Géopolitique : les USA soutiennent l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN

Vieux routier cynique de la politique américaine, Joe Biden déteste ouvertement le peuple serbe

Vieux routier cynique de la politique américaine, Joe Biden déteste ouvertement le peuple serbe

Lors de sa visite officielle de trois jours à Kiev, le vice-président américain Joe Biden apporte le soutien officiel des USA à la candidature d’adhésion de l’Ukraine au sein de l’OTAN. Il s’agit non seulement d’une nouvelle manifestation arrogante de l’impérialisme américain en Europe orientale mais surtout d’une odieuse ingérence atlanto-mondialiste destinée à affaiblir diplomatiquement et militairement la Russie.

Ukraine : euro-atlantisme et américano-mondialisme

La Russie de Vladimir Poutine et de Dmitri Medvedev est fermement opposée à l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie au sein de l’OTAN, en raison de potentielles menaces d’isolation diplomatique et d’encerclement militaire par les atlanto-mondialistes. Actuellement ajourné, le projet de bouclier anti-missiles en Europe centrale aurait constitué un dispositif militariste des impérialistes américains sur le sol de deux nations théoriquement souveraines, la République Tchèque et la Pologne (membres de l’OTAN depuis le 12 mars 1999 et de l’UE depuis le 1er mai 2004).

Les adhésions ukrainienne et géorgienne au sein de l’OTAN constituent un thème récurrent régulièrement évoqué lors de chaque sommet de l’Alliance atlantique. Jusqu’à présent et malgré le soutien indéfectible des États-Unis, ces adhésions furent toujours repoussées vers des dates ultérieures. Lors du dernier Sommet de l’OTAN à Strasbourg les 3 et 4 avril 2009, la Croatie et l’Albanie sont officiellement devenus membres de l’Alliance atlantique. Malgré  la constante insistance du président Viktor Iouchtchenko depuis 2005, une très nette majorité d’électeurs ukrainiens reste fermement opposée à l’adhésion de leur pays au sein de l’OTAN. Dans le même temps, le premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko se montre très réservée sur cette adhésion à l’OTAN et se déclare même favorable à l’organisation d’un référendum sur cette question épineuse.

Par ailleurs, l’Ukraine et la Géorgie respectivement dirigés par les satrapes euro-atlantistes Viktor Iouchtchenko et Mikheil Saakachvili, désirent conjointement adhérer à l’Union Européenne (UE). «  La Révolution des Roses » en Géorgie en novembre 2003 et celle dite «  Orange  » en Ukraine en novembre-décembre 2004 avaient reçu les soutiens financiers de l’administration républicaine de G.W. Bush, des eurocrates apatrides de Bruxelles et de diverses ONG d’Europe occidentale. Signalons que ces potentats ukrainien et géorgien, serviles valets de l’impérialisme atlanto-européiste et américano-mondialiste, sont ouvertement contestés dans leurs pays respectifs en raison de leur autoritarisme quasi-dictatorial.

La visite officielle de trois jours (du lundi 20 au mercredi 22 juillet 2009) de Joe Biden en Ukraine intervient dix mois et demi après celle de son prédécesseur républicain Dick Cheney. Après une visite diplomatique de soutien à Saakachvili, Dick Cheney s’était directement rendu de Tbilissi à Kiev le 4 septembre 2008. Vendredi 5 septembre lors de ses entretiens politiques avec le président ukrainien Viktor Iouchtchenko et son ambitieuse premier ministre Ioulia Timochenko, Dick Cheney avait réaffirmé l’indéfectible soutien des USA à la candidature d’adhésion de l’Ukraine au sein de l’OTAN. Sa déclaration finale « Aucun pays extérieur n’a un droit de veto » constituait une allusion voilée, voire une menace à peine déguisée à l’égard de la Russie particulièrement irritée de l’élargissement programmé de l’OTAN en Europe orientale.

Représentant docile de Bush, Dick Cheney avait poussé très loin l’ingérence américaine puisque il s’était même mis en tête de réconcilier les deux dirigeants ukrainiens Iouchtchenko et Timochenko en proie à de perpétuelles querelles politiques (OTAN, Géorgie, réformes limitant le mandat présidentiel). En raison de ces sérieuses divergences (géo)politiques, l’Ukraine est fragilisé par une instabilité politique chronique et une menace permanente de dislocation de la coalition gouvernementale pro-occidentale.

Les relations déjà tumultueuses entre Iouchtchenko et Timochenko s’étaient exacerbées lors du conflit russo-géorgien d’août 2008. Servilement aligné sur la position diplomatique de son protecteur américain, Iouchtchenko avait ouvertement soutenu Mikheil Saakachvili contre la Russie de Dmitri Medvedev. En revanche, la redoutable Ioulia Timochenko, beaucoup plus pragmatique et indépendante sur le plan géopolitique, s’était alors abstenue de critiquer publiquement la Russie et ses dirigeants. Signalons que Ioulia Timochenko et son homologue russe Vladimir Poutine entretiennent des relations diplomatiques cordiales.

Entre les visites stratégiques de Dick Cheney en septembre 2008 et de son successeur démocrate Joe Biden en juillet 2009, la crise russo-ukrainienne du gaz en janvier 2009 avait exacerbé des relations déjà difficiles entre la Russie et l’Ukraine.

Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko et son épouse en compagnie du couple Bush le 4 avril 2005 à la Maison Blanche (Washington)

Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko et son épouse en compagnie du couple Bush le 4 avril 2005 à la Maison Blanche (Washington)

Ukraine : Biden soutient l’adhésion à l’OTAN

Lors de sa visite géostratégique à Kiev, le vice-président américain s’est entretenu avec le président Iouchtchenko, son premier ministre Timochenko ainsi que les principaux représentants de l’opposition parlementaire dont le dirigeant pro-russe du Parti des Régions, Viktor Ianoukovitch. Le contentieux énergétique avec la Russie a été abordé lors des différentes discussions. Dans le domaine de la Défense, l’Ukraine espère obtenir la signature d’un contrat bilatéral contenant des garanties sécuritaires. Comme la crise systémique globale a provoqué de sérieuses turbulences au sein de l’économie ukrainienne, des responsables officiels espèrent que Biden interviendra afin d’obtenir le soutien des institutions financières internationales (FMI) ainsi que de l’UE. Par conséquent, les répercutions néfastes de la crise économique mondiale accroîtront la tutelle euro-mondialiste sur l’Ukraine déjà fragilisé.

En réalité, l’élection de Barack Obama à la Maison Blanche en novembre 2008 n’a provoqué aucun bouleversement majeur dans les plans américains en matière de diplomatie internationale et de géostratégie. On assiste actuellement à quelques changements cosmétiques dans la communication et les objectifs géopolitiques américains, comme l’illustre la volonté publiquement affichée d’une détente diplomatique entre la Russie et les USA. Sur la forme, les exigences arrogantes et l’odieuse ingérence apparaissent atténuées. Sur le fond, rien n’a réellement changé et Obama continue plus habilement la politique impérialiste et d’ingérence mondialiste de son prédécesseur G.W. Bush.

Même si la nouvelle administration démocrate continue d’appuyer la candidature de l’Ukraine au sein de l’OTAN, le ton est nettement moins offensif et se prétend plus conciliant. Conseiller à la sécurité nationale auprès de Joe Biden, Tony Blinken laisse entendre que « malgré l’opposition de la Russie, la porte de l’OTAN reste ouverte à l’Ukraine ».

Prononcées avant le départ de Biden pour l’Ukraine, les autres déclarations politiques de Blinken reflètent l’hypocrisie et le double langage alambiqué de la diplomatie américaine :

Nos efforts pour améliorer les relations avec la Russie ne viendront pas au détriment d’un autre pays. Nous continuerons de rejeter la notion des sphères d’influence et de rester fidèles au principe selon lequel les démocraties souveraines ont le droit de prendre leurs propres décisions et choisir leurs propres partenariats et alliances.

Personnalité cynique et rouée à toutes les combinaisons et manœuvres politiciennes, le slavophobe Joe Biden a agi à Kiev avec un gant diplomatique dans une main de velours. Avec une approche faussement ouverte et détendue, Biden a longuement évoqué avec Iouchtchenko la future adhésion ukrainienne à l’OTAN et les difficiles relations bilatérales avec la Russie. Évoquant l’amélioration recherchée des relations diplomatiques entre la Russie et les USA, Biden a indiqué que ce réchauffement ne s’effectuerait pas aux dépens de l’Ukraine : « Au contraire, je pense que ça peut, en fait, bénéficier à l’Ukraine »

Lors de sa conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Viktor Iouchtchenko à l’issue de leur entretien géopolitique, Joe Biden a enfilé une série de déclarations particulièrement hypocrites et faussement conciliantes :

Je suis ici avec un message : les États-Unis se consacrent à une Ukraine forte, démocratique et prospère. Si vous choisissez de faire partie de l’intégration euro-atlantique, ce qui est le cas je pense, nous le soutiendrons. Nous pensons que le meilleur moyen de répondre aux politiques de sécurité, comme nous l’avons présenté dans notre loi, est de développer le dialogue euro-atlantique… [Au sujet de la Russie ] … Nous ne reconnaissons à personne le droit de dicter à un autre pays à quelle alliance il devrait appartenir ou quelles relations, relations bilatérales, vous devez avoir…

 

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