Europe : la crise économique provoque la démission du Premier ministre letton

Vue partielle de la capitale lettone Riga

Vue partielle de la capitale lettone, Riga

Aggravée par l’euro-mondialisme apatride et ultralibéral, la crise économique mondiale s’est abattue sur l’ensemble du continent européen. Dernière victime politique, le premier ministre letton Ivars Godmanis a été poussé à démissionner vendredi 20 février 2009. La Lettonie est victime d’une grave crise politique, économique et sociale.

Crise économique : démission du premier ministre letton

Le gigantesque effondrement économique de la Lettonie a provoqué de sérieux troubles politiques et sociaux si bien que la coalition gouvernementale de centre-droit dirigée par Ivars Godmanis fut acculée à la démission le 20 février 2009. Le président letton Valdis Zatler a accepté la démission du premier ministre et de l’ensemble de son cabinet, constitués le 20 décembre 2007 après le départ mouvementé de Aigars Kalvitis.

Sur le plan strictement politique, la crise fut provoquée par un projet de réforme controversé au sein de la coalition. En raison de la crise économique et sociale, Godmanis avait initialement prévu la réduction d’un certain nombre de ministères avant de se raviser soudainement. Logiquement, il perdit la confiance du président Valdis Zatler le 13 février. Aussitôt après, une contestation éclata au sein de la coalition gouvernementale constituée de 4 formations. Deux d’entre elles (le Parti du Peuple et l’Union des Verts et des Fermiers) exprimèrent leur profonde déception et exigèrent la démission immédiate du premier ministre Godmanis.

De son côté, l’opposition de gauche demande que le Président Zatler dissolve le Parlement monocaméral (Saeima, 100 sièges) et forme un nouveau gouvernement. Afin de mettre un terme rapide à l’instabilité politique, le Président letton pourrait organiser un référendum sur la dissolution du Parlement et l’organisation d’élections législatives anticipées.

Carte politique de l'Union Européenne (27 membres depuis le 1er janvier 2007) et de l'eurozone (16 membres depuis le 1er janvier 2009)

Carte politique de l'Union Européenne (27 membres depuis le 1er janvier 2007) et de l'eurozone (16 membres depuis le 1er janvier 2009)

Lettonie : du totalitarisme soviétique à l’euro-atlantisme

Après s’être dégagée de l’oppressante tutelle soviétique et la proclamation officielle de son indépendance le 8 novembre 1991, la république balte de Lettonie n’a pas adhéré à la CEI (Communauté des États Indépendants). Elle a opté pour une alliance euro-atlantiste puisqu’elle adhéra à l’OTAN en avril 2004 et à l’Union Européenne (UE) le 1er mai 2004 (comme 7 autres pays d’Europe centrale et méditerranéens et les 2 autres nations baltes).

Ivars Godmanis est un vieux routier de la politique puisqu’il fut premier ministre entre le 7 mai 1990 et le 3 août 1993. Il dut affronter une sévère crise économique provoquée par la chute de l’ex URSS et la libéralisation d’une économie auparavant collectivisée. L’inflation culmina même à 958,6 % en 1992 tandis que le chômage explosa vertigineusement et que les anciennes entreprises publiques tombèrent en faillite. On remarque donc que le brusque passage entre une économie « socialiste » et collectivisée à une économie de marché ultralibérale provoque des ravages incommensurables.

Naturellement, lors des élections législatives de juin 1993, sa formation politique subit un camouflet cinglant (2,62 %) ce qui entraina sa dissolution. Au lieu de se retirer discrètement de la vie politique, Godmanis fut même ministre des Finances en 1998-1999 ! Ensuite, ce bonhomme obstiné adhéra à un parti social-libéral (la Voie lettone) dont il devint le président en 2002. Bien que la Voie lettone n’eût obtenu que 10 sièges (sur 100) à l’issue des élections législatives de 2006, Godmanis devint ministre de l’intérieur puis le 20 décembre 2007 il succéda au calamiteux Aigars Kalvitis, acculé à la démission après un désastre économique et une dérive politique autoritaire.

Dans ce cas précis, on remarque que la maxime politique de Charles Maurras ( »tout désespoir en politique est une sottise absolue ») est d’une acuité extraordinaire puisqu’après sa déconfiture électorale de juin 1993, Godmanis a effectué un spectaculaire et rapide retour politique. Signalons pour l’anecdote, que ce pittoresque personnage est un amateur de rock et qu’il anime une chronique dominicale sur Radio SWH. Alors qu’il était premier ministre en exercice, Godmanis a joué de la batterie le 19 septembre 2008 lors du gigantesque concert rock de Queen et Paul Rodgers !

Le désastre de l’économie lettone

Présentée encore récemment comme un tigre baltique en raison du spectaculaire dynamisme de son économie, la Lettonie est une victime supplémentaire de l’euro-mondialisme apatride et ultralibéral.

En raison de la crise économique mondiale, la Lettonie est entrée en récession lors du second semestre 2008. Lors du 3e trimestre 2008, son Produit Intérieur Brut (PIB) subit un sérieux recul de 4,6 % par rapport à la même période de 2007. En revanche lors du 4e trimestre 2008, l’effondrement économique s’amplifia puisque le PIB se contracta de 10,5 % ! On mesure donc que les affirmations péremptoires des eurocrates de Bruxelles à propos d’une Europe bouclier relèvent d’une escroquerie politique monumentale.

Européennes 2009/FNBien évidemment, l’inflation galopa spectaculairement puisqu’elle dépassa 15,4 % en 2008. Les prix à la consommation pour les denrées les plus courantes augmentèrent de manière vertigineuse tandis que les salaires stagnaient. Logiquement, cette situation économique catastrophique provoqua une chute drastique de la consommation, un des moteurs de la croissance lettone. En 2008, la Lettonie se plaça en dernière place pour les économies des 27 membres de l’UE.

Pour sortir de ce marasme économique, en décembre 2008 le gouvernement letton a sollicité un plan de secours de 7,5 milliards d’euro auprès du Fonds Monétaire International (FMI), présidé par le sémillant Dominique Strauss-Kahn. De même, la Lettonie quémande auprès d’autres bailleurs, tous acquis au mondialisme apatride et ultralibéral.

Les 2 projets phares de réforme fiscale et de réduction des dépenses budgétaires ne sont pas parvenus jusqu’à présent à stabiliser l’économie lettone. Vraisemblablement, cette nation balte ne connaitra pas de rapide redressement économique ce qui a déjà provoqué une grave crise politique et sociale. Le 13 janvier 2009, des milliers de manifestants se sont rassemblés aux abords du Parlement à Riga. La foule en colère exigeait la démission immédiate du gouvernement jugé incompétent ainsi que la dissolution du Parlement afin de provoquer un scrutin anticipé.

La crise économique mondiale, qui s’est abattue autant sur les économies développées (UE, Amérique du Nord, Japon, Australie et Nouvelle-Zélande) que sur celles des pays émergents (Russie, Inde, Chine, Corée du Sud et Brésil), est loin d’être terminée. Bien-sûr, la désastreuse situation économique de la Lettonie peut paraitre lointaine à première vue. Cependant, il faut bien garder à l’esprit que cette petite nation maritime est membre de l’UE depuis le printemps 2004 même si elle n’appartient pas encore à l’eurozone (16 membres depuis l’adhésion de la Slovaquie le 1er janvier 2009). À terme, les pays baltes et tous les nouveaux venus du printemps 2004 sont censés devenir membres de l’eurozone.

En raison de l’aggravation de la crise économique provoquée par l’euro-mondialisme technocratique et le libre-échangisme débridé, on devrait assister à un puissant réveil des peuples européens lors des élections européennes des 4 et 7 juin 2009. Cependant en France, Sarkozy et ses sbires multiplieront les chausse-trappes et manœuvres politiciennes afin d’amoindrir cet indispensable sursaut nationaliste. Le 7 juin 2009, il est non seulement indispensable d’aller voter mais en plus l’électeur devra ignorer les listes souverainistes bidons (MPF, DLR) et choisir impérativement celles du Front National dans chaque super-circonscription. Bien qu’il soit tardif et que de nombreuses occasions furent déjà perdues comme au printemps 2002, ce réveil patriotique et européen permettrait d’infléchir certes modestement les nocives politiques européistes et atlantistes des eurocrates apatrides.

Marquer ou partager cet article : Live Google Bookmarks Facebook Wikio FR Blogosphere News Scoopeo Yahoo! Buzz Technorati Digg MySpace LinkedIn Netvibes Twitter Yahoo! Bookmarks MSN Reporter
Imprimer Envoyer cet article par courriel

Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux.

Commentaires

Excellent article. Les « français » hélas ne le savent pas, mais s’en foutent par surcroît.
Tant qu’ils ressortiront de leurs super-marchés (trésors de guerre des mondialistes apatrides), avec leurs caddies remplis à ras bord de choses inutiles, paquets de frites, semoules, fringues fabriquées en chine, imitations d’addidas à 25 euros au lieu de 100€, venues de turquie, vaisselle « touristique » venant du Maghreb, lunettes à deux balles importées de Tchéquie etc….
J’ai peur que ce ne soit pas pour demain.
Mais c’est vrai tout désespoir en politique est une sottise absolue, comme le rappelle jeromemoreno dans cet article.

(Signaler un abus)

Pourvu qu’ils ne décident pas pour sortir de la crise d’intégrer l’Eurozone, ils sont dèjà en mauvaise situation. Dans ce cas ils sont sûrs de mourir de faim et de perdre leur liberté. La première chose à faire c’est de quiter l’OTAN et de se rabibocher avec les Russes en toute indépendance.

(Signaler un abus)

Laisser un commentaire