25 mai 2014 - declaration Marine Le Pen - Europeennes 2014

Marine Le Pen : « Le Front national sera désormais la première force d’opposition dans la plupart des conseils régionaux de France »

Discours de Marine Le Pen, présidente du Front national, chef de file des listes FN-RBM en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, au soir du second tour des élections régionales. Avec quelque 6,6 millions de voix, le mouvement national dépasse le meilleur score de son histoire, quand il avait recueilli 6,4 millions de suffrages au Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen 12-13 Dimanche - NationsPresse

islamo-terrorisme / Marine Le Pen : « Les moyens qui sont mis en œuvre ne sont pas à la hauteur »

Marine Le Pen, la présidente du Front national, était l’invitée de Radio Classique et de LCI. Elle était interrogée par Gilles Leclerc sur les questions liées aux attentats du 13 novembre et leurs conséquences : insécurité, immigration, manque de moyens, nocivité de l’espace Schengen, etc. Partager la publication "islamo-terrorisme / Lire l'intégralité de l'article

Le seul vote utile c'est Marine Le Pen

Marine Le Pen réclame l’arrêt total de l’accueil des immigrés clandestins en France

Attentats, surveillance d’Internet, immigration : Marine Le Pen répond aux auditeurs du 7/9 sur France Inter. Après les attentats de Paris, la présidente du Front national réclame l’arrêt total de l’accueil des « migrants » en France. Elle était l’invitée de Patrick Cohen. Partager la publication "Marine Le Pen réclame l’arrêt total Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen - 13h TF1 - Europeennes Mai 2014

Marine Le Pen sur France 2 : « Si ce gouvernement avait le sens de l’honneur, ils auraient remis leurs démissions »

Marine Le Pen, la présidente du Front national était l’invitée hier soir sur France 2 du JT de 20 heures de David Pujadas. Elle s’est exprimée sur la situation en France après les attentats islamistes meurtriers de la soirée du 13 novembre, sur le manque de volonté du gouvernement en Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen BFM politique 241113

Marine Le Pen : « Nicolas Sarkozy n’est pas sincère et n’a pas de convictions »

Marine Le Pen, la présidente du Front national, tête de liste pour les régionales en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, députée française au Parlement européen, était l’invitée d’Yves Thréard lors du Talk Orange-Le Figaro. Il a été question du clash entre la représentante du peuple français et le vice-chancelier Hollande au Parlement de Lire l'intégralité de l'article

Le seul vote utile c'est Marine Le Pen

Marine Le Pen : « Je pense toujours à l’intérêt de mon pays, d’abord »

Marine Le Pen, présidente du Front national, était l’invitée du « Grand Jury RTL – LCI – Le Figaro ». Elle était interrogée par Elisabeth Martichoux, Christophe Jakubyszyn, Alexis Brezet sur les questions d’actualité du moment. Ont été entre autres évoquées : les « frappes » aériennes de la France en Syrie, la Lire l'intégralité de l'article

Archives catégories : Analyse financière de Bruno Lemaire

Passer d’un euro à un ‘obélix’, à un ‘franc Marine’ ou à un ‘gaulois’, vous n’y pensez pas ?

Bruno Lemaire

Billet d’humeur de Bruno Lemaire, Club Idées Nation

Passer d’un euro à un franc, quel que soit son nom, non seulement il faut y penser, mais il faut le faire.

Entre une baguette acheté un euro, ou une baguette achetée un ‘gaulois’, où est la difficulté, où est le problème ? C’est sûrement moins compliqué que de passer de 6,55 francs Pinay à un euro, non ?

Pour l’homme de la rue, et donc 95% du ‘français moyen’, pour tous ceux qui achètent en France, cela ne représentera évidemment aucune difficulté. Pour les frontaliers, on a fait cela pendant des siècles, et le moindre smartphone fera de nos jours la conversion automatique entre un ‘gaulois’, un ‘romain’ (éventuel nouveau nom d’une lire retrouvée) ou un ‘hispano’.

On nous dit que la transition prendra du temps. Si elle est préparée, que nenni mon bon monsieur, ou ma bonne dame. Quelques heures pour les comptes électroniques (97% du montant des achats est informatisé), deux jours pour tamponner tous les anciens billets en euros, pour mettre une surcharge ‘gaulois’ sur chacun d’eux, cinq semaines pour fabriquer de nouveaux billets ‘gaulois’ tout neufs.

Quitter l’euro pour aller vers une monnaie nationale n’est donc pas une question technique, mais réclame une volonté politique. Et qui peut douter de la volonté politique d’une Marine Le Pen qui veut mettre fin à 30 années de gabegie sociale et économique, dont 13 ans sous la férule du carcan de l’euro pilotée par la Banque centrale européenne et par Francfort.

N’oublions pas non plus que ceux qui clament haut et fort que la renaissance d’une monnaie nationale sont ceux qui ont conduit la France dans l’impasse actuelle. S’ils avaient un peu d’honneur et de morale, ils se tairaient, pour ne pas empêcher la renaissance de la France, qui passe par la renaissance d’une souveraineté pleine et entière, y compris dans le domaine monétaire. Que revive donc cette souveraineté monétaire, d’une monnaie tout entière au service du seul souverain, le peuple.

Quelques interrogations et propositions sur le rôle de la monnaie-argent

Bruno Lemaire

Tribune libre de Bruno Lemaire, économiste

Au moment où en Islande, en Suisse, voire au Royaume-Uni, on parle de réforme monétaire d’envergure, il est étonnant de constater l’incohérence de la plupart des économistes sur le sujet.

Pour les économistes ‘orthodoxes’ qui conseillent ou souhaitent conseiller nos dirigeants, la création de monnaie est exogène, c’est-à-dire entreprise à l’extérieur de la sphère économique, et a d’ailleurs peu d’impact, d’après leur propre théorie, sur l’économie réelle : c’est la thèse des ‘monétaristes’, en particulier celle du prix Nobel Friedman. Ce qui est étrange, c’est que d’un point de vue libéral, la monnaie devrait être endogène (elle l’est d’ailleurs pratiquement, même si c’est nié par ces mêmes économistes dits « néo-classiques », qui se cramponnent à la fausse théorie du multiplicateur monétaire). ‘Endogène’ au sens où la demande de monnaie est faite par les agents économiques, et que l’offre de monnaie est produite par les banques « de second rang », et non par la banque centrale.

Pour cette vision du monde, ultralibérale, la seule façon de réconcilier théorie et pratique, et d’avoir donc un peu de cohérence dans leurs recommandations, serait de permettre aux banques privées d’accorder autant de crédits – l’argent-dette – qu’elles le jugent profitable, et de n’avoir recours à la banque centrale que pour les échanges internationaux, en tant que super agent de change. Et si une banque privée a trop prêté, elle ferait faillite, comme toute entreprise insolvable, au lieu de compter sur la générosité de la banque centrale ou du contribuable pour la sauver. Ce n’est manifestement pas le cas, puisque la banque centrale est considérée comme le prêteur de dernier recours, ou secours, même si la nouvelle loi européenne, entrée en vigueur au 1er janvier 2016, va permettre aux banques privées de se refaire une santé sur les comptes d’épargnant dépassant un certain montant.

Une autre thèse, beaucoup moins libérale et qui n’est soutenue que par un petit nombre d’économistes hétérodoxes – au nombre desquels il faut citer le regretté Maurice Allais consiste à partir des faits. 80% de la monnaie-argent, au moins, est créée par les banques de second rang, et la banque centrale ne fait que suivre. Cette émission d’argent est trop abondante en période de boom, trop restreinte en cas de crise, et l’injection de monnaie de la banque centrale, telle que les QE (Quantitative Easing) actuels n’ont pas beaucoup d’effet bénéfique sur l’économie réelle. D’où leur rejet complet du pseudo multiplicateur monétaire, pourtant enseigné à tous les apprentis économistes et autres prétendus experts.

La seule façon pour une banque centrale d’être efficace serait d’interdire aux banques de second rang de créer de la monnaie, ce qui, dit autrement, consisterait à avoir un multiplicateur monétaire égal à 1 (au lieu qu’il varie entre 3 et 8, au gré des banques commerciales et de leurs intérêts particuliers). Le seul argent prêté à l’économie réelle, en dehors de l’épargne, proviendrait donc de la banque centrale, qui travaillerait donc uniquement pour le bien commun, et non pour des intérêts privés.

Ce serait à la représentation de la nation de décider chaque année du montant nouveau de monnaie qui pourrait être injecté dans l’économie réelle, par exemple de 2% de la monnaie actuellement disponible si l’on veut obtenir une croissance nominale de 2%.

Une telle proposition figure en filigrane dans le programme économique du Front national, même si la « monnaie pleine » suggérée par nos amis suisses n’est pas encore totalement revendiquée. Elle a en tout cas le mérite d’une grande cohérence, et elle permettrait de résoudre le problème crucial qui se présente à nous. Comment mettre fin à cette course en avant, dans laquelle il faut toujours plus de dettes pour rester sur place, voire pour reculer.

L’Europe souhaitée par le FN est une Europe de coopération entre les nations

Bruno Lemaire

Tribune libre de Bruno Lemaire, Club Idées Nation

La France est en Europe, la France a fait l’Europe, mais pas l’Europe actuelle, celle d’une Europe atlantiste, et attentiste, aux ordres des Etats-Unis et à la remorque de la puissance économique dominante, à savoir l’Allemagne.

L’Europe qu’il faudrait construire, ou reconstruire, est une Europe des nations – et des libertés – ancrée sur des nations indépendantes, souveraines, et coopérant entre elles.

Prenons maintenant l’exemple de la France, en tant que nation souveraine, indépendante, et ouverte aux coopérations avec d’autres nations.

Pour être souveraine, il faut que la France retrouve son indépendance dans les domaines monétaires, législatifs, sociaux et fiscaux. Nous en sommes bien loin.
Pour la souveraineté monétaire, le diagnostic est simple, le remède à peine moins : il faut faire renaître une monnaie nationale, un franc souverain, qui s’articulerait avec d’autres monnaies nationales grâce à un système monétaire international, proche de l’écu ancien – sans ses imperfections – ou sur un euro redevenu monnaie commune, et non monnaie unique, simple instrument de compte en fait. La France exportait avant l’euro, monnaie unique, elle exportera encore après. La « petite » différence : depuis la naissance de l’euro, nous avons accumulé, si l’on peut dire, 550 milliards de déficit commercial, qui était pourtant nul avant 2002.

Il ne s’agit donc nullement, comme nos adversaires, voire certain de nos presque électeurs, de fermer les frontières, ou de restreindre les échanges. Bien au contraire, nous sommes pour des échanges équilibrés, que ce soit pour les flux de capitaux, de biens, de services, ou de personnes. C’était l’esprit des débuts de l’ONU, c’était l’esprit de la charte de La Havane.

Bien loin de bâtir des barrages, nous sommes pour construire des écluses de régulation de ces divers flux, écluses qui, dans le secteur des échanges commerciaux, transformeront en quelque sorte notre maison France en une immense maison d’import-export.

Messieurs les entrepreneurs, messieurs les commerçants, messieurs les importateurs, vous voulez importer : parfait. Alors rapprochez-vous des exportateurs pour équilibrer toutes ces demandes, ô combien légitimes. Pour cela, en dehors de votre savoir-faire entrepreneurial, vous serez accompagnés, voire aidés, par un État stratège, qui établira un ou plusieurs marchés, de gré à gré ou plus ouverts encore, de « droits à importer ». Ces droits à importer pourront tenir compte des déficits commerciaux entre secteurs, entre pays, entre zones géographiques, mais aussi de l’empreinte environnementale et sociale des biens ou des services que l’on cherche à échanger, avec un objectif prioritaire, celui d’équilibrer les échanges.

C’est par la recherche de cet équilibre que nous pourrons réellement coopérer entre nations, que ce soit à l’intérieur d’une nouvelle Europe, l’Europe des Nations et des Libertés, ou plus largement encore, dans un monde redevenu multi-polaire pour lequel la coopération aura commencé à remplacer la compétition sauvage si chère à la mentalité anglo-saxonne.

Toujours plus de dettes, mais pour quoi faire?

Bruno Lemaire

Billet d’humeur de Bruno Lemaire, Club Idées Nation

La mantra du gouvernement, et même de la quasi-unanimité des économistes, voire des experts de tout poil, est de dire : « vive la croissance », en l’assimilant d’ailleurs à la croissance du PIB, ce qui est plus que discutable.

Mais acceptons cela, et reparlons donc de cette croissance du PIB, jugée tellement souhaitable.

La croissance du PIB, c’est bon pour le fisc, par le biais de la TVA, puisque 1% de PIB en plus, cela fait 4 milliards de TVA. De quoi financer une demi-centrale nucléaire, ou 80.000 bombes larguées en Syrie ou en Irak.

C’est bon aussi pour les entreprises, qui se sont endettées pour augmenter, qualitativement ou quantitativement, leurs capacités de production, pour produire toujours davantage.

Faut-il encore, bien sûr, que la consommation, et donc le pouvoir d’achat des plus modestes, suive.

Avec le chômage actuel, le travail des actifs ne suffit plus, manifestement à pouvoir acheter toute la production que voudraient pouvoir écouler les entreprises, et que voudrait pouvoir taxer le fisc.

Face à cette incohérence, la seule solution, que le bon sens condamne mais que la finance encourage, est de s’endetter, de s’endetter toujours plus, avec un taux d’intérêt certes faible, mais qui n’est pas négligeable. Quant à la masse de dettes, on atteint pour la dette publique le niveau du PIB, et la dette privée est proche du double.

Cette potion magique du sur-endettement donne de moins en moins d’effet, et il faut la sur-doser de plus en plus, c’est-à-dire s’endetter toujours davantage.

Il faudra bien payer, un jour. Mais qui va le faire ? Les futures générations, les sur-endettés, les créanciers, une inflation galopante réduisant d’autant le poids des dettes ? Peut-être un peu tous.

Il sera alors grand temps de comprendre que seul le travail peut financer … le travail. Mais il sera bien tard.

Croissance du PIB : divine surprise ou résultat en trompe l’œil

Bruno Lemaire

Tribune libre de Bruno Lemaire, économiste, secrétaire général d’Idées & Nation

Croissance, vous avez dit croissance ? Qui donc peut être contre la croissance ? On ne peut que se réjouir, non ? 1,1% de croissance annoncé pour 2015, formidable !

Hé bien, au risque de passer pour un éternel critique, plus ou moins lobotomisé par une idéologie anti-socialiste, je ne peux que m’interroger sur cette croissance, ou plutôt sur trois caractéristiques de celle-ci, même si je ne mets nullement en doute les statistiques annoncées : l’INSEE ne manipule jamais les statistiques, c’est bien connu, même si sa façon de les présenter est parfois légèrement orientée.

La première caractéristique de cette croissance annoncée concerne les secteurs concernés, biens ou services, secteur primaire, secondaire, tertiaire, même si l’on pourrait analyser cette croissance autrement, en s’intéressant au PIB ‘marchand’ et au PIB ‘administré’, celui des administrations.

La deuxième interrogation porte sur la ‘destination’ de cette croissance : consommation intérieure, investissements, ou encore exportations.

La troisième question, et non des moindres, concerne le financement de cette hausse du PIB. Y a-t-il eu création ‘normale’ de pouvoir d’achat, auto-entretenue par de meilleures ventes, ou bien cette hausse du PIB s’est-elle traduite par une hausse des dettes, c’est-à-dire par un apport ‘exogène’, extérieur, endettement supplémentaire qu’il faudra bien payer un jour, non ?

Dans ce dernier cas, si la hausse du pouvoir d’achat, qu’elle s’exerce dans le secteur marchand ou dans le secteur public, est due essentiellement à des dettes supplémentaires, publiques ou privées, il y a plus de motifs de s’inquiéter que de se réjouir. C’est ce type de questions que l’on doit se poser, non ? Le PIB par « actif » est voisin de 80.000 euros. S’il faut s’endetter de plus de cette somme (certains ont parlé de 250.000 euros pour cela) pour créer un emploi non pérenne, il y a de quoi s’inquiéter.

D’où ma dernière recommandation : avant de se réjouir ou de s’inquiéter, tâchons de relier la hausse du PIB à la hausse, ou non, de la dette privée et publique, sans même parler des variations de notre solde commercial qui concernent directement notre position ‘compétitive’ dans le ‘concert des nations’.

Euro et 35 heures, deux énormes erreurs, qui demandent un traitement différent

Bruno Lemaire

Par Bruno Lemaire, club Idées Nation

On parle parfois, dans le langage de l’entreprise, de « sunk costs », pour qualifier des erreurs de gestion qui ont conduit à des coûts inutiles, mais sur lesquels on ne peut revenir.

Certains, comme Henry Guaino, ont d’ailleurs qualifié ainsi l’euro. Il n’aurait pas fallu instaurer l’euro, monnaie unique, mais maintenant que le mal est fait, il ne faudrait pas revenir dessus, et donc essayer de vivre avec le moins mal possible.
Ce n’est pas notre avis, nous l’avons déjà dit, et le coût de transformer l’euro, monnaie unique, en monnaie commune, tout en ressuscitant des monnaies nationales, serait nettement moins important que de continuer à tenter de véhiculer cette chape de plomb, qui conduit à cette eurostérité dénoncée fort justement par Marine Le Pen et le Front national.

Il en va cependant tout autrement pour les 35 heures. Ce fut une erreur de l’instaurer, surtout de façon uniforme, comme si les entreprises de service devaient être traitées comme des entreprises industrielles, ou comme si on pouvait ‘quantifier’ de la même façon chaque métier, chaque travail.

Cela étant, la mise en place, cahin-caha, de cette législation a tellement bouleversé la vie et l’organisation des entreprises et des administrations, en raccourcissant de près de 20% la durée annuelle du travail qu’il nous apparait impossible de revenir en arrière, surtout de façon uniforme. L’erreur a été faite, mais tenter de la corriger par une loi ramenant la durée hebdomadaire ‘normale’ du travail à 39 h conduirait sans doute à plus de dégâts encore.

La seule solution raisonnable, si l’on peut parler ainsi, serait de déverrouiller les heures supplémentaires, en les payant un juste prix, et peut être aussi en permettant à certains secteurs économiques de pouvoir disposer d’un volant, mensuel ou annuel, d’heures supplémentaires (payées comme telles). Ce n’est qu’un pis-aller, certes, mais dans certains cas il est impossible de revenir réellement en arrière. C’est possible et nécessaire pour l’euro, ce n’est pas possible pour les 35 heures.

Êtes-vous plutôt offre ou plutôt demande, plutôt fourmi ou plutôt cigale, ou les mirages du PIB

Bruno Lemaire

Par Bruno Lemaire, secrétaire général du Club Idées Nation

Comme nul ne l’ignore, la comptabilité nationale a inventé une curieuse expression pour tenter de traduire ce qui devrait intéresser tout un chacun, à savoir les richesses dont on dispose pour les utiliser, que ces richesses prennent la forme de biens ou de services. Cette expression curieuse, c’est le PIB, ou encore le produit intérieur brut.

Du point de vue concret, ou tangible, ce PIB se veut représenter ce que l’on peut consommer, ce qui serait donc à la disposition de tout un chacun – si, bien sûr les ressources monétaires correspondantes sont disponibles. On parlera volontiers de PIB en volume, pour dire que nous avons à notre disposition des carottes, des voitures, des heures de consultation médicale, ou encore des forfaits téléphoniques. Si nous étions en économie fermée, nous dirions que ces produits et services correspondent à l’offre locale, aux fourmis qui sont censées avoir « apporté sur le marché » tous ces produits et services.

Si nous regardons maintenant le côté cigale, c’est-à-dire le côté « dépenses », il faut évidemment que, en face des fourmis, il y ait des cigales « consommatrices », le côté « demande ». Même si la loi de Say semble dire que, sur le plan théorique, les dépenses des cigales sont nécessairement égales aux productions des fourmis, il n’en va pas de même dans la vie réelle, ce qui se traduit notamment par des stocks d’invendus ou par des soldes plus ou moins importantes, lorsque les cigales, que nous sommes tous plus ou moins, trouvent que ce qu’on leur propose dépasse leurs moyens financiers, leur pouvoir d’achat. Il reste toujours aussi la ressource, pour les fourmis besogneuses, de tenter d’écouler leurs produits en « offrant » aux cigales des crédits tentateurs, qu’il faudra bien, hélas, rembourser un jour, ce qui ne fait que repousser le problème. Mais, comme l’a rappelé Keynes, « à long terme nous serons tous morts ».

En économie ouverte, nous disposons, pour satisfaire nos besoins de cigales, de tous les produits et services importés. Dans ce cas, hélas, en plus des revenus censés engendrés au cours de la phase « production » il va bien nous falloir d’autres ressources, pour payer des produits que nous n’avons pas fabriqués. Ici, même la loi de Say ne peut rien pour nous. Il faut trouver d’autres ressources financières.

Ces ressources financières ne peuvent venir que de deux sources : la vente à l’étranger de produits et de services fabriqués ou produits localement, ce seront les exportations, ou un financement qui nous serait aimablement accordé par un système financier, que ce système soit ou non directement lié aux importateurs.
Depuis 2003, le PIB de la France est tel que soit notre soif de consommation (notre demande) soit notre puissance de fabrication locale (notre offre) se sont révélées incapables d’être en équilibre, d’où des déficits de notre balance commerciale (la différence entre importations et exportations) récurrents, oscillant entre 40 et 70 milliards d’euros, c’est-à-dire entre 2 et 3,5% de notre « PIB », quelle que soit la validité de ce dernier indicateur.

Ce déficit commercial permanent, financé par des dettes qui s’accumulent auprès de créanciers, intérieurs ou extérieurs, il faudra bien finir par le rembourser, non ? Et, avant même de ce faire, il faudra aussi le résorber, ce qui ne peut se faire qu’avec une politique énergique de ré-industrialisation de la France et de rééquilibrage des échanges, ce qu’au Front national nous appelons protectionnisme intelligent ou raisonné. Que la France soit plutôt cigale ou plutôt fourmi, il faudra de toutes façons reprendre notre avenir en main, retrouver notre souveraineté bien effilochée depuis des décennies.

Imposture et posture de ceux qui critiquent le concept de protectionnisme du Front national

Bruno Lemaire

Par Bruno Lemaire, docteur ès Sciences économiques, docteur en Mathématiques, diplômé d’Harvard, ancien doyen associé d’HEC, secrétaire général d’Idées Nation

En fait, pour Emmanuel Combe, économiste de formation littéraire, spécialiste de la ‘concurrence’ (loyale ?) le protectionnisme du FN se résumerait à un problème de chiffres et de quotas, et la seule mise en place de barrières tarifaires, ce qui est faux, et ce qui serait stupide, seul point d’accord entre nous.
Résumer la politique d’échanges équilibrés que le Front national veut mettre en place à cette mesurette est une imposture, Monsieur Combe le sait sans doute, s’il lui reste un soupçon de lucidité. Mais peut-on reprocher à un économiste du système de reprendre cette posture ? Sans doute pas.
Quoiqu’il en soit, lorsque nous parlons de la mise en place d’écluses commerciales ou d’un protectionnisme intelligent, l’objectif principal n’est nullement de réduire les importations – ce qui nous exposerait à d’éventuelles mesures de rétorsion, c’est évident – mais de réguler les échanges en augmentant en premier lieu nos exportations, en comblant ainsi les 3 à 3.5% de déficit commercial que la France traîne depuis des années.

Non à un protectionnisme suranné, oui à un protectionnisme innovant, celui de l’équilibre des échanges extérieurs

Bruno Lemaire

Par Bruno Lemaire, Docteur ès Sciences économiques, club Idées Nation

Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le rôle de l’État, protecteur ou protectionniste ? Et si l’État était simplement pour l’équilibre, en particulier dans le domaine des échanges commerciaux avec l’étranger…

Pas facile diront certains, lorsque l’on sait que le déficit extérieur oscille depuis 6 ou 7 ans, au gré des variations de l’euro et du cours du pétrole, entre 45 et 70 milliards, ce qui représente entre 2.2% et 3.5% de notre production totale, du moins telle qu’elle est représentée par notre PIB.

Ce n’est évidemment pas en mettant des taxes supplémentaires, plus ou moins uniformément et bureaucratiquement, aux produits importés que nous diminuerons les importations, ou augmenterons les exportations, ni en nous contentant de déprécier, ou de dévaluer, notre monnaie, une fois retrouvée notre souveraineté monétaire. Heureusement, une autre solution existe, à la fois plus efficace et plus «libérale ».

De fait, la manière la plus simple de présenter cette mesure, dite de « droits à importer », est d’imaginer la France comme une méga-entreprise d’import-export, ou, si vous voulez, comme un réseau immense d’entreprises de taille diverse, mais qui elles-mêmes se considèreraient toutes, ou fonctionneraient toutes, comme des entreprises ‘import-export’.

La déflation, c’est maintenant !

Bruno LemairePar Bruno Lemaire, secrétaire général d’Idées Nation

Essayons d’y voir clair, plutôt que d’utiliser le langage pédant cher aux ‘experts’ de toutes sortes.

L’économie française, et peut-être européenne, est en panne, c’est-à-dire que nous ne produisons pas plus de biens et services qu’il y a 6 ou 7 ans, pour une population qui s’est accrue pourtant de près de deux millions de personnes, et un chômage qui a  augmenté de plus d’un million d’âmes.

Notre pouvoir d’achat moyen, qui, pour certains s’est simplement transformé en simple pouvoir de survie, a donc lui aussi diminué.

Quant à la hausse des prix, plus couramment appelée « inflation », elle n’a jamais été aussi faible, du moins officiellement.

Alors, succès ou échec que cette inflation tant décriée ?

Faut-il rappeler que pendant les « trente glorieuses », de 1947 à 1973 (pas tout à fait trente ans donc …) la croissance française était de l’ordre de 5%, avec une inflation du même ordre, ce qui ne gênait que les « rentiers », pas les « travailleurs », et ce avec un chômage quasiment inexistant.

Alors non, l’inflation n’est pas un mal absolu : le véritable danger, serait une hyperinflation, c’est-à-dire une inflation incontrôlable. Mais nous en sommes bien loin.

Cela étant, pourquoi une inflation (officielle) si faible est-elle dommageable ?

Pour une raison bien simple, ceux qui ont de l’argent, beaucoup d’argent, préfèrent investir, ou spéculer, là où le marché monte – à la Bourse par exemple – plutôt que dans un secteur où les prix stagnent, voire baissent. Qui va acheter, pour les revendre, des marchandises, lorsque l’on craint que les prix à la revente soient plus bas encore que les prix d’achat.

Certes les « petits », les « sans-grade », aimeraient bien acheter « à prix bas ». Mais eux n’ont déjà plus le moyen d’acheter quoi que ce soit.

Forcer les « riches » ou les « gros rentiers » à dépenser ? Comment ? Ce n’est sûrement pas en faisant appel à leur sens civique que cela peut marcher, et les inciter à sortir de la « trappe à liquidités » évoquée par Keynes.

Lorsque l’on voit les sommes énormes injectées par la BCE dans l’économie européenne, mais qui se retrouvent simplement dans les bilans des banques ou les comptes des spéculateurs, c’est-à-dire dans l’économie financière, et non dans l’économie réelle, celle de tous les jours, celle des commerçants, artisans, entrepreneurs , ménages, on voit bien que ce n’est pas en jouant sur la quantité de monnaie, ou même sur le taux d’intérêt, qu’il faut agir.

Non, c’est en faisant en sorte que l’argent, qui existe, soit à la disposition de tous ceux qui en ont besoin, dans la consommation comme dans la production et, par-dessus tout, que cet argent ne soit pas thésaurisé. En d’autres termes, que l’argent soit périssable, comme toute autre marchandise. C’est la seule façon de lutter contre cette panne de consommation et d’investissement ‘physique’ dénoncée par nos élites, mais qui se gardent bien d’y apporter le moindre remède, de peur de déranger leurs « amis de la finance ».

C’est pourtant d’une profonde réforme du système monétaire et financier dont la France a besoin.

Les conséquences d’une renaissance du franc : mythes, fantasmes et réalités

euroQuelques réponses aux questions que se posent légitiment les Français, par Bruno Lemaire, professeur émérite HEC, conseiller économique de Marine Le Pen.

Q. La sortie de l’euro est-elle inévitable, et quelles en seraient dans ce cas les modalités ?
Inévitable, peut-être pas. Ce qui est sûr, c’est que l’euro est sous perfusion, et que l’eurozone ne subsiste que grâce aux petites et grandes manœuvres de la BCE, un ancien de la banque Goldman Sachs à sa tête.
De fait, il n’y a que 3 scénarios possibles, en dehors d’un statu quo qui ne peut que continuer à affaiblir la majorité des pays et des peuples de cette eurozone.

Q. Lesquels ?
Le scénario 1, celui recommandé par Marine Le Pen, serait une sortie coordonnée de l’euro, qui se concrétiserait par la renaissance des monnaies nationales dans chacun des 18 pays de l’eurozone, un franc nouveau, une peseta nouvelle, une lire nouvelle, etc.
Le scénario 2, plus brutal, serait l’éclatement de la zone euro en 2 zones monétaires, l’eurozone « germaine » et l’eurozone « latine »
Le scénario 3, encore plus brutal – mais qui n’est pas le moins plausible si l’on continue à nier les problèmes soulevés par l’existence même de l’euro – c’est l’explosion de l’euro, ce qu’avaient d’ailleurs envisagé, fin 2011, Jacques Attali et même Jacques Sapir.
Ce serait sans doute la pire situation pour l’Allemagne, alors que la France aurait dans les trois cas un surcroît annuel de croissance supérieur à 2%, voire davantage, cette croissance étant d’autant plus forte que la dépréciation du franc nouveau par rapport au niveau actuel de l’euro serait importante.

Le commerce international pour les nuls

Bruno LemairePar Bruno Lemaire, professeur émérite HEC, conseiller économique de Marine Le Pen

Le commerce international pour les nuls, et pour ceux qui veulent vraiment comprendre…

Entretien avec Bruno Lemaire, professeur émérite HEC, colistier de « Perpignan Ensemble avec Louis Aliot »

Q. Après le front républicain, qui semble avoir montré ses limites, les adversaires de Marine Le Pen semblent vouloir construire un « front des experts », en décrétant que le programme économique du Front National , avec en particulier la « sortie » de l’euro, conduirait la France à sa perte !… Qu’en pensez-vous ?

Il serait facile de leur répondre que les experts du système au pouvoir depuis 40 ans n’ont pas vraiment montré leurs talents en ce domaine. Mais laissons cela pour le moment, et tâchons de répondre à cette question, que nos compatriotes sont encore nombreux à se poser.
Pour cela, je voudrais aborder trois points, en commençant par le plus important, qui n’est pas la question de l’euro, même si cette dernière est incontournable.

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Crédit et Epargne pour les Nuls … Etes-vous cigale ou fourmi ?

Bruno Lemaire4e Billet de Bruno Lemaire, membre du Club Idées Nation, professeur émérite HEC, concernant les concepts économiques de base intitulé « le crédit et l’épargne pour les nuls ».

Q. Le Crédit, cela sert à quoi ? Et pourrait-on s’en passer ?

Question difficile, du moins sous cette forme, et que je vais vous aider à préciser. C’est un peu comme si vous me demandiez, vaut-il mieux épargner, ou consommer, ou encore vaut-il mieux être fourmi ou cigale.

Q. Et votre réponse serait ?

Cela dépend, ou plus précisément il faut les deux, épargner avant de consommer, mais faut-il encore pouvoir épargner.

Q. Comment cela ?

Dans une économie de pure subsistance, tout ce qui est produit, ou récolté, au cours d’une journée est consommé, car la production est si faible qu’il n’est pas possible de faire des stocks. Il y a 3 ou 4 mille ans, c’était le cas de la plupart des civilisations, dont la survie dépendait essentiellement de la nature, de la cueillette des fruits sauvages ou de la chasse. Nous avons heureusement dépassé ce stade depuis longtemps, même si, pour diverses raisons, souvent sordides, il y a encore des millions d’êtres humains qui meurent de faim, ou de malnutrition, chaque année.

En fait, dans une économie ‘normalement’ développée, les différents processus de production prennent un certain temps. En agriculture, c’est une ou deux saisons, pour construire un airbus, c’est aussi plusieurs mois, pour mettre en place une centrale nucléaire, c’est plusieurs années.

S’il n’y avait pas des stocks – de matières premières,  de vivres, de biens divers nécessaires à une vie ‘normale’ – permettant d’attendre la fin de ces divers processus de production, aucune de ces productions ne serait possible, on vivrait au jour le jour, en dépendant de la nature ou de la providence.

La monnaie pour les nuls… Et si nous parlions d’argent ?

Bruno LemaireSuite de la saga estivale sur les concepts économiques de base, « la monnaie pour les nuls », par Bruno Lemaire, membre du Club Idées Nation, professeur émérite HEC.

Q. Une économie, sans argent, ne serait-ce pas le rêve ?

Hélas ! non, il ne peut y avoir d’économie moderne sans argent, ou du moins sans argent-monnaie. On pourrait, théoriquement, s’en passer, mais, pratiquement, c’est impossible.

Q. Pourquoi cela ? Je croyais que le plus important, en économie, c’était la capacité de production, en personnel, en équipements, en matériaux de toutes sortes ?

Vous avez raison. Si l’on imaginait un monde sans ces moyens, ou « facteurs », de production, rien ne pourrait être produit. Alors que l’on pourrait, effectivement, imaginer un système économique sans monnaie, mais ce serait tellement compliqué de le faire fonctionner que les éventuels avantages de ce monde sans argent ne compenseraient pas ses principales qualités.

Q. Pourriez-vous préciser tout cela ?

La fiscalité pour les nuls… Les impôts, à quoi ça sert ?

Bruno LemaireDans la série estivale « Économie pour les nuls », Bruno Lemaire, membre du Club Idées Nation, professeur émérite HEC, récidive pour notre plus grand intérêt avec un article sur la fiscalité.

Q. Un ministre de l’Économie qui nous parle d’un « ras-le-bol fiscal ». C’est plutôt une bonne chose, non ?

Hum. Si j‘avais le talent de Dalida, je chantonnerais bien « paroles, paroles », ou  « encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots » .

 Nos différents ministres ont souvent les bons mots pour décrire l’exaspération de leurs « sujets », mais cela s’arrête là. On attend encore et toujours les actes. La fiscalité française est l’une des plus lourdes du monde, et cela ne va sans doute pas s’arranger.

Il faut bien financer les emplois aidés – puisqu’ils risquent de ne pas être très productifs – ainsi que d’autres emplois dont le principal objectif, quasiment avoué, est de faire diminuer les chiffres du chômage.

Q. Élargissons la question, si vous le voulez bien. Les  impôts, à quoi ça sert ?