Marine Le Pen - europeennes 2014

Mistral : la France gravement décrédibilisée, le contribuable encore saigné

Communiqué de Marine Le Pen, présidente du Front National L’officialisation hier de la non-livraison des navires Mistral à la Russie constitue une faute lourde de François Hollande, qui porte gravement atteinte à la crédibilité même de la France. En effet, aux considérations financières importantes de cet accord de non-livraison (entre Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen - 13h TF1 - Europeennes Mai 2014

Marine Le Pen dénonce Windows 10 de Microsoft qui espionne nos ordinateurs

Marine Le Pen, la présidente du Front national, s’en prend à Microsoft et affirme à juste titre que le dernier né de Microsoft, Windows 10, espionne nos ordinateurs. Dans une lettre ouverte à la présidente de la Commission nationale informatique libertés, la CNIL, Marine Le Pen a dénoncé « l’espionnage généralisé Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen lance un appel solennel aux francais contre le traite transatlantique

La France ne peut pas abandonner ses éleveurs

Déclaration de Marine Le Pen sur la crise agricole Je comprends la colère des éleveurs. Depuis des années, je les rencontre le plus fréquemment possible, dans leurs exploitations et lors des événements professionnels qu’ils organisent. Depuis des années, sous la droite comme sous la gauche, leur situation qui était déjà Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen - 13h TF1 - Europeennes Mai 2014

Mobilisons-nous contre la nouvelle loi criminelle du gouvernement sur l’immigration !

Communiqué de Marine Le Pen, présidente du Front national Après la loi sur l’asile la semaine dernière, le gouvernement veut faire adopter une nouvelle loi, cette fois sur le « droit des étrangers », qui confirme la folle dérive immigrationniste dans laquelle la France est en train de sombrer. Sur le volet Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen - La Preuve par 3

Marine Le Pen : « Il n’y a rien à attendre de François Hollande, toujours embourbé dans la continuité d’une politique UMPS totalement impuissante »

Réaction de Marine Le Pen à l’entretien accordé par le président de la République François Hollande a continué en ce 14 Juillet de mentir aux Français, en niant le caractère souvent gravissime de la situation dans plusieurs domaines. En cela, il s’est de nouveau montré totalement absent, laissant cette impression Lire l'intégralité de l'article

Marine Le Pen - Les 4 verites 2013

Marine Le Pen : « L’hyper-austérité qui est imposée par l’Union européenne est dévastatrice ! »

Marine Le Pen, la présidente du Front national, est intervenue sur France 2 le 25 juin dans l’émission Télé Matin. Elle a commenté la hausse énorme du chômage dont les politiques de droite comme de gauche sont responsables et a demandé à ce que nos compatriotes des DOM-TOM soient inclus Lire l'intégralité de l'article

Archives catégories : Analyse financière de Bruno Lemaire

Êtes-vous plutôt offre ou plutôt demande, plutôt fourmi ou plutôt cigale, ou les mirages du PIB

Bruno Lemaire

Par Bruno Lemaire, secrétaire général du Club Idées Nation

Comme nul ne l’ignore, la comptabilité nationale a inventé une curieuse expression pour tenter de traduire ce qui devrait intéresser tout un chacun, à savoir les richesses dont on dispose pour les utiliser, que ces richesses prennent la forme de biens ou de services. Cette expression curieuse, c’est le PIB, ou encore le produit intérieur brut.

Du point de vue concret, ou tangible, ce PIB se veut représenter ce que l’on peut consommer, ce qui serait donc à la disposition de tout un chacun – si, bien sûr les ressources monétaires correspondantes sont disponibles. On parlera volontiers de PIB en volume, pour dire que nous avons à notre disposition des carottes, des voitures, des heures de consultation médicale, ou encore des forfaits téléphoniques. Si nous étions en économie fermée, nous dirions que ces produits et services correspondent à l’offre locale, aux fourmis qui sont censées avoir « apporté sur le marché » tous ces produits et services.

Si nous regardons maintenant le côté cigale, c’est-à-dire le côté « dépenses », il faut évidemment que, en face des fourmis, il y ait des cigales « consommatrices », le côté « demande ». Même si la loi de Say semble dire que, sur le plan théorique, les dépenses des cigales sont nécessairement égales aux productions des fourmis, il n’en va pas de même dans la vie réelle, ce qui se traduit notamment par des stocks d’invendus ou par des soldes plus ou moins importantes, lorsque les cigales, que nous sommes tous plus ou moins, trouvent que ce qu’on leur propose dépasse leurs moyens financiers, leur pouvoir d’achat. Il reste toujours aussi la ressource, pour les fourmis besogneuses, de tenter d’écouler leurs produits en « offrant » aux cigales des crédits tentateurs, qu’il faudra bien, hélas, rembourser un jour, ce qui ne fait que repousser le problème. Mais, comme l’a rappelé Keynes, « à long terme nous serons tous morts ».

En économie ouverte, nous disposons, pour satisfaire nos besoins de cigales, de tous les produits et services importés. Dans ce cas, hélas, en plus des revenus censés engendrés au cours de la phase « production » il va bien nous falloir d’autres ressources, pour payer des produits que nous n’avons pas fabriqués. Ici, même la loi de Say ne peut rien pour nous. Il faut trouver d’autres ressources financières.

Ces ressources financières ne peuvent venir que de deux sources : la vente à l’étranger de produits et de services fabriqués ou produits localement, ce seront les exportations, ou un financement qui nous serait aimablement accordé par un système financier, que ce système soit ou non directement lié aux importateurs.
Depuis 2003, le PIB de la France est tel que soit notre soif de consommation (notre demande) soit notre puissance de fabrication locale (notre offre) se sont révélées incapables d’être en équilibre, d’où des déficits de notre balance commerciale (la différence entre importations et exportations) récurrents, oscillant entre 40 et 70 milliards d’euros, c’est-à-dire entre 2 et 3,5% de notre « PIB », quelle que soit la validité de ce dernier indicateur.

Ce déficit commercial permanent, financé par des dettes qui s’accumulent auprès de créanciers, intérieurs ou extérieurs, il faudra bien finir par le rembourser, non ? Et, avant même de ce faire, il faudra aussi le résorber, ce qui ne peut se faire qu’avec une politique énergique de ré-industrialisation de la France et de rééquilibrage des échanges, ce qu’au Front national nous appelons protectionnisme intelligent ou raisonné. Que la France soit plutôt cigale ou plutôt fourmi, il faudra de toutes façons reprendre notre avenir en main, retrouver notre souveraineté bien effilochée depuis des décennies.

Imposture et posture de ceux qui critiquent le concept de protectionnisme du Front national

Bruno Lemaire

Par Bruno Lemaire, docteur ès Sciences économiques, docteur en Mathématiques, diplômé d’Harvard, ancien doyen associé d’HEC, secrétaire général d’Idées Nation

En fait, pour Emmanuel Combe, économiste de formation littéraire, spécialiste de la ‘concurrence’ (loyale ?) le protectionnisme du FN se résumerait à un problème de chiffres et de quotas, et la seule mise en place de barrières tarifaires, ce qui est faux, et ce qui serait stupide, seul point d’accord entre nous.
Résumer la politique d’échanges équilibrés que le Front national veut mettre en place à cette mesurette est une imposture, Monsieur Combe le sait sans doute, s’il lui reste un soupçon de lucidité. Mais peut-on reprocher à un économiste du système de reprendre cette posture ? Sans doute pas.
Quoiqu’il en soit, lorsque nous parlons de la mise en place d’écluses commerciales ou d’un protectionnisme intelligent, l’objectif principal n’est nullement de réduire les importations – ce qui nous exposerait à d’éventuelles mesures de rétorsion, c’est évident – mais de réguler les échanges en augmentant en premier lieu nos exportations, en comblant ainsi les 3 à 3.5% de déficit commercial que la France traîne depuis des années.

Non à un protectionnisme suranné, oui à un protectionnisme innovant, celui de l’équilibre des échanges extérieurs

Bruno Lemaire

Par Bruno Lemaire, Docteur ès Sciences économiques, club Idées Nation

Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le rôle de l’État, protecteur ou protectionniste ? Et si l’État était simplement pour l’équilibre, en particulier dans le domaine des échanges commerciaux avec l’étranger…

Pas facile diront certains, lorsque l’on sait que le déficit extérieur oscille depuis 6 ou 7 ans, au gré des variations de l’euro et du cours du pétrole, entre 45 et 70 milliards, ce qui représente entre 2.2% et 3.5% de notre production totale, du moins telle qu’elle est représentée par notre PIB.

Ce n’est évidemment pas en mettant des taxes supplémentaires, plus ou moins uniformément et bureaucratiquement, aux produits importés que nous diminuerons les importations, ou augmenterons les exportations, ni en nous contentant de déprécier, ou de dévaluer, notre monnaie, une fois retrouvée notre souveraineté monétaire. Heureusement, une autre solution existe, à la fois plus efficace et plus «libérale ».

De fait, la manière la plus simple de présenter cette mesure, dite de « droits à importer », est d’imaginer la France comme une méga-entreprise d’import-export, ou, si vous voulez, comme un réseau immense d’entreprises de taille diverse, mais qui elles-mêmes se considèreraient toutes, ou fonctionneraient toutes, comme des entreprises ‘import-export’.

La déflation, c’est maintenant !

Bruno LemairePar Bruno Lemaire, secrétaire général d’Idées Nation

Essayons d’y voir clair, plutôt que d’utiliser le langage pédant cher aux ‘experts’ de toutes sortes.

L’économie française, et peut-être européenne, est en panne, c’est-à-dire que nous ne produisons pas plus de biens et services qu’il y a 6 ou 7 ans, pour une population qui s’est accrue pourtant de près de deux millions de personnes, et un chômage qui a  augmenté de plus d’un million d’âmes.

Notre pouvoir d’achat moyen, qui, pour certains s’est simplement transformé en simple pouvoir de survie, a donc lui aussi diminué.

Quant à la hausse des prix, plus couramment appelée « inflation », elle n’a jamais été aussi faible, du moins officiellement.

Alors, succès ou échec que cette inflation tant décriée ?

Faut-il rappeler que pendant les « trente glorieuses », de 1947 à 1973 (pas tout à fait trente ans donc …) la croissance française était de l’ordre de 5%, avec une inflation du même ordre, ce qui ne gênait que les « rentiers », pas les « travailleurs », et ce avec un chômage quasiment inexistant.

Alors non, l’inflation n’est pas un mal absolu : le véritable danger, serait une hyperinflation, c’est-à-dire une inflation incontrôlable. Mais nous en sommes bien loin.

Cela étant, pourquoi une inflation (officielle) si faible est-elle dommageable ?

Pour une raison bien simple, ceux qui ont de l’argent, beaucoup d’argent, préfèrent investir, ou spéculer, là où le marché monte – à la Bourse par exemple – plutôt que dans un secteur où les prix stagnent, voire baissent. Qui va acheter, pour les revendre, des marchandises, lorsque l’on craint que les prix à la revente soient plus bas encore que les prix d’achat.

Certes les « petits », les « sans-grade », aimeraient bien acheter « à prix bas ». Mais eux n’ont déjà plus le moyen d’acheter quoi que ce soit.

Forcer les « riches » ou les « gros rentiers » à dépenser ? Comment ? Ce n’est sûrement pas en faisant appel à leur sens civique que cela peut marcher, et les inciter à sortir de la « trappe à liquidités » évoquée par Keynes.

Lorsque l’on voit les sommes énormes injectées par la BCE dans l’économie européenne, mais qui se retrouvent simplement dans les bilans des banques ou les comptes des spéculateurs, c’est-à-dire dans l’économie financière, et non dans l’économie réelle, celle de tous les jours, celle des commerçants, artisans, entrepreneurs , ménages, on voit bien que ce n’est pas en jouant sur la quantité de monnaie, ou même sur le taux d’intérêt, qu’il faut agir.

Non, c’est en faisant en sorte que l’argent, qui existe, soit à la disposition de tous ceux qui en ont besoin, dans la consommation comme dans la production et, par-dessus tout, que cet argent ne soit pas thésaurisé. En d’autres termes, que l’argent soit périssable, comme toute autre marchandise. C’est la seule façon de lutter contre cette panne de consommation et d’investissement ‘physique’ dénoncée par nos élites, mais qui se gardent bien d’y apporter le moindre remède, de peur de déranger leurs « amis de la finance ».

C’est pourtant d’une profonde réforme du système monétaire et financier dont la France a besoin.

Les conséquences d’une renaissance du franc : mythes, fantasmes et réalités

euroQuelques réponses aux questions que se posent légitiment les Français, par Bruno Lemaire, professeur émérite HEC, conseiller économique de Marine Le Pen.

Q. La sortie de l’euro est-elle inévitable, et quelles en seraient dans ce cas les modalités ?
Inévitable, peut-être pas. Ce qui est sûr, c’est que l’euro est sous perfusion, et que l’eurozone ne subsiste que grâce aux petites et grandes manœuvres de la BCE, un ancien de la banque Goldman Sachs à sa tête.
De fait, il n’y a que 3 scénarios possibles, en dehors d’un statu quo qui ne peut que continuer à affaiblir la majorité des pays et des peuples de cette eurozone.

Q. Lesquels ?
Le scénario 1, celui recommandé par Marine Le Pen, serait une sortie coordonnée de l’euro, qui se concrétiserait par la renaissance des monnaies nationales dans chacun des 18 pays de l’eurozone, un franc nouveau, une peseta nouvelle, une lire nouvelle, etc.
Le scénario 2, plus brutal, serait l’éclatement de la zone euro en 2 zones monétaires, l’eurozone « germaine » et l’eurozone « latine »
Le scénario 3, encore plus brutal – mais qui n’est pas le moins plausible si l’on continue à nier les problèmes soulevés par l’existence même de l’euro – c’est l’explosion de l’euro, ce qu’avaient d’ailleurs envisagé, fin 2011, Jacques Attali et même Jacques Sapir.
Ce serait sans doute la pire situation pour l’Allemagne, alors que la France aurait dans les trois cas un surcroît annuel de croissance supérieur à 2%, voire davantage, cette croissance étant d’autant plus forte que la dépréciation du franc nouveau par rapport au niveau actuel de l’euro serait importante.

Le commerce international pour les nuls

Bruno LemairePar Bruno Lemaire, professeur émérite HEC, conseiller économique de Marine Le Pen

Le commerce international pour les nuls, et pour ceux qui veulent vraiment comprendre…

Entretien avec Bruno Lemaire, professeur émérite HEC, colistier de « Perpignan Ensemble avec Louis Aliot »

Q. Après le front républicain, qui semble avoir montré ses limites, les adversaires de Marine Le Pen semblent vouloir construire un « front des experts », en décrétant que le programme économique du Front National , avec en particulier la « sortie » de l’euro, conduirait la France à sa perte !… Qu’en pensez-vous ?

Il serait facile de leur répondre que les experts du système au pouvoir depuis 40 ans n’ont pas vraiment montré leurs talents en ce domaine. Mais laissons cela pour le moment, et tâchons de répondre à cette question, que nos compatriotes sont encore nombreux à se poser.
Pour cela, je voudrais aborder trois points, en commençant par le plus important, qui n’est pas la question de l’euro, même si cette dernière est incontournable.

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Crédit et Epargne pour les Nuls … Etes-vous cigale ou fourmi ?

Bruno Lemaire4e Billet de Bruno Lemaire, membre du Club Idées Nation, professeur émérite HEC, concernant les concepts économiques de base intitulé « le crédit et l’épargne pour les nuls ».

Q. Le Crédit, cela sert à quoi ? Et pourrait-on s’en passer ?

Question difficile, du moins sous cette forme, et que je vais vous aider à préciser. C’est un peu comme si vous me demandiez, vaut-il mieux épargner, ou consommer, ou encore vaut-il mieux être fourmi ou cigale.

Q. Et votre réponse serait ?

Cela dépend, ou plus précisément il faut les deux, épargner avant de consommer, mais faut-il encore pouvoir épargner.

Q. Comment cela ?

Dans une économie de pure subsistance, tout ce qui est produit, ou récolté, au cours d’une journée est consommé, car la production est si faible qu’il n’est pas possible de faire des stocks. Il y a 3 ou 4 mille ans, c’était le cas de la plupart des civilisations, dont la survie dépendait essentiellement de la nature, de la cueillette des fruits sauvages ou de la chasse. Nous avons heureusement dépassé ce stade depuis longtemps, même si, pour diverses raisons, souvent sordides, il y a encore des millions d’êtres humains qui meurent de faim, ou de malnutrition, chaque année.

En fait, dans une économie ‘normalement’ développée, les différents processus de production prennent un certain temps. En agriculture, c’est une ou deux saisons, pour construire un airbus, c’est aussi plusieurs mois, pour mettre en place une centrale nucléaire, c’est plusieurs années.

S’il n’y avait pas des stocks – de matières premières,  de vivres, de biens divers nécessaires à une vie ‘normale’ – permettant d’attendre la fin de ces divers processus de production, aucune de ces productions ne serait possible, on vivrait au jour le jour, en dépendant de la nature ou de la providence.

La monnaie pour les nuls… Et si nous parlions d’argent ?

Bruno LemaireSuite de la saga estivale sur les concepts économiques de base, « la monnaie pour les nuls », par Bruno Lemaire, membre du Club Idées Nation, professeur émérite HEC.

Q. Une économie, sans argent, ne serait-ce pas le rêve ?

Hélas ! non, il ne peut y avoir d’économie moderne sans argent, ou du moins sans argent-monnaie. On pourrait, théoriquement, s’en passer, mais, pratiquement, c’est impossible.

Q. Pourquoi cela ? Je croyais que le plus important, en économie, c’était la capacité de production, en personnel, en équipements, en matériaux de toutes sortes ?

Vous avez raison. Si l’on imaginait un monde sans ces moyens, ou « facteurs », de production, rien ne pourrait être produit. Alors que l’on pourrait, effectivement, imaginer un système économique sans monnaie, mais ce serait tellement compliqué de le faire fonctionner que les éventuels avantages de ce monde sans argent ne compenseraient pas ses principales qualités.

Q. Pourriez-vous préciser tout cela ?

La fiscalité pour les nuls… Les impôts, à quoi ça sert ?

Bruno LemaireDans la série estivale « Économie pour les nuls », Bruno Lemaire, membre du Club Idées Nation, professeur émérite HEC, récidive pour notre plus grand intérêt avec un article sur la fiscalité.

Q. Un ministre de l’Économie qui nous parle d’un « ras-le-bol fiscal ». C’est plutôt une bonne chose, non ?

Hum. Si j‘avais le talent de Dalida, je chantonnerais bien « paroles, paroles », ou  « encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots » .

 Nos différents ministres ont souvent les bons mots pour décrire l’exaspération de leurs « sujets », mais cela s’arrête là. On attend encore et toujours les actes. La fiscalité française est l’une des plus lourdes du monde, et cela ne va sans doute pas s’arranger.

Il faut bien financer les emplois aidés – puisqu’ils risquent de ne pas être très productifs – ainsi que d’autres emplois dont le principal objectif, quasiment avoué, est de faire diminuer les chiffres du chômage.

Q. Élargissons la question, si vous le voulez bien. Les  impôts, à quoi ça sert ?

Le PIB pour les nuls… Ne dites pas à ma mère que je suis économiste, elle me croit sérieux

Bruno LemairePar Bruno Lemaire, Club Idées Nation, Professeur Emérite HEC.

Q. Cette croissance surprise, vous y croyez ?

Je crois aux chiffres, mais je me méfie de leur interprétation.

Q. Ce qui veut dire ?

Le PIB (Produit intérieur brut) est assez simple à définir, un peu moins à comprendre. Je vais quand même essayer.

Le PIB est censé mesurer la différence entre la production, et ce qui est utilisé, ou « consommé productivement » dans ladite production.

Q. Un ou deux exemples peut-être ?

Un premier exemple, celui d’un commerçant : il achète un tissu 100 euros, et  le revend 120 euros. Sa « valeur ajoutée », qui va faire partie de ce fameux « PIB », sera donc de 20 euros.

Q ; Et s’il n’arrive pas à revendre ce tissu ?

Hum, ne compliquez pas. Disons que dans ce cas, son stock sera valorisé à quelque chose entre 100 et 120 euros, suivant son optimisme et les conditions du marché.

Q. Si je comprends bien, le PIB est mesuré de façon élastique, comme les stères des marchands de bois ?

Pourquoi la dette grecque… et pas celle de la France ?

Bruno LemaireBillet d’humeur de Bruno Lemaire

Les rédactions de divers journaux s’enflamment périodiquement autour d’un secret de Polichinelle. Chacun sait, depuis 2 ou 3 ans, que la Grèce ne pourra jamais rembourser la totalité de sa dette. Certains fixent même la date de cet abandon annoncé, au moins pour une nouvelle moitié de cette date, à savoir 2015 : cette date en vaut bien une autre.

De fait, on a eu beau effacer en partie la dette publique grecque, dépenser des milliards pour la « sortir du trou », attendre que le pouvoir d’achat moyen des grecs soit amputé de près de 30%, rien ni a fait. Même le FMI commence à le faire savoir , comme le rappelle Le Figaro : c’est tout dire (voir ici)

Alors, à quoi rime cette comédie. Faudra t-il attendre 3 ou 4 ans de gouvernance, ou de non-gouvernance Ayrault-Hollande, et les nombreuses souffrances occasionnées de ce fait aux plus fragiles de nos compatriotes, pour qu’on en tire des leçons analogues pour la France. Non, dans le système européiste et mondialiste actuel, les dettes publiques françaises ne pourront jamais être remboursées en totalité. Reste la grande question : qui va devoir payer ?

La seule façon de sortir de cette cure d’austérité, à la fois mortifère et sans lendemain – comment croire en effet que c’est en produisant moins que l’on peut rembourser plus – c’est d’appliquer les propositions de Marine Le Pen. Et cela tant dans le domaine monétaire – reprise en mains par la puissance publique de l’émission monétaire – que dans le domaine économique – protectionnisme raisonné avec la mise en place de véritables écluses, qui ne sont ni les passoires actuelles, ni les barrages comme ses opposants le prétendent.

Caricature ET Réalité, l’analyse superficielle est bonne, pas les méthodes à appliquer

Libres propos de Bruno Lemaire

Je pense n’étonner personne en disant que si nos « amis » anglais savent mettre le doigt là où cela fait mal, leur empressement à nous soigner n’est peut être pas complètement sincère, et que leurs solutions ne sont peut être pas si efficaces que cela.

Nous sommes nombreux à déplorer la financiarisation excessive de l’économie, et même si nous sommes un peu moins nombreux à suggérer que l’eurozone est sans doute l’une des causes majeures du déclin réel de la France, nous n’avons sans doute pas à recevoir des leçons d’économie industrielle de la « City ». Il est bien loin lui aussi le rôle essentiel que jouait l’économie anglaise dans l’économie mondiale. La City reste certes une place forte de la finance internationale,, mais est-ce suffisant pour nous dire comment il faudrait réindustrialiser la France.

Les véritables remèdes sont connus, m^me s’ils sont politiquement incorrects, puisqu’il s’agirait de rebâtir un mix efficace entre libéralisme et interventionnisme étatique. Redonner à a puissance publique sa pleine souveraineté en matière monétaire et budgétaire, ainsi qu’une forte influence, sinon une pleine maîtrise, sur des secteurs stratégiques comme l’Energie, les Transports, l’Aménagement du territoire, l’Education et la Santé. Mais reconstruire ainsi un « Etat stratège », comme le souhaitent Nicolas Dupont Aignan et Marine Le Pen, n’est pas possible dans le cadre des traités européens. Imaginer un protectionnisme « intelligent », utilisant des « écluses commerciales » pour réguler les différents flux, capitaux, biens, services et personnes – en respectant ainsi l’esprit de la Charte de la Havane – n’est pas non plus admissible dans l’état actuel des règles émises par l’OMC.

Alors, devrons nous attendre que la France soit devenu un « pays du Club Med » comme le suggèrent si aimablement un certain nombre d’experts, avant de réagir et de reprendre en mains notre propre destin? La réponse est essentiellement politique. Mais pour cela il faut dépasser le (faux) sophisme : eurozone égal Union européenne égal Europe égal paix en Europe.

La véritable coopération entre nations ne dépend pas de l’existence, ou non, d’une monnaie unique, mais d’une volonté d’aller de l’avant, en regardant les réalités en face, et si possible ensemble.

Voilà ce qu’il faudrait dire à nos « amis » anglais, ainsi qu’à nos voisins européens, qu’ils soient du sud ou du nord.

Source

Le libre-échange dans la mondialisation actuelle : vers une catastrophe annoncée (3/3)

Bruno LemaireTribune libre de Bruno Lemaire, économiste, ancien professeur à HEC, ( partie 3 sur 3)

(Nous avons vu précédemment qu’évoquer protectionnisme ou libéralisme sans prendre en compte un double contexte, un contexte interne – celui du type d’activités concernées – un contexte externe – celui du solde commercial des pays ou des zones géographiques concernées – ne peut que conduire à des positions ‘déraisonnables’, car purement idéologiques. Il semble par ailleurs évident qu’aucun pays ne peut admettre un déséquilibre commercial permanent avec l’un de ses voisins, c’est vrai pour le pays excédentaire plus encore peut être que pour le pays débiteur. Tout déficit permanent doit, tôt ou tard, conduire à des mesures de ‘rééquilibrage’ très souvent drastiques, et toujours douloureuses)

Q. Au cours des siècles passés, une telle situation pouvait se ‘résoudre’ par une guerre …

Cela peut aussi se faire par un abandon des créances, ou un moratoire sur les dettes. Quand l’intérêt des entreprises était confondu avec l’intérêt du pays des dites entreprises, comme du temps des entreprises anglaises et de la Compagnie des Indes, c’était sans doute plus aisé d’avoir une position commune. Mais, de nos jours, ce que Volkswagen ou Siemens recherchent, c’est à être payé, c’est que leurs créances soient honorées. Quel que soit leur éventuel sens patriotique, leur objectif n’est pas que l’Allemagne prenne en guise de paiement une partie de l’Alsace Lorraine, de la Corse, ou encore de la Guadeloupe.

D’où les deux pistes possibles pour obtenir cet équilibre, qui était censé, dès la charte de la Havane, devoir être recherché par les deux parties, ici la France et l’Allemagne : une piste coopérative – qui concerne plutôt les entreprises elles-mêmes – et une piste législative.

Le libre-échange dans la mondialisation actuelle : vers une catastrophe annoncée (2/3)

Bruno LemaireTribune libre de Bruno Lemaire, économiste, ancien professeur à HEC, ( partie 2 sur 3)

(La première partie de cette tribune a montré l’importance – à la fois historique et concrète – de différencier qualitativement – et quantitativement – certaines activités, celles à « rendements croissants » – rencontrées essentiellement dans le secteur industriel et manufacturier, et celles à rendements décroissants, de type ‘malthusien’, correspondant le plus souvent au secteur ‘primaire’, agriculture ou matières premières. Ce qui implique que des mesures de protectionnisme ou de libre-échange ne peuvent être évaluées objectivement si l’on ne prend pas en compte cet élément fondamental.)

Q. Mais que répondriez-vous à ceux qui, même convaincus par vos arguments, vous rétorqueraient que tout cela, c’est du passé, et que dans un contexte de mondialisation, seul le libre-échange peut être proposé.

Il n’y a pas vraiment besoin de remonter très loin dans le passé pour montrer que ce double principe, protectionnisme pour les industries naissantes et libre-échange lorsque l’on est en position favorable, est encore d’actualité, même si personne n’en parle, suivant la bonne vieille rhétorique, ne faites pas ce que je dis, mais faites ce que je fais.

Le plan Marshall instauré en 1947, dont les effets positifs se sont fait sentir en Europe occidentale pendant les Trente glorieuses, et au Japon et en Corée plus longtemps encore, a eu pour objectif principal de réindustrialiser les pays limitrophes de l’URSS et de la Chine, pour tenter de bâtir un « cordon sanitaire » autour du « bloc communiste ». Après la chute du mur de Berlin – « la fin de l’histoire » d’après Fukushima – et la désagrégation partielle de l’ex-URSS, le cours normal des affaires a repris, et l’Europe n’apparaît donc plus comme un allié objectif des USA, mais plutôt comme un concurrent parfois gênant.

Le libre-échange dans la mondialisation actuelle : vers une catastrophe annoncée (1/3)

Bruno LemaireTribune libre de Bruno Lemaire, économiste, ancien professeur à HEC, (partie 1 sur 3)

Q. Ses adversaires politiques ont souvent reproché au projet économique de Marine Le Pen d’être archaïque, et d’aller contre le progrès, en particulier lorsqu’elle défend un « protectionnisme intelligent ». Qu’en pensez-vous?

En fait, les deux principaux piliers de son projet économique sont issus de la même idée, simple à énoncer, plus difficile à mettre en place : une priorité « patriotique » reposant sur un double équilibre, équilibre des échanges extérieurs (flux de capitaux, flux de biens, flux de services, et flux de personnes), et équilibre entre l’État et le secteur privé.
Pendant la campagne présidentielle, on a plus souvent évoqué la question monétaire que celle du libre-échange, et nous avons cherché, sur la première question, à montrer le scandale constitué par le fait que c’était le « privé » qui imposait sa loi à l’ensemble de l’économie, par le biais d’une création monétaire incontrôlée, et ce depuis des décennies – en fait depuis 1913 aux Etats-Unis (avec la création de la « Federal Reserve » – cf. Les secrets de la Réserve fédérale, de Mullins).

Q. Ce qui a conduit à la situation actuelle : sacrifier l’industrie pour ‘sauver’ les banques ?

Effectivement. Et la lente agonie de l’Euro, ou plus exactement de la zone euro, n’en est qu’un des effets induits. Cette agonie peut d’ailleurs durer encore des mois, voire des années, tout dépendra de la volonté de la BCE de continuer à accorder des soins palliatifs à cette malheureuse monnaie unique, et peut être aussi du courage, de la lucidité ou de l’honnêteté de nos dirigeants.