Le Qatar va investir 5 milliards de livres au Royaume-Uni

Le Premier ministre du Qatar a annoncé lundi que son pays allait investir 5 milliards de livres (5,8 milliards d’euros) au Royaume-Uni dans les trois à cinq années à venir, notamment dans les infrastructures et les services.

Cette annonce, intervenue à Londres à l’occasion de la première journée d’un forum entre des responsables des deux pays, constitue une bonne nouvelle pour le Royaume-Uni, au moment où il s’apprête à entamer des négociations incertaines sur le Brexit.

«Lors des trois à cinq années qui viennent le Qatar va investir 5 milliards de livres dans l’économie britannique via divers fonds d’investissement et parties concernées au Qatar, ce qui s’ajoutera aux investissements réalisés avec succès au Royaume-Uni», a expliqué le Premier ministre qatari, cheikh Abdallah ben Nasser Al-Thani, dans un communiqué.

Le Qatar a investi près 40 milliards de livres (46 milliards d’euros) au Royaume-Uni ces dernières années. Parmi ses très nombreux actifs immobiliers figurent à Londres la haute tour du Shard et une bonne part du quartier d’affaires de Canary Wharf. Il possède aussi les magasins haut de gamme Harrods et constitue le premier actionnaire de la deuxième chaîne de supermarchés du pays, Sainsbury’s.

«Nos investissements au Royaume-Uni seront concentrés sur l’énergie, l’infrastructure, l’immobilier, les services et d’autres secteurs», a ajouté le Premier ministre à propos de cette nouvelle vague de dépenses.

Celle-ci interviendra à un bon moment pour les autorités britanniques, qui s’apprêtent à actionner mercredi l’article 50 du Traité de Lisbonne qui va donner le coup d’envoi de deux ans de négociations entre Londres et Bruxelles sur les conditions du Brexit. Cette période riche d’inconnues pourrait en effet faire réfléchir à deux fois un certain nombre d’entreprises avant d’investir dans le pays, préviennent nombre d’économistes.

Le ministre britannique du Commerce international, Liam Fox, a souligné lundi devant les responsables qataris que le Brexit constituait pourtant une chance de construire «un Royaume-Uni mondial», en multipliant les accords commerciaux et économiques au sens large avec des partenaires non-européens.

Livre faible

Il a mis en exergue les besoins britanniques en terme d’infrastructures, évoquant pas moins de 300 milliards de livres d’investissements prévus d’ici à 2021, au sein desquels les Qataris pourraient prendre une part.

Parmi les grands projets en cours pour doper les capacités du pays, M. Fox a mis en avant la construction d’une troisième piste à l’aéoport international de Heathrow (ouest de Londres), le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Londres, Birmingham et le nord de l’Angleterre, ainsi que la centrale nucléaire EPR Hinkley Point C.

«Pour le dire de façon simple, il n’y a jamais été aussi propice d’investir au Royaume-Uni et il n’y a jamais eu autant d’opportunités pour le faire», a souligné le ministre britannique devant les Qataris.

La faiblesse de la livre depuis la décision des Britanniques de quitter l’UE lors du référendum du 23 juin dernier peut constituer une attraction supplémentaire, car elle rend le coût des achats au Royaume-Uni moins élevé pour les investisseurs munis d’autres devises, par exemple des dollars.

Réunissant une délégation de centaines de responsables politiques et économiques du Qatar et des décideurs britanniques, le forum Qatar-Royaume-Uni se poursuivra mardi pour une seconde journée dans la ville de Birmingham (centre).

Les échanges commerciaux entre les deux pays ont représenté plus de 5 milliards de livres l’an passé et le Qatar a représenté le troisième marché à l’exportation pour le Royaume-Uni au Moyen-Orient. De son côté, le Royaume-Uni importe l’essentiel de son gaz naturel liquéfié auprès de l’émirat.

Antoine Delagrange

Antoine Delagrange

Passionné par le journalisme et tout ce qui touche au secteur immobilier, j'ai décidé de recentrer ma carrière sur le Web pour vous informer via ce média.
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