L’influence chinoise prospère dans l’économie française

Des petits commerces familiaux aux investissements de grands groupes dans le tourisme, les vignobles, le foot, ou l’automobile, la Chine et sa diaspora exercent une influence grandissante sur le plan économique en France.

Des investissements en hausse

Club Med, Olympique Lyonnais, viticoles du Bordelais, poudre de lait infantile, aéroport de Toulouse: de par leurs cibles emblématiques qui suscitent l’émotion, les participations d’investisseurs chinois au capital des entreprises tricolores sont très médiatisées.

Pourtant, «jusqu’à ces trois ou quatre dernières années, les opérations restaient très anecdotiques. Il n’y avait pas de tendance nette de croissance», explique Françoise Nicolas, directrice Centre Asie à l’institut français des relations internationales.

«Depuis 2013, on observe une tendance à la hausse en termes de valeur», observe la chercheuse, soulignant que ce phénomène «normal» accompagne l’internationalisation ainsi que la «maturation de l’économie chinoise».

«Ca commence à être un peu plus sérieux mais ça reste microscopique, rapporté à l’ensemble des investissements chinois en Europe, ou même aux investissements étrangers en France», souligne-telle.

Difficiles à mesurer

Selon le cabinet américain Rhodium, les entreprises chinoises ont investi directement en France 11,5 milliards d’euros depuis 2000 et 2,16 milliards pour la seule année 2016.

«Il est très compliqué d’avoir des chiffres fiables» étant donné qu’il est difficile de faire la distinction entre les investissements directs et financiers tout comme de tracer l’origine des fonds qui passent par des «circuits compliqués», nuance Mme Nicolas.

Commerces de proximité

Que ce soit à travers les grands groupes tels que le fonds CIC ou le conglomérat Fosun, les investisseurs individuels en quête de rentabilité à plus court terme ou encore les commerces de proximité, la présence économique chinoise est «clairement à la hausse», constate aussi le président du Chinese Business Club, Harold Parisot.

A Paris, «la plupart des bars-tabacs ont été repris par des personnes d’origine asiatique», une communauté qui «travaille beaucoup» et pratique des horaires d’ouvertures très larges, souligne le responsable de cette plateforme de lobbying franco-chinoise.

Autre affaire familiale, le marché du textile: Aubervilliers, dans la banlieue nord de Paris, est devenue en quelques années une plaque tournante du commerce vestimentaire de gros.

«De 500 boutiques il y a huit ans, on en dénombre désormais 1.500», a indiqué le patron d’Eurasia, Hsueh Sheng Wang, qui loue 25% du parc de locaux commerciaux dans ce centre d’affaires où travaillent «plus de 5.000 personnes».

Les prochaines cibles potentielles

Après le Club Med, Pierre et Vacances, Louvre Hotel Group et AccorHotels, la liste des acteurs touristiques français comptant un actionnariat chinois pourrait encore s’allonger.

Et pour cause, l’entrée de Chinois au capital «ouvre pas mal de portes en Chine» pour y faire des affaires, note Mme Nicolas.

Détenue à 40% par l’Etat, via la Caisse des dépôts et consignations (CDC), la Compagnie des Alpes – à la tête de 11 domaines skiables (Tignes, Val d’Isère ou les Deux Alpes) et 13 destinations de loisirs (Parc Astérix, Futuroscope…) – poursuit des discussions pour ouvrir son capital à de nouveaux actionnaires, dont le fonds chinois Fosun, propriétaire du Club Med.

Quant au projet du Grand Paris, le PDG de CDC International Capital, filiale de la Caisse des dépôts et consignations Laurent Vigier, a confirmé le «vrai intérêt» du fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC).

«Nous devrions dans les prochains mois, peut-être les prochaines semaines, être en mesure d’annoncer le premier investissement de ce fonds», a-t-il dit.

«Les Chinois s’intéressent à tous les domaines d’activités, l’objectif étant de maîtriser toute la chaîne de déplacement des touristes chinois à l’international», qui atteindront la barre des 100 millions dès 2020, a résumé M. Parisot du Chinese Business Club.

Antoine Delagrange

Antoine Delagrange

Passionné par le journalisme et tout ce qui touche au secteur immobilier, j'ai décidé de recentrer ma carrière sur le Web pour vous informer via ce média.
Antoine Delagrange

Les derniers articles par Antoine Delagrange (tout voir)

PARTAGER