Perpignan – Le président du tribunal : « Il faut avoir le moral »

Arrivé il y a un an à Perpignan, le président du tribunal a été frappé par la vétusté des locaux. Une entrevue d’Estelle Devic de L’Indépendant.

Vous êtes arrivés à Perpignan il y a un an. Quelles ont été vos premières impressions en prenant votre poste ici ?

Marc Pouyssegur : Le particularisme ici, ce sont les locaux. La situation est édifiante On a l’impression d’être dans une juridiction du siècle dernier. J’ai respiré un peu quand j’ai appris qu’une cité judiciaire était en projet (lire ci-dessous). Avec trois sites différents, ce n’est pas facile de fonctionner. En arrivant, j’ai essayé de rationaliser les services.

Justement, ce prochain déménagement n’est forcément pas propice aux investissements…

C’est sûr, mais pour autant tout ne s’est pas arrêté depuis cette annonce. Le ministère a acheté et rénové un étage de l’immeuble du boulevard des Pyrénées pour y installer les personnes qui travaillaient dans les tribunaux de Prades et Céret, après la réforme de la carte judiciaire. Nous allons continuer à privilégier les améliorations immobilières en terme de sécurité et de sûreté. En 2011, 90.000€ y seront consacrés.

Forces de l’ordre et magistrats racontent des difficultés en terme de sécurité lors de l’arrivée des détenus. Par ailleurs, ils craignent que le tribunal ne soit bientôt plus en mesure de payer la société de sécurité qui surveille les entrées du public. Pouvez-vous les rassurer ?

Concernant l’arrivée des détenus, des aménagements de sécurité sont bien prévus cette année et le contrat avec la société de surveillance ne sera pas rompu. Quant au remplacement des escortes par des réservistes ou du personnel pénitencier, ce n’est pas encore à l’ordre du jour à Perpignan.

En terme de fonctionnement également, il semble que le tribunal de Perpignan a des difficultés à payer les intervenants extérieurs comme les experts ou les interprètes par exemple.

C’est exact. Fin 2010, il restait 770.000€ de frais de justice impayés. Ils ont été prélevés sur l’enveloppe 2011 fin mars. Ce qui n’est pas sans conséquences pour la suite.

Un des principaux dysfonctionnements dénoncés par les magistrats est le manque de greffiers. Quelle est la situation à Perpignan ?

Selon les modes de calcul de la Chancellerie, il en manque cinq. Nous sommes également confrontés à de nombreux arrêts pour maladie ou grossesse que nous n’avons pas les moyens de remplacer, même si la cour nous envoie des vacataires. Nous sommes toujours confrontés à des problèmes d’organisation.

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3 réponses à Perpignan – Le président du tribunal : « Il faut avoir le moral »

  1. Dany 83 dit :

    Je fais une proposition à l’ensemble des magistrats qui se plaignent à juste titre du manque de moyens attribués à la justice :arrêter leur laxisme et condamner systématiquement les auteurs de crimes et délits graves aux peines maximum prévues par la loi.
    C’est une protestation tout à fait légale et qui serait utile à la société;de plus je pense que les magistrats remonteraient dans l’estime des Français qui ont souvent du mal à admettre l’inégalité de leurs décisions.
    Les syndicats de la magistratures devraient réfléchir à cette proposition.

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  2. nala38 dit :

    Où sont passés tous nos ponctions fiscales ?

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  3. Sébastien dit :

    Ca fait très « revendications de profs gauchistes ». Je ne pense pas qu’il faille des « PALAIS » pour rendre une justice digne de ce nom. On ne leur demande pas la lune.
    Tiens, ça fait combien de temps qu’ils votent UMPS là dedans ?
    Une petite voiture avec chauffeur ?

    La justice ne résout pas les problèmes. Elle les crée.

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