Marine Le Pen - Elections Europeennes 2014 - NationsPresse

Marine Le Pen lance la campagne : « Oui à la France, non à Bruxelles ! »

A Paris, à la Maison des Centraliens, Marine Le Pen, députée française au Parlement européen et présidente du Front National et du RBM, a lancé la campagne pour les élections européennes du 25 mai 2014. Elle était accompagnée des 8 candidats têtes de liste : Pour la région Nord-Ouest avec Marine Lire l'intégralité de l'article

Hors zone euro, la Grande Bretagne se redresse plus vite

Hors zone euro, la Grande-Bretagne se redresse plus vite que la France !

Revue de presse. Hors de la zone euro et parfaitement souveraine, la Grande-Bretagne se redresse après la crise financière. Grâce à la mise en place d’une politique monétaire très accommodante, le gouvernement favorise en priorité le retour de la croissance économique, l’emploi des Anglais, le développement et l’activité des entreprises, Lire l'intégralité de l'article

Encart Front National - Flamme - logo

A Laguiole, c’est un morceau de notre patrimoine national que brade le gouvernement !

Communiqué du Front National Au prétexte que la loi censée protéger les artisans titulaires d’une indication géographique protégée n’est pas encore appliquée, le gouvernement abandonne le village de Laguiole, fleuron de la coutellerie française, à une succession de décisions ubuesques. Après avoir été dépossédé de son nom par une première Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen - France 3

Européennes / FN / BNP – Droit de réponse de Marine Le Pen au Figaro

Mise en cause dans un article titré « Rencontre avec Nigel Farage, le Britannique qui veut faire sauter l’Europe » publié en page X de votre édition du 15 avril 2014 et dans sa version numérique http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/14/31001-20140414ARTFIG00287-rencontre-avec-nigel-farage-le-britannique-qui-veut-faire-sauter-l-europe.php, je vous prie et au besoin … en vertu des dispositions prévues par l’article 13 Lire l'intégralité de l'article

Humiliation de la France su la scene europeenne - deficit public 2014

Objectif 3 % de déficits publics : Valls contredit Hollande !

Dans la revue de presse de ce matin diffusée sur la chaîne de l’économie, BFM Business, Laurent Mimouni relate le contorsionnisme adopté par le Premier ministre, Manuel Valls, pour essayer de s’en sortir vis-à-vis de l’Europe de Bruxelles : « Hier à Berlin raconte Le Figaro, Manuel Valls a été très clair, Lire l'intégralité de l'article

vacances - le budget des francais chute de 25 pourcent

Vacances : le budget des Français s’effondre de 25 % !

En plein marasme social dû à la politique d’austérité européenne mise en œuvre par le tandem socialiste Valls-Hollande, les Français sont obligés de réduire considérablement depuis plus de 3 ans leur budget alloué pour partir en vacances. Ils se serrent la ceinture et économisent. C’est Mondial Assistance, un assureur de Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen - Europeennes 2014 - 25 mai 2014

Européennes 2014 – Marine Le Pen : « J’en appelle à la lucidité des Français ! »

Ce matin, Marine Le Pen, présidente du Front National et du Rassemblement Bleu Marine, était l’invitée de Guillaume Durand sur Radio Classique et LCI. Marine Le Pen a réagi en marge des élections européennes qui se dérouleront le 25 mai 2014 en France. « J’en appelle à la lucidité des Français !  Lire l'intégralité de l'article

Louis Aliot

Salut les terriens : Louis Aliot invité de Thierry Ardisson

Louis Aliot, vice-président du Front National chargé des manifestations et de la formation, est l’invité de Thierry Ardisson dans l’émission « Salut les terriens » sur Canal Plus. Salut les Terriens du 12/04/14 – Part. 2 Louis Aliot à partir de 7mn Partager la publication "Salut les terriens : Louis Aliot invité de Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen a la Douma - crise en Ukraine

Russie : visite privée de Marine Le Pen à la Douma

En visite privée à Moscou en Fédération de Russie, Marine Le Pen, présidente du Front National et du Rassemblement Bleu Marine, en a profité pour rencontrer et dialoguer avec le président de la Douma, Sergueï Narychkine, concernant la crise en Ukraine provoquée par les euromondialistes. Partager la publication "Russie : visite Lire l'intégralité de l'article

Archives catégories : Analyse financière de Bruno Lemaire

Les conséquences d’une renaissance du franc : mythes, fantasmes et réalités

euroQuelques réponses aux questions que se posent légitiment les Français, par Bruno Lemaire, professeur émérite HEC, conseiller économique de Marine Le Pen.

Q. La sortie de l’euro est-elle inévitable, et quelles en seraient dans ce cas les modalités ?
Inévitable, peut-être pas. Ce qui est sûr, c’est que l’euro est sous perfusion, et que l’eurozone ne subsiste que grâce aux petites et grandes manœuvres de la BCE, un ancien de la banque Goldman Sachs à sa tête.
De fait, il n’y a que 3 scénarios possibles, en dehors d’un statu quo qui ne peut que continuer à affaiblir la majorité des pays et des peuples de cette eurozone.

Q. Lesquels ?
Le scénario 1, celui recommandé par Marine Le Pen, serait une sortie coordonnée de l’euro, qui se concrétiserait par la renaissance des monnaies nationales dans chacun des 18 pays de l’eurozone, un franc nouveau, une peseta nouvelle, une lire nouvelle, etc.
Le scénario 2, plus brutal, serait l’éclatement de la zone euro en 2 zones monétaires, l’eurozone « germaine » et l’eurozone « latine »
Le scénario 3, encore plus brutal – mais qui n’est pas le moins plausible si l’on continue à nier les problèmes soulevés par l’existence même de l’euro – c’est l’explosion de l’euro, ce qu’avaient d’ailleurs envisagé, fin 2011, Jacques Attali et même Jacques Sapir.
Ce serait sans doute la pire situation pour l’Allemagne, alors que la France aurait dans les trois cas un surcroît annuel de croissance supérieur à 2 %, voire davantage, cette croissance étant d’autant plus forte que la dépréciation du franc nouveau par rapport au niveau actuel de l’euro serait importante.

Le commerce international pour les nuls

Bruno LemairePar Bruno Lemaire, professeur émérite HEC, conseiller économique de Marine Le Pen

Le commerce international pour les nuls, et pour ceux qui veulent vraiment comprendre…

Entretien avec Bruno Lemaire, professeur émérite HEC, colistier de « Perpignan Ensemble avec Louis Aliot »

Q. Après le front républicain, qui semble avoir montré ses limites, les adversaires de Marine Le Pen semblent vouloir construire un « front des experts », en décrétant que le programme économique du Front National, avec en particulier la « sortie » de l’euro, conduirait la France à sa perte !… Qu’en pensez-vous ?

Il serait facile de leur répondre que les experts du système au pouvoir depuis 40 ans n’ont pas vraiment montré leurs talents en ce domaine. Mais laissons cela pour le moment, et tâchons de répondre à cette question, que nos compatriotes sont encore nombreux à se poser.
Pour cela, je voudrais aborder trois points, en commençant par le plus important, qui n’est pas la question de l’euro, même si cette dernière est incontournable.

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Crédit et Epargne pour les Nuls … Etes-vous cigale ou fourmi ?

Bruno Lemaire4e Billet de Bruno Lemaire, membre du Club Idées Nation, professeur émérite HEC, concernant les concepts économiques de base intitulé « le crédit et l’épargne pour les nuls ».

Q. Le Crédit, cela sert à quoi ? Et pourrait-on s’en passer ?

Question difficile, du moins sous cette forme, et que je vais vous aider à préciser. C’est un peu comme si vous me demandiez, vaut-il mieux épargner, ou consommer, ou encore vaut-il mieux être fourmi ou cigale.

Q. Et votre réponse serait ?

Cela dépend, ou plus précisément il faut les deux, épargner avant de consommer, mais faut-il encore pouvoir épargner.

Q. Comment cela ?

Dans une économie de pure subsistance, tout ce qui est produit, ou récolté, au cours d’une journée est consommé, car la production est si faible qu’il n’est pas possible de faire des stocks. Il y a 3 ou 4 mille ans, c’était le cas de la plupart des civilisations, dont la survie dépendait essentiellement de la nature, de la cueillette des fruits sauvages ou de la chasse. Nous avons heureusement dépassé ce stade depuis longtemps, même si, pour diverses raisons, souvent sordides, il y a encore des millions d’êtres humains qui meurent de faim, ou de malnutrition, chaque année.

En fait, dans une économie ‘normalement’ développée, les différents processus de production prennent un certain temps. En agriculture, c’est une ou deux saisons, pour construire un airbus, c’est aussi plusieurs mois, pour mettre en place une centrale nucléaire, c’est plusieurs années.

S’il n’y avait pas des stocks – de matières premières,  de vivres, de biens divers nécessaires à une vie ‘normale’ – permettant d’attendre la fin de ces divers processus de production, aucune de ces productions ne serait possible, on vivrait au jour le jour, en dépendant de la nature ou de la providence.

La monnaie pour les nuls… Et si nous parlions d’argent ?

Bruno LemaireSuite de la saga estivale sur les concepts économiques de base, « la monnaie pour les nuls », par Bruno Lemaire, membre du Club Idées Nation, professeur émérite HEC.

Q. Une économie, sans argent, ne serait-ce pas le rêve ?

Hélas ! non, il ne peut y avoir d’économie moderne sans argent, ou du moins sans argent-monnaie. On pourrait, théoriquement, s’en passer, mais, pratiquement, c’est impossible.

Q. Pourquoi cela ? Je croyais que le plus important, en économie, c’était la capacité de production, en personnel, en équipements, en matériaux de toutes sortes ?

Vous avez raison. Si l’on imaginait un monde sans ces moyens, ou « facteurs », de production, rien ne pourrait être produit. Alors que l’on pourrait, effectivement, imaginer un système économique sans monnaie, mais ce serait tellement compliqué de le faire fonctionner que les éventuels avantages de ce monde sans argent ne compenseraient pas ses principales qualités.

Q. Pourriez-vous préciser tout cela ?

La fiscalité pour les nuls… Les impôts, à quoi ça sert ?

Bruno LemaireDans la série estivale « Économie pour les nuls », Bruno Lemaire, membre du Club Idées Nation, professeur émérite HEC, récidive pour notre plus grand intérêt avec un article sur la fiscalité.

Q. Un ministre de l’Économie qui nous parle d’un « ras-le-bol fiscal ». C’est plutôt une bonne chose, non ?

Hum. Si j‘avais le talent de Dalida, je chantonnerais bien « paroles, paroles », ou  « encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots » .

 Nos différents ministres ont souvent les bons mots pour décrire l’exaspération de leurs « sujets », mais cela s’arrête là. On attend encore et toujours les actes. La fiscalité française est l’une des plus lourdes du monde, et cela ne va sans doute pas s’arranger.

Il faut bien financer les emplois aidés – puisqu’ils risquent de ne pas être très productifs – ainsi que d’autres emplois dont le principal objectif, quasiment avoué, est de faire diminuer les chiffres du chômage.

Q. Élargissons la question, si vous le voulez bien. Les  impôts, à quoi ça sert ?

Le PIB pour les nuls… Ne dites pas à ma mère que je suis économiste, elle me croit sérieux

Bruno LemairePar Bruno Lemaire, Club Idées Nation, Professeur Emérite HEC.

Q. Cette croissance surprise, vous y croyez ?

Je crois aux chiffres, mais je me méfie de leur interprétation.

Q. Ce qui veut dire ?

Le PIB (Produit intérieur brut) est assez simple à définir, un peu moins à comprendre. Je vais quand même essayer.

Le PIB est censé mesurer la différence entre la production, et ce qui est utilisé, ou « consommé productivement » dans ladite production.

Q. Un ou deux exemples peut-être ?

Un premier exemple, celui d’un commerçant : il achète un tissu 100 euros, et  le revend 120 euros. Sa « valeur ajoutée », qui va faire partie de ce fameux « PIB », sera donc de 20 euros.

Q ; Et s’il n’arrive pas à revendre ce tissu ?

Hum, ne compliquez pas. Disons que dans ce cas, son stock sera valorisé à quelque chose entre 100 et 120 euros, suivant son optimisme et les conditions du marché.

Q. Si je comprends bien, le PIB est mesuré de façon élastique, comme les stères des marchands de bois ?

Pourquoi la dette grecque… et pas celle de la France ?

Bruno LemaireBillet d’humeur de Bruno Lemaire

Les rédactions de divers journaux s’enflamment périodiquement autour d’un secret de Polichinelle. Chacun sait, depuis 2 ou 3 ans, que la Grèce ne pourra jamais rembourser la totalité de sa dette. Certains fixent même la date de cet abandon annoncé, au moins pour une nouvelle moitié de cette date, à savoir 2015 : cette date en vaut bien une autre.

De fait, on a eu beau effacer en partie la dette publique grecque, dépenser des milliards pour la « sortir du trou », attendre que le pouvoir d’achat moyen des grecs soit amputé de près de 30 %, rien ni a fait. Même le FMI commence à le faire savoir, comme le rappelle Le Figaro : c’est tout dire (voir ici)

Alors, à quoi rime cette comédie. Faudra t-il attendre 3 ou 4 ans de gouvernance, ou de non-gouvernance Ayrault-Hollande, et les nombreuses souffrances occasionnées de ce fait aux plus fragiles de nos compatriotes, pour qu’on en tire des leçons analogues pour la France. Non, dans le système européiste et mondialiste actuel, les dettes publiques françaises ne pourront jamais être remboursées en totalité. Reste la grande question : qui va devoir payer ?

La seule façon de sortir de cette cure d’austérité, à la fois mortifère et sans lendemain – comment croire en effet que c’est en produisant moins que l’on peut rembourser plus – c’est d’appliquer les propositions de Marine Le Pen. Et cela tant dans le domaine monétaire – reprise en mains par la puissance publique de l’émission monétaire – que dans le domaine économique – protectionnisme raisonné avec la mise en place de véritables écluses, qui ne sont ni les passoires actuelles, ni les barrages comme ses opposants le prétendent.

Caricature ET Réalité, l’analyse superficielle est bonne, pas les méthodes à appliquer

Libres propos de Bruno Lemaire

Je pense n’étonner personne en disant que si nos « amis » anglais savent mettre le doigt là où cela fait mal, leur empressement à nous soigner n’est peut être pas complètement sincère, et que leurs solutions ne sont peut être pas si efficaces que cela.

Nous sommes nombreux à déplorer la financiarisation excessive de l’économie, et même si nous sommes un peu moins nombreux à suggérer que l’eurozone est sans doute l’une des causes majeures du déclin réel de la France, nous n’avons sans doute pas à recevoir des leçons d’économie industrielle de la « City ». Il est bien loin lui aussi le rôle essentiel que jouait l’économie anglaise dans l’économie mondiale. La City reste certes une place forte de la finance internationale,, mais est-ce suffisant pour nous dire comment il faudrait réindustrialiser la France.

Les véritables remèdes sont connus, m^me s’ils sont politiquement incorrects, puisqu’il s’agirait de rebâtir un mix efficace entre libéralisme et interventionnisme étatique. Redonner à a puissance publique sa pleine souveraineté en matière monétaire et budgétaire, ainsi qu’une forte influence, sinon une pleine maîtrise, sur des secteurs stratégiques comme l’Energie, les Transports, l’Aménagement du territoire, l’Education et la Santé. Mais reconstruire ainsi un « Etat stratège », comme le souhaitent Nicolas Dupont Aignan et Marine Le Pen, n’est pas possible dans le cadre des traités européens. Imaginer un protectionnisme « intelligent », utilisant des « écluses commerciales » pour réguler les différents flux, capitaux, biens, services et personnes – en respectant ainsi l’esprit de la Charte de la Havane – n’est pas non plus admissible dans l’état actuel des règles émises par l’OMC.

Alors, devrons nous attendre que la France soit devenu un « pays du Club Med » comme le suggèrent si aimablement un certain nombre d’experts, avant de réagir et de reprendre en mains notre propre destin ? La réponse est essentiellement politique. Mais pour cela il faut dépasser le (faux) sophisme : eurozone égal Union européenne égal Europe égal paix en Europe.

La véritable coopération entre nations ne dépend pas de l’existence, ou non, d’une monnaie unique, mais d’une volonté d’aller de l’avant, en regardant les réalités en face, et si possible ensemble.

Voilà ce qu’il faudrait dire à nos « amis » anglais, ainsi qu’à nos voisins européens, qu’ils soient du sud ou du nord.

Source

Le libre-échange dans la mondialisation actuelle : vers une catastrophe annoncée (3/3)

Bruno LemaireTribune libre de Bruno Lemaire, économiste, ancien professeur à HEC, ( partie 3 sur 3)

(Nous avons vu précédemment qu’évoquer protectionnisme ou libéralisme sans prendre en compte un double contexte, un contexte interne – celui du type d’activités concernées – un contexte externe – celui du solde commercial des pays ou des zones géographiques concernées – ne peut que conduire à des positions ‘déraisonnables’, car purement idéologiques. Il semble par ailleurs évident qu’aucun pays ne peut admettre un déséquilibre commercial permanent avec l’un de ses voisins, c’est vrai pour le pays excédentaire plus encore peut être que pour le pays débiteur. Tout déficit permanent doit, tôt ou tard, conduire à des mesures de ‘rééquilibrage’ très souvent drastiques, et toujours douloureuses)

Q. Au cours des siècles passés, une telle situation pouvait se ‘résoudre’ par une guerre …

Cela peut aussi se faire par un abandon des créances, ou un moratoire sur les dettes. Quand l’intérêt des entreprises était confondu avec l’intérêt du pays des dites entreprises, comme du temps des entreprises anglaises et de la Compagnie des Indes, c’était sans doute plus aisé d’avoir une position commune. Mais, de nos jours, ce que Volkswagen ou Siemens recherchent, c’est à être payé, c’est que leurs créances soient honorées. Quel que soit leur éventuel sens patriotique, leur objectif n’est pas que l’Allemagne prenne en guise de paiement une partie de l’Alsace Lorraine, de la Corse, ou encore de la Guadeloupe.

D’où les deux pistes possibles pour obtenir cet équilibre, qui était censé, dès la charte de la Havane, devoir être recherché par les deux parties, ici la France et l’Allemagne : une piste coopérative – qui concerne plutôt les entreprises elles-mêmes – et une piste législative.

Le libre-échange dans la mondialisation actuelle : vers une catastrophe annoncée (2/3)

Bruno LemaireTribune libre de Bruno Lemaire, économiste, ancien professeur à HEC, ( partie 2 sur 3)

(La première partie de cette tribune a montré l’importance – à la fois historique et concrète – de différencier qualitativement – et quantitativement – certaines activités, celles à « rendements croissants » – rencontrées essentiellement dans le secteur industriel et manufacturier, et celles à rendements décroissants, de type ‘malthusien’, correspondant le plus souvent au secteur ‘primaire’, agriculture ou matières premières. Ce qui implique que des mesures de protectionnisme ou de libre-échange ne peuvent être évaluées objectivement si l’on ne prend pas en compte cet élément fondamental.)

Q. Mais que répondriez-vous à ceux qui, même convaincus par vos arguments, vous rétorqueraient que tout cela, c’est du passé, et que dans un contexte de mondialisation, seul le libre-échange peut être proposé.

Il n’y a pas vraiment besoin de remonter très loin dans le passé pour montrer que ce double principe, protectionnisme pour les industries naissantes et libre-échange lorsque l’on est en position favorable, est encore d’actualité, même si personne n’en parle, suivant la bonne vieille rhétorique, ne faites pas ce que je dis, mais faites ce que je fais.

Le plan Marshall instauré en 1947, dont les effets positifs se sont fait sentir en Europe occidentale pendant les Trente glorieuses, et au Japon et en Corée plus longtemps encore, a eu pour objectif principal de réindustrialiser les pays limitrophes de l’URSS et de la Chine, pour tenter de bâtir un « cordon sanitaire » autour du « bloc communiste ». Après la chute du mur de Berlin – « la fin de l’histoire » d’après Fukushima – et la désagrégation partielle de l’ex-URSS, le cours normal des affaires a repris, et l’Europe n’apparaît donc plus comme un allié objectif des USA, mais plutôt comme un concurrent parfois gênant.

Le libre-échange dans la mondialisation actuelle : vers une catastrophe annoncée (1/3)

Bruno LemaireTribune libre de Bruno Lemaire, économiste, ancien professeur à HEC, (partie 1 sur 3)

Q. Ses adversaires politiques ont souvent reproché au projet économique de Marine Le Pen d’être archaïque, et d’aller contre le progrès, en particulier lorsqu’elle défend un « protectionnisme intelligent ». Qu’en pensez-vous ?

En fait, les deux principaux piliers de son projet économique sont issus de la même idée, simple à énoncer, plus difficile à mettre en place : une priorité « patriotique » reposant sur un double équilibre, équilibre des échanges extérieurs (flux de capitaux, flux de biens, flux de services, et flux de personnes), et équilibre entre l’État et le secteur privé.
Pendant la campagne présidentielle, on a plus souvent évoqué la question monétaire que celle du libre-échange, et nous avons cherché, sur la première question, à montrer le scandale constitué par le fait que c’était le « privé » qui imposait sa loi à l’ensemble de l’économie, par le biais d’une création monétaire incontrôlée, et ce depuis des décennies – en fait depuis 1913 aux Etats-Unis (avec la création de la « Federal Reserve » – cf. Les secrets de la Réserve fédérale, de Mullins).

Q. Ce qui a conduit à la situation actuelle : sacrifier l’industrie pour ‘sauver’ les banques ?

Effectivement. Et la lente agonie de l’Euro, ou plus exactement de la zone euro, n’en est qu’un des effets induits. Cette agonie peut d’ailleurs durer encore des mois, voire des années, tout dépendra de la volonté de la BCE de continuer à accorder des soins palliatifs à cette malheureuse monnaie unique, et peut être aussi du courage, de la lucidité ou de l’honnêteté de nos dirigeants.

Le cadeau de Noël de la BCE aux banques européennes … Mais qui va payer ?

Analyse de Bruno Lemaire, conseiller auprès de Marine Le Pen pour les questions économiques

523 banques européennes ont emprunté à la BCE 489 mrds€, sur 3 ans, à un taux d’intérêt de 1 % !

Voici les faits : il paraît que les ‘experts’ s’attendaient à une demande moindre : la lettre au père Noël ‘BCE’ de la part de ces pauvres banquiers s’est montré plus exigeante que prévu.

Trois choses sont à relever dans ce joli conte de Noël.

La BCE, qui se dit indépendante des Etats, et dont la charte affirme que son principal objectif est de lutter contre l’inflation, se livre ainsi à des manœuvres qui feraient accuser n’importe quelle banque centrale ‘nationale’ de faire marcher la planche à billets. 489 milliards, c’est quand même de l’ordre de 4,5 à 5 % de l’agrégat monétaire M3, et de l’ordre de 13 à 14 % de ce que l’on qualifie habituellement de masse monétaire, au sens strict (dépôts à vue plus billets): pour une émission d’une journée, c’est pas mal.

En second lieu, nul ne sait, officiellement du moins, à quoi va servir cette avance monétaire, ni à quelles contre-parties cette monnaie est adossée. Une création monétaire destinée à de grands travaux, ou à un désendettement progressif à des taux d’intérêt raisonnables, pourquoi pas ? Mais est-ce vraiment le cas ?
Quel est vraiment l’objectif sous-jacent ? Une tentative plus ou moins justifiée de recapitaliser certaines banques ? Et qui va réellement payer ?

Le dernier point est à la fois plus technique et plus politique. De nouvelles locutions ou « éléments de langage » envahissent périodiquement nos médias, officiellement pour mieux nous informer, de mauvais esprits suggèreraient que c’est pour mieux nous manipuler. Après les « subprimes » – dont peu de gens non spécialisés avaient entendu parler avant 2007-2008- après les CDS de 2010, après « le triple A « – ou le triple rien de 2011 – on nous parle maintenant de « quantitative easing » (« QE », c’est plus tendance …) . Serait-ce pour nous cacher que ce n’est qu’un autre terme pour tenter « de battre monnaie » sans contrôle, et en vue d’un seul objectif : permettre aux banques qui ont spéculé à tort et à travers et qui se retrouvent avec des ‘actifs’ ne valant plus grand chose de faire payer leurs erreurs à d’autres. Privatiser les gains, socialiser les pertes, voilà le mot d’ordre implicite, mais, celui-là, on s’efforce de le cacher.

Pourquoi tout cela me direz-vous ? L’explication m’en semble tragiquement simple. Plutôt que de redonner aux différents Etats de la zone euro une pleine souveraineté monétaire, ce qui leur permettrai d’utiliser une éventuelle création monétaire au rétablissement d’une véritable politique industrielle et sociale, la BCE, comme sans doute l’Organisation de Bruxelles et le FMI, préfèrent sans nul doute venir au secours du monde financier. Système financier contre économie réelle, Europe fédéraliste et financiarisée d’un côté, Europe des Nations de l’autre, voilà tout l’enjeu.

La sortie de l’euro : quand l’idéologie remplace l’argumentation

Tribune de Bruno Lemaire, professeur émérite à HEC, docteur ès sciences économiques

La ‘science économique’ n’est vraiment pas une science exacte. Ceux qui n’en seraient pas encore convaincus n’auraient qu’à lire le journal Les Echos du 13 décembre 2011, et l’article consacré à une éventuelle sortie de l’euro. Dans cet article, la journaliste – Lucie Robequain – dit s’appuyer sur un modèle économétrique – et ses jolis graphiques – pour ‘prouver’ que si la France sortait de l’euro, ce serait la catastrophe.

Où l’on fait dire à un modèle ce qu’on veut lui faire dire.
Ayant enseigné pendant plus de 30 ans la modélisation à HEC, j’ai toujours tenté de faire comprendre deux choses à mes étudiants. Tout d’abord que le modèle n’était pas la réalité, et que la « carte n’était pas le territoire ». Ensuite que les conditions d’application du dit modèle devraient être respectées. En d’autres termes, qu’il ne fallait pas demander à un modèle, construit pour répondre à certains objectifs (la carte du métro de Paris ne nous dit pas grand-chose sur les films qu’on joue dans cette ville), plus qu’il ne pouvait donner.
Le modèle, utilisé par l’Institut Montaigne – joli nom au demeurant – ne répond à aucune de ces deux conditions de bon sens. Il est pourtant dit que ce type de modèle ne devrait être utilisé que pour de petites fluctuations monétaires – ce qui ne serait pas le cas si le franc était prétendument dévalorisé de 20 % par rapport à sa valeur actuelle – et que son degré de validité (come on dit pour la météo) n’est que de 1 sur 5. Et, plus fort encore, si l’on peut dire, ce modèle – dont la cohérence externe est donc tout à fait discutable – ‘prédirait’ une baisse du PIB allant de 6 à 19 %. Bonjour la précision…

Bien entendu la rédactrice de l’article, qui pense sans doute avoir commis un brulot contre ceux, assez peu nombreux encore mais dont le nombre va grandissant, qui contestent que la sortie de l’euro serait une catastrophe pour la France, pour l’Europe, voire pour le monde entier, ne retient que l’estimation haute de la fourchette : 19 % de baisse pour le PIB, et un million d’emplois perdus.

Le double et triste jeu derrière les dettes souveraines

Tribune de Bruno Lemaire, professeur émérite à HEC, docteur ès sciences économiques

Souveraineté des états et dettes souveraines : pourquoi veut-on faire croire qu’on peut et qu’on va rembourser les dettes publiques ?

Les dettes publiques des 3 plus grandes puissances à la base du vénérable et historique marché commun varient entre 85 et 120 % de leur PIB. Si on ajoute aux dettes publiques les dettes privées, et si l’on se limite au cas de la France, on arrive, selon les estimations, à 3 ou 4 fois (300 ou 400 %) le PIB.

En supposant que l’encours des dettes publiques a une maturité moyenne de 6 ans (on empruntera à 10 ans en 20122 pour rembourser les emprunts faits en 2003), pour une maturité standard de 10 ans, et que l’encours des dettes privées (entreprises et ménages) une maturité moyenne de 10 ans (les prêts au logement ayant une durée pouvant atteindre 25 ans) on arrive ainsi, très grossièrement, à une nécessité de rembourser chaque année environ 40 % du PIB, 280 milliards (16 % du PIB) pour la dette publique, 400 milliards (24 %) pour les dettes privées.

D’autres calculs indépendants estiment entre 35 et 40 % la valeur des frais financiers intégrés aux prix de production des biens et services produits en France, ce qui est cohérent avec notre propre estimation.

Le défaut des débiteurs, public ou privé, est donc inscrit dans les faits.

Laisser croire que l’on peut rembourser, que l’on va rembourser, c’est dire que l’on peut et que l’on va amputer la richesse réelle des français de 40 % pour rembourser les créanciers, que ces derniers soient des nationaux ou des étrangers.

Nul besoin d’être un grand expert, auto-proclamé ou non, pour dire que c’est impossible : le simple bon sens nous le dit. Par ailleurs, même si on le pouvait ‘physiquement’ – en travaillant donc à 40 % pour les seuls créanciers – ce serait impossible du seul point de vue monétaire. De fait, étant donné que la monnaie que l’on utilise en France est l’euro, et que l’euro a été créé en contrepartie de ces dettes, le remboursement annuel, très éventuel des 680 milliards dus en 2012 contribuerait à diminuer la masse monétaire d’une quantité égale (supérieure à toutes les liquidités disponibles, telles qu’elles sont recensées dans l’agrégat monétaire M1). Rappelons que l’agrégat monétaire M3, qui recense la monnaie, mais aussi l’épargne liquide et semi-liquide est de l’ordre de 1750 milliards d’euros.

Les créanciers se payent sur … les intérêts.

Monnaie unique, monnaie commune, monnaie nationale : de quoi parle t-on ?

Tribune de Bruno Lemaire, professeur émérite à HEC, docteur ès sciences économiques

Q. Pourquoi tous ces nouveaux mots ? Que veut-on dire par là ?

En soi, toute monnaie qui est utilisée dans une zone géographique donnée, et qui est validée comme moyen de paiement exclusif, est une monnaie ‘unique’. Le dollar, aux USA, est une monnaie unique, le franc suisse, en … Suisse, est une monnaie unique. L’euro est, pour le moment, une monnaie unique dans la zone euro.

Q. Pourquoi parle t-on alors d’une monnaie qui ne serait pas unique ?

Tout simplement parce que l’euro est une création artificielle, que les ‘prescripteurs’ ont voulu imposer à des pays qui n’étaient pas prêts, ni économiquement, ni socialement, ni politiquement, à la recevoir.

C’est un peu comme si les USA avaient voulu imposer – c’est d’ailleurs ce qu’ils ont tenté de faire – imposer donc le dollar à l’ensemble du continent nord-américain, voire à l’ensemble des deux Amériques, et, encore plus loin, à l’ensemble du monde.

Q. Et quand est-il d’une monnaie commune ?

Il y a plusieurs définitions ou conceptions possibles d’une « monnaie commune ». Mais ce qui est important à savoir, c’est que la première propriété d’une monnaie commune, c’est que … ce n’est pas une monnaie, au sens où elle ne peut être utilisée directement pour des paiements. Une « monnaie commune »- qui n’est donc pas une monnaie- est une unité de compte, qui va permettre de comparer entre eux diverses monnaies nationales. C’était le cas anciennement pour l’ECU (European Currency Unit), qui permettait de comparer entre elles les valeurs du franc1998, de la peseta1998, du mark1998, etc.

Q. Si je comprends bien, une monnaie commune européenne permettrait de relier entre elles différentes monnaies nationales européennes, afin de permettre plus facilement des échanges internationaux dans la zone concernée.

C’est tout à fait cela. L’étendue de cette zone, et donc de la validité géographique de cette nouvelle zone monétaire, dépendra évidemment du nombre et de la superficie des pays qui voudront, ou devront, sortir de la zone euro actuelle, zone artificielle pour laquelle on a voulu forcer le passage d’une « unité de compte » – l’Ecu ancien – à une monnaie (unique) l’euro2002.