« Bien entendu, c’est off »

Libres propos

On dit des ouvrages à caractère politique foisonnant chaque année qu’ils perdent tout intérêt au-delà de l’immédiate période à laquelle ils s’attachent. Pourtant, le plaisir de la relecture – ou de la découverte rétroactive – de quelques ouvrages choisis peut s’avérer riche en pépites.

Daniel Carton, journaliste emblématique du Monde durant de longues années a ainsi publié en 2003 un court opuscule intitulé Bien entendu, c’est off – Ce que les journalistes politiques ne racontent jamais. 8 ans plus tard, à l’aune des évènements récents, l’on ne peut s’empêcher de sourire…

« En s’escrimant à vouloir tout dire sur Le Pen, la presse a tenu son rôle, mais ce rôle ne tient plus quand les mêmes s’évertuent à en dire le moins possible sur les autres. ». Ce qui était alors valable l’est davantage aujourd’hui, la suite du livre ne fait que le confirmer.

« De sa vie, de ses mœurs, chacun est libre, bien sûr. Mais lorsque ce chacun est un politique, ce ne peut être qu’une liberté surveillée. ». Ou comment clore en une phrase le débat qui agite depuis le 14 mai le landernau médiatique…

« Le super-off. (…) ’’Et le sénateur machin, toujours le même entrain pour les petits garçons de Marrakech ? ’’». En imaginant que Daniel Carton – par pudeur ou crainte de représailles – ait à l’époque transformé un ministre en sénateur, la coïncidence avec l’affaire récemment révélée par Luc Ferry paraît plus que troublante…

Evoqué par certains journalistes comme possible protagoniste de ladite affaire, Jack Lang était par-ailleurs, dès les années 90, étrangement considéré par ses camarades socialistes : « Jack Lang se serait bien vu candidat des socialistes à l’élection présidentielle de 1995. (…) Daniel Vaillant, qui était alors le numéro 2 du parti, me confia qu’une telle candidature serait ’’moralement insoutenable’’. (…) Je savais d’ailleurs qu’on ne pouvait pas toucher aux Lang, que le seul éditeur qui s’y était essayé était suisse et que ce livre était resté enfoui dans l’anonymat. ». Qui l’en déterrera ?

Le probable futur candidat du PS à la présidentielle 2012, François Hollande, laboure quant à lui depuis longtemps le terrain journalistique : « Lorsqu’il se perd dans les méandres de la pensée socialiste, parmi les chausse-trapes des camarades et dans le labyrinthe de la gauche, le journaliste sait qu’il y a toujours ’’François ’’ à son service. Capable de vous faire un titre, de vous donner un papier clé en main. Avec lui, pas de soucis. Dépannage assuré. ». D’un coup, l’on comprend mieux les ressorts de la lente et inexorable ascension de Hollande durant les derniers mois…

Si – comme c’est à craindre – les prochaines campagnes électorales se livrent à coups de boules puantes, les munitions ne manqueront pas : il suffira d’exhumer çà et là quelques petits livres trop vite oubliés !

 

Une réponse à « Bien entendu, c’est off »

  1. merdalor dit :

    Les années 90 ? Cette histoire remonte à bien plus loin que ça ! Il faut avoir plus de 50 ans pour se souvenir du scandale du Coral, cet « établissement » créé en 1977, implanté dans le Sud de la France, où des enfants psychotiques étaient soignés « par le sexe ». Comprenez par là qu’ils étaient des proies faciles pour les ordures jusqu’à ce jour impunis de « l’internationale pédosocialiste ». En se documentant à propos de cette affaire sur internet, on trouve un certain nombre de noms connus pour avoir soutenu la pédophilie : Jacques Lang, Bernard Kouchner, l’écrivain Matzneff, le cinéaste Bernard Alapetite, Scherer (frère d’Eric Rohmer), j’en passe et des meilleurs. En tout, 343 mandats avaient été requis par la justice. Affaire vite étouffée car étaient impliqués des ministres, des journalistes, des médecins et ainsi de suite.

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