. J’ai besoin de vous. J’ai besoin de vous tous. Aujourd’hui, au moment où se décide la présidence du Front National. Et demain, dans la campagne présidentielle, si vous me faites le redoutable honneur de m’élire.
Notre pays est acculé et ne peut plus se permettre aucun luxe, pas même celui du temps. Le torrent qui déferle sur le pays emplit les vallées de larmes. Légitimement, le pays est inquiet et même hagard.
Dans ce paysage triste, pointe une grande lueur d’espoir avec les signes intangibles de notre victoire idéologique. Or on le sait, les victoires idéologiques précèdent toujours les victoires politiques.
Parce que cela ressort du génie de notre peuple, parce que l’heure est venue d’honorer les espérances que nous avons conçues, parce que nous pouvons avoir rendez-vous avec l’Histoire, je vous appelle, mes amis, à nous élever au fur et à mesure que grandissent les événements.
Tous ensemble, nous pouvons renverser le cours des choses. L’histoire nous a donné raison dans notre analyse et dans notre vision. Elle nous donnera raison dans nos espérances.

C’est donc en toute confiance que je vous lance :
« Allons enfants de la Patrie
Le jour de gloire va arriver »

Vive le Front national !
Vive la France !
 

8 réponses à La grande alternance de 2012 se construit en 2011

  1. ralbol13 dit :

    « Je travaille en ce moment à un projet fiscal que je soumettrai à nos instances, qui sera, en parfaite cohérence avec notre projet. Ce dispositif constituera la traduction fiscale de nos objectifs politiques et économiques. Et parce que tout est lié, cette réflexion intègrera évidemment la question clef du coût du travail et du financement de notre protection sociale. »

    Voila ce que j’aime ! Les propositions !

    Avec un programme cohérent, le Front National ne pourra être que crédible et audible pour les Français. Vive 2012 !

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  2. ona musashia66 dit :

    la vidéo du discours svp !

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  3. Georges dit :

    Oui, fiscalement il faut encourager les gens qui travaillent, entreprennent et créent des richesses et non pas les punir avec la fiscalité. Quitter l’Europe tout en conservant des liens ou redéfinir les accords, annuler les visas pour les Russes qui dépensent leur argent sans compter, et bien sûr, arrêter les allocations et les aides en tous genres aux immigrés afin de pouvoir améliorer l’ordinaire de nos petits retraités etc. Il y a mille choses à revoir même la mise à la feraille d’un porte avion inutile et toujours en panne qui coûte la peau des fesses, les Régions et les départements, Strasbourg et Bruxelles, etc. etc.

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  4. faucon dit :

    « Nous refusons de voir les communautés et -tout en reconnaissant la préférence qui nous apparait légitime entre Français et étrangers- ne connaissons que des individus. »

    oui nous ne connaissons que des personnes. Elles forment un peuple.

    Merci pour ce discours. Plus d’optimisme que dans le remaniement désesperant.

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  5. louis lucas dit :

    On dirait du LE PEN….
    Y a t il un lien ????

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  6. costarmor dit :

    Marine, fabuleuse, comme toujours !!

    vivement 2012 !!

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  7. 4septembre dit :

    Bravo Marine pour votre discourt, mais vous vous attaquez à une tache colossale ne serait-ce que pour rétablir l’identité et les coutumes de notre pays  »France »,je vous souhaite beaucoup de courage,et surtout une grande réussite.

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  8. solbreux dit :

    Bonjour,
    c’est peut être une erreur de ma part ou si pas de rectifier l’année janvier 2010 en janvier 2011 au 2 ème paragraphe(Le président du FN sera le présidentiable du FN
    Chacun de vous est conscient que le choix du Congrès de janvier 2010 )
    bien à vous, et vive Marine le Pen :-)

    olivier

    Modération : Merci, c’est corrigé !

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