Le système UMPS ou La République des mallettes vu par Pierre Péan

La République des mallettes, le livre-événement dans lequel Pierre Péan tente de brosser un portrait de la corruption politique en France sortira mercredi, trois jours après avoir suscité une première tempête avec des accusations visant Jacques Chirac et Dominique de Villepin (voir l’article de NPInfo ici)

Depuis l’affaire Elf jusqu’à Karachi, en passant par l’Angolagate, les contrats Miksa, Sawari II et celui des frégates de Taïwan, l’auteur dresse la carte d’une France politique minée par la corruption en revenant sur les principales affaires politico-financières de ces quinze dernières années.

En fil rouge, il tente de brosser le portrait d’Alexandre Djouhri, un jeune de Sarcelles, un temps proche d’Anthony Delon, devenu homme d’affaires influent.

Il décrit comme un « prince de l’ombre » cet ami de Dominique de Villepin, mais aussi de représentants éminents de l’entourage de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Bernard Squarcini, patron du renseignement intérieur français, selon Pierre Péan. L’avocat d’Alexandre Djouhri,

En filigrane, Pierre Péan évoque aussi la guerre sans merci que se livrent depuis quinze ans balladuriens et chiraquiens, en particulier les héritiers des deux hommes, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, avec notamment un retour sur Clearstream.

[…]

Pierre Péan dessine le rôle qu’ont pu jouer l’argent et ces « intermédiaires » qui évolueraient « dans les zones grises de l’Etat ». Il tente de trouver la trace de ces rétrocommissions illégales, si souvent évoquées mais si difficiles à démontrer.

Il revient aussi sur l’épisode de la libération des infirmières bulgares et sur le rôle du secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, en juillet 2007.

Mais la première tempête suscitée par l’ouvrage concerne la « Françafrique ».

Un des interlocuteurs de Pierre Péan, l’avocat Robert Bourgi, qui explique avoir rallié Nicolas Sarkozy après avoir été, selon lui, un « M. Afrique » officieux de Jacques Chirac, affirme dans le Journal du Dimanche avoir remis à l’ancien président et à Dominique de Villepin des fonds occultes versés par des chefs d’Etat africains. […]

En avertissement, il reconnaît n’avoir pu recueillir que « très peu de documents » sur Alexandre Djouhri. En menant l’enquête, « jamais je n’ai autant mesuré le fossé existant entre la vérité judiciaire (et médiatique) et la vérité tout court », dit-il.

« L’absence de preuves formelles transforme-t-elle pour autant la vérité en erreur ? », interroge Pierre Péan. « Au lecteur de se faire sa propre opinion. »

Source

La République des mallettes – Enquête sur la principauté française de non-droit de Pierre Péan (Ed. Fayard).

 

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